‹ De l'iritis syphilitiqueChapitre 7 sur 16 · DOS · texte numérisé non relu

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par son apparition brusque ainsi que par sa disparition souvent très-rapide, marque qu'il a pris son point de départ dans les parties antérieures de la choroïde (!)•

Nous avons vu quelle extension peuvent prendre les productions spécifiques développées dans l'iris, et quels désordres considérables elles entraînent avec elles. Nous les avons montrées remplissant la chambre antérieure, rejetant l'iris de côté, le détachant du corps ciliaire, et faisant irruption dans la chambre postérieure, aller soulever le corps ciliaire, amincir la sclérotique qu'elles font bomber au dehors, et même la traverser.

Eofia les manifestations de la diathèse non entravée dans sa marche envahissante, peuvent s'étendre aussi d'un tissu à l'autre, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, et après avoir successivement frappé les membranes et les milieux de l'œil, entraînent la totalité de l'organe dans un processus désorganisateur qui laisse à peine des traces de la structure normale des parties.

Dans ces cas extrêmes, le cristallin et le corps vitré désorganisés, se convertissent en une masse pultacée qu'on peut voir à la fin saillir sous forme de points blanchâtres, à travers la choroïde et la sclérotique. Arrivé à ce point, il est impossible que l'œil se rétablisse et qu'il conserve sa forme normale. La ponction n'apporte qu'un faible soulagement aux soufiÉrances qu'endure le malade ; ce n'est point une collection de pus qui donne à l'organe l'aspect que nous venons de décrire, et il ne s'écoule rien lorsqu'on plonge la lancette

(1) Wecker, Maladies des yeux, t. I, p\ 404.

à travers la coque oculaire. Si Ton administre alors le mercure de manière à agir sur tout le système, Tœil s'affaisse et se réduit à un petit volume ; mais .si l'on n'a point recours à ce médicament, qu'on l'administre à trop faible dose ou que l'on cesse trop tôt l'usage, la sclérotique peut se rompre et livrer passage à une excroissance fongeuse. Il est évident que de semblables désordres pathologiques auront un retentissement considérable sur l'économie entière, aussi la fièvre, la débilité qui en résultent, jointes à la violence des douleurs dans l'œil et la tête, obligent à pratiquer l'extirpation du globe oculaire (1).

Nous avons vu aussi que la maladie peut se propager au nerf optique et à l'encéphale, enfin attaquer les os de la cavité orbitaire.

En traitant des complications, nous avons dit que l'iritis p^ut rester la seule lésion syphilitique, mais que la présence de cette lésion peut réagir irrititativement sur les parties contiguës. Il en résultera des désordres congestifs ou inflammatoires dont les conséquences varieront suivant leur intensité, suivant l'étendue des parties affectées et la nature du traitement. Les épanchements de pus dans la chambre antérieure, c'est-àdire l'hypopion (2), l'ophthalmitis, c'est-à-dire la perte de l'œil, peuvent être la conséquence des inflammations consécutives aux lésions syphilitiques de l'iris.

En résumé, nous pouvons dire que si la maladie n'est point combattue de bonne heure par le mercure, elle

(1) Msickenzie,7Vaité pratique des maladies de Vœilyi. II, p. 18.

(2) L'hypopion peut provenir d'une inflammation de la cornée, de l'iris ou des parties antérieures de la choroïde, en particulier des procès ciliaires (Wecker, Maladies des yeiuv, tome I, page 449).

peut se terminer par rocclusion de la pupille, l'oblitération des chambres et l'atrophie du globe de l'œil (1).

Dans des cas d'iritis syphilitique, le traitement a pour effet de faire complètement disparaître les symptômies objectifs de la maladie, mais la rétine tombe dans un état d'insensibilité plus ou moins complète (2). Il en résultera évidemment des troubles visuels en rapport avec les altérations rétiniennes.

Enfin l'iritis syphilitique, comme toute variété d'iritis, peut laisser dans certaines parties du globe oculaire des traces indélébiles de son passage. C'est ainsi que l'on a observé là surtout où il y avait eu récidive (3) :

lo Le rapetissement du bulbe appréciable au toucher, en fermant les deux yeux et en les tâtant avec la main.

2o Une couleur jaune et un accroissement de densité de la sclérotique, l'injection de la conjonctive scléroticale et par suite des varices.

3o Une forme oblongue de l'iris et de la cornée, dépendant de l'atrophie du cercle ciliaire.

4o Un changement de couleur de l'iris comparativement à l'œil resté saia.

5o Des changements de situation de cette membrane.

6ô Des changements de forme de la pupille.

70 Des changements dans les mouvements de l'iris.

80 Des changements dans la faculté visuelle; des hallucinations de la vue.

90 Des dépôts de pigment sur la capsule antérieure du cristallin.

(1) Mackenzie, ouvrage cité, t. II, p. 29.

(2) Mackenzie, ouvrage cité, t. II, p. 20. .

(3) Annales de la chirurgie française et étrangère^ de VIritis, par le D'^ F.-A, Ammon ; tome X, p, 35.

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