‹ De l'irritation encéphalique des enfans, ou considérations sur les causes, les symptômes et le traitement de la maladie désignée successivement sous les noms de convulsions internes, de fièvre cérébrale, d'hydrocéphale aiguë, d'arachnoïdite, etc. Mémoire lu à l'Académie Royale de Médecine de ParisChapitre 16 sur 30 · QUATORZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME OBSERVATION

Travail de la première dentition . — Arachnoïdite de la convexité et de la base. — Point d'intermittence. — Traitement antiphlogistique, dérivatif , + • lavemens avec le quinquina inutiles . • — Terminaison par la mort. — autopsie cadavérique. Lejeune G., rue Montmartre, n° 109, est âgé de dix moisj sa constitution paraît robuste, son crâne est très'développé. Allaité par sa mère, il a eu peu d’indispositions. Quelquefois la diarrhées’est manifestée et paraît avoir été la suite de l’administration dequelques potages qu’on a fait prendre à l’enfant. Son père et sa mère ont le caractère et la physionomie des personnes auxquelles on assigne d’ordinaire le tempérament dit nerveux. M. G. a même les yeux dans un état de roulement et d’oscillation continuelle et convulsive, phénomène d’autant plus remarquable que Monsieur son frère est sujet à la même incommodité.

Deux dents à chaque mâchoire percent les alvéoles du jeune enfant , un peu de diarrhée est accompagnée d’assoupissement, les joues rougissent, une petite toux a lieu. Le docteur Nauche prescrit des demi-lavemens et une boisson adoucissante. Cet état dure deux jours. A cette époque et dans la soirée, les symptômes prennent plus d’intensité. Le 27 octobre, à quatre heures du soir, le petit malade se trouve dans l’état suivant:

Langue nette et pâle , abdomen souple et non douloureux à la pression; la diarrhée a cessé; quelques vomissemens d’un liquide jaunâtre ont eu lieu, la chaleur est douce et halitueuse, le thorax est sonore, point de toux ni de difficulté de respirer , le pouls est très-variable , tantôt trèsaccéléré et tantôt très-lent.

Assoupissement profond, cris plaintifs. Il faut toucher l’enfant pour le réveiller; les yeux restent à demi-ouverts pendant le sommeil; quelques mouvemens convulsifs des lèvres se font remarquer; du reste, nulle oscillation des pupilles. II paraît, d’après le rapport des parens, qu’il y a eu dans la journée des grincemens de dents, et que le regard a été souvent fixe. Les artères carotides battent proportionnellement beaucoup plus fort que la radiale. Contraction tétanique des extenseurs de la tête : prescription de six sangsues derrière et au-dessous de chaque oreille; vésicatoires aux jambes, rubéfaction des

pieds avec l’e au chaude (trois sangsues seulement sont appliquées du côté gauche), lavemens avec le muriale de soude.

Contraction spasmodique des muscles des paupières, des lèvres et des membres, cris plaintifs plus prononcés ^ regard fixe , tète déjetée en arrière, pupilles dans l’état sain. L’enfant est constamment pâle , point ci' alternatives de rougeur et de décoloration de la face. Les convulsions sont continuelles, réfrigération du tronc et des membres; un bain tiède y remédie; glace continuellement appliquée sur la tête; injection avec trois grains de sulfate de quinine étendu d’eau dans le rectum.

La nuit se passe pendant la durée de ces symptômes et l’emploi de ce traitement. Dans la matinée, l’enfant porte constamment la main sur les gencives ; on applique une sangsue sur la lèvre inférieure; sa morsure donne beaucoup de sang, les convulsions cessent d’ avoir lieu.

Dans toute la journée l’assoupissement continue. Cris plaintifs, alternatives de refroidissement et de chaleur, la tête est rasée, et Von sent || - . » *

alors par la fontanelle antérieure les battemens du cerveau tellement développés qu ils soulèvent le doigt indicateur au moins de la hauteur d3 une ligote et demie . Plus de convulsions, plus de grincemens de dents , pouls très-variable et peu de mouvement.

Lavemens avec le quinquina en substance à la

dose d’un gros dans quatre onces d’eau; bains généraux pour remédier au refroidissement; vésicatoires aux cuisses , la rubéfaction des pieds a été suivie de la formation de larges phlyctènes.

Contractions tétaniques des extrémités du côté gauche. On peut difficilement plier le bras, le coma est de plus en plus profond.

Large vésicatoire sur la partie postérieure de la tête. Glace sur la région qui correspond à la fontanelle antérieure. Le lendemain, 39 octobre , le ventre est un peu tendu , surtout inférieurement; il y a eu quelques vomissemens; trois sangsues et des cataplasmes sont appliqués sur l’abdomen , un lavement avec de l’eau de guimauve procure quelques selles, dans lesquelles on reconnaît un peu de quinquina. Les convulsions reparaissent. Des cris réitérés annoncent de vives souffrances; la pupille cependant n’est pas plus dilatée qu’à l’ordinaire, l’iris s’épanouit toujours sous l’influence de la lumière,, mais le pouls radial s’affaiblit et devient vermiculaire tandis que les battemens du cerveau sont trèsénergiques. Le râle trachéal survient., la mort a lieu le 2 9 octobre à quatre heures du soir, sans convulsions, et par un passage peu marqué de l’assoupissement à l’extinction entière de la vie.

Autopsie cadavérique .

Aspect extérieur. Crâne spacieux , très

développé vers les régions temporales , front saillant^ cadavre pâle, poitrine sonore dans toute son étendue, ventre souple, nulle trace de décomposition putride, embonpoint médiocre.

Appareil digestif \ Membrane buccale pâle ; une certaine quantité d’un liquide jaune- verdâtre et visqueux sort de la bouche. Le même liquidese trouve en abondance dans l’estomac , le duodénum , les intestins grêles et les gros intestins. Ceux-ci ne sont pas resserrés ; leur aspect extérieur est pâle ; la membrane interne de l’estomac des intestins est partout exempte de lésion. Elle n’est pas rouge. 11 n’y a pas de vaisseaux notablement injectés; point d’ulcérations, point de ramollissement, point de ganglions lymphatiques malades dans le mésentère, le foie est sain. On y trouve seulement un peu plus de sang que d’ordinaire; la vésicule du fiel contient aussi un peu plus de bile que dans l’état normal,

La rate , la vessie sont exemptes de toute lésion ; cette vessie contient fort peu d’urine.

Appareil respiratoire. Membrane muqueuse laryngienne et trachéale saine, plèvres saines; poumons crépitans, sans phlegmasie appréciable , sans tubercules , sans hépatisation ; seulement congestion d’un sang noirâtre vers leur région dorsale, effet visible de la pesanteur. (Le cadavre est resté sur le dos. )

Appareil circulatoire. Une oru e i peu près de sérosité dans le péricarde. Les cavités droites du cœur pleines de sang veineux. On remarque dans le ventricule droit une certaine quantité d’albumine coagulée d’un jaune verdâtre et transparent ; son volume égale celui de l’extrémité du doigt indicateur; les grosses veines sont gorgées de sang noir.

Appareil des sensations et de la locomotion. La section des tégumens de la région occipitale sur laquelle unlarge vésicatoire a etéappliqué montre dans le tissu cellulaire sous-cutané, une infiltration séreuse de deux lignes d’épaisseur. Le derme paraît cependant aminci. La voûte du crâne est enlevée avec la scie. Une once au moins d’une sérosité claire s’écoule, soit pendant qu’on scie les os , soit lors de leur enlèvement , soit enfin plus tard.

On détache avec précaution le cerveau de la base du crâne; ses dimensions sont plus considérables que dans l’état sain. De nouvelle sérosité s’écoule. Les nerfs olfactifs, optiques, etc., sont coupés; mais une abondante sérosité rend souvent cette opération difficile.

Un liquide d’une couleur opaline et d’une consistance moyenne entoure les nerfs optiques dans tout l’espace qui s’étend depuis leur réunion jusqu’aux orbites. Cette substance est logée dans des espèces de cellules, car elle ne s’écoule pas tout d’un coup par l’incision.

L’arachnoïde présente dans la s ut face cYâ-

nienne : 1 ' ; ; ‘ ■ 1

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i. Des vaisseaux très-injectés dans toute son

étendue, seulement elle parait moins malade

vers la région occipitale;

u. Des vaisseaux plus nombreux et plus injec-

tés encore vers les régions pariétale et coronale;

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. * 5. Un épaississement très-remarquable d un

aspect analogue aux fausses membranes pleuré^ tiques, d’un quart de ligne à une. demi-ligne d’é-* paisseur, d’une couleur grisâtre et verdâtre,, de la , largeur de la paume de la main, beaucoup plus; marqué vers ce centre qui correspond cà la partie* supérieure de la région coronale gauche, que, vers la circonférence qui se continue vers les, autres points pldegmasics mais transparens dq l’arachnoïde. Cet état d’opacité se prolongé pisque- vers la partie de l’hémisphère gauqhe contiguë à l’hémisphère droit. \

* Ce tissu est-il un simple épaississement oit

consiste-t-il dans une exsudation sur les sur¬

faces arachnoïdiennes "

Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il paraît sT-

continuer avec le tissu même de' 1 arachnoïde t

et qu’il est impossible , en cherchant à le ra-

tisser, de le séparer de cette membrane.

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