Hygiène hospitalière, p
no
Mais il en est un autre, du domaine de l’idée et qui l'emporte de beaucoup : Il faut changer la conception officielle d'hôpital ou d’hospice.
On persiste en effet à confondre ces deux choses qui toutes deux s'adressent aux pauvres. Nous extrayons du «règlement modèle (art. 28) du Conseil supérieur de l’Assistance publique » ces lignes :
… L'hôpital et l’hospice étant, par définition, affecté aux pauvres, il est permis de réserver des lits aux malades el aux hospitalisés payants, à titre exceptionnel et dans une faible proportion.
‘A force de mêler l’idée d'assistance médicale et celle d’hospice, des salles entières d’hôpitaux ont été immobilisées par de vieux malades chroniques sans ressource. Peu à peu l'hôpital est devenu hospice.
C'était écrit : de la confusion dans l'idée naîtra toujours le chaos en pratique.
Il faut, par définition, séparer l'hôpital del’hospice. Voilà le remède.
Laissons ici la plume à MM. Courmont et Rochaix ! « L'hôpital n'est pas un hospice, écrivent-ils, il ne doit recevoir que les malades ne pouvant pas être soignés chez eux ou dans les établissements de repos.
L’hôpital devrait recevoir tous les malades contagieux, même de la classe riche, et assurer leur isolement individuel. » Ils ajoutent :
L'hospitalisation est affaire médicale, l'assistance affaire municipale.
Rien n’est plus vrai,
na MR
Il faudrait que l'assistance médicale soit un ser-
vice autonome ; les hôpitaux ouverts à tous et
pour tous. La ville, l’hospice ou l'Etat par les assurances maladies paieraient pour les pauvres. Les autres paieraient de leur poche.
Au contraire, la décentralisation complète s'impose pour les hospices ; chaque ville ayant un nombre variable d’indigents.
C’est dans ce sens que nos voisins de l'Est, Allemands et Suisses ont résolu le problème.
En Allemagne, c’est l’assurance-maladie qui paye l'hôpital aux pauvres, Ce système est restéen vigueur en Alsace-Lorraine.
En Suisse, à Bâle, par exemple, les hôpitaux ont plusieurs sections payantes. La moins chère ressemble à nos hôpitaux, les visites s’y font à heure fixe. L'autre privée est plus chère, elle ressemble aux cliniques de chez nous (1).
Du coup l’Assistance publique estindustrialisée, nous empruntons le mot à son nouveau directeur
lui-même, le Dr Mourier. Dans la même communica-
tion à La Presse où il l’a prononté, il a ajouté ces mots : Je veux laisser à chacun plus d'initiative et plus de responsabilité ; je ne veux pas qu'un chef d'hôpital ubrile sa gestion derrière des papiers. C'est un moyen propre à des employés subalternes (2).
Quand l'encombrement sera sorti de nos hôpitaux,
1. Dix-huit francs argent suisse par jour tout compris. Donc accessible à beaucoup.
2.Journal du 16 nov. 1920. .
F.-C. Lamy Ta
TA en
quand l'isolement des contagieux sera aménagé comme nous l’indiquerons plus loin, nous n'aurons plus besoin, nous Français, de citer les hôpitaux suisses ou autres en exemple, les nôtres seront des modèles el les étrangers trouveront en plus chez nous la maîtrise incomparable de nos professeurs.