‹ De l'isomérieChapitre 31 sur 31 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Arrivé au terme de cette exposition, il n’est peutêtre pas inutile de jeter un coup d’œil en arrière, de rappeler en quelques mots le cadre général de ce travail et de donner aux résultats acquis leur interprétation générale, du moins telle que je la comprends.

Des trois grandes questions à la solution desquelles sont liés si intimement tous les problèmes de la chimie , savoir : la nature des éléments, leur proportion relative et leur arrangement, je ne me suis occupé que de la dernière.

Après avoir compris, sous la dénomination générale cYisomérie tous les faits qui se rattachent à la troisième donnée, j’ai dû, pour être logique, diviser l’isomérie en 2 parties : l’isomérie physique et J’isomérie chimique.

L’isomérie chimique a été à son tour divisée pour en faciliter l’étude et grouper méthodiquement tous les faits qui s’y rattachent. J’ai ensuite choisi, après ces indications générales, une série d’exemples pris parmi les plus intéressants et les mieux étudiés en les classant autant que possible d’une façon simple et systématique.

Lutin, je me suis surtout efforcé de me rente r-

IÎOU' fjoin

mer clans les données de l’expérience, sans toutefois négliger d’indiquer au besoin les prévisions futures déduites des analogies et de la conception philosophique des faits : c’est ainsi que j’ai surtout pris en considération les générateurs des corps isomères et les phénomènes thermochimiques qui accompagnent les combinaisons; que je n’ai considéré les ingénieuses conceptions de M. Kékulé que comme des hypothèses propres à rendre compte de la possibilité de l’isomérie dans tel cas donné, mais non comme une théorie propre à dévoiler la constitution des corps.

Si j’ai suivi cette marche sévère, c’est que, à mon sens, la chimie étani une science essentiellement positive, je pense que les problèmes qu’elle présente à l’étude doivent être attaqués et résolus exclusivement au point de vue des principes de la philosophie positive.

Qu’il me soit permis, en terminant ce travail, de justifier en quelque sorte ma manière de voir en citant textuellement les propres paroles de l'un des maîtres de la science, dont les beaux travaux ne sauraient être trop médités et approfondis :

« Dans l’état actuel des choses, notre rôle doit se

borner à étudier de la manière la plus attentive et la plus rigoureuse toutes les propriétés des corps; à comparer avec beaucoup de soin ceux qui, identiques par la composition, diffèrent par les caractères; à consigner les rapprochements ou les différences qui résultent de cet examen, afin d accumuler des faits qui, généralisés un jour, serviront de base

à quelque homme de génie pour tirer la lumière du chaos qui nous environne en ce qui touche la véritable constitution des composés si divers que la nature étalé à nos yeux ou que nos méthodes nous permettent de créer. » (1 )

(l) Aug. Cahours, Sur les Corps isomères rliimie, t. III, p 440; 1804).

( An nales de physique et de

A. Parent, imprimeur de la Faculté

de Médecine, rue MMe-Priuce, 3l>

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