CHAPITRE Ii
Régime fondé sur la conception de l'obésité proposée 58
dans ce travail.
Le fait de considérer l’obèse comme un malade et
l'obésité comme un symptôme de sa maladie, conduit à
conseiller une thérapeutique entièrement différente de celle à que j'ai exposée dans les pages qui précèdent et dont
l'unique préoccupation est la destruction de la graisse.
Tous les traitements de l’obésité s’attaquent à la graisse seule et n’envisagent par conséquent qu’une des manifes-
tations de l’état pathologique au cours duquel survient l’engraissement, comme symptôme secondaire.
Ce faisant, agit-on autrement que si, en présence d’un goutteux, on n’avait en vue que la destruction du
tophus, au lieu de tenter de modifier complètement la ‘
nutrition du malade?
Je ne le crois pas, et ce qui semble le prouver, c’est l’ins-
tabilité des résultats que ces régimes produisent. Debove (1) dit : « Une fois l’amaigrissement obtenu,
le malade devra suivre un régime atténué et se peser fré-
quemment, de façon à restreindre son alimentation ou à la faire plus abondante, suivant le résultat des pesées. Son appareil nerveux de régulation ne fonctionnant plus norma-
(1) DEBOVE. Semaine médicale, 13 mars 1901, p. 83.
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lement, il substituera ainsi à la régulation automatique une
régulation volontaire. »
Je pense qu’il est possible de rétablir cette régulation automatique, lorsqu'on base le traitement de l’obésité sur la conception que j'ai essayé de défendre, et les résultats thérapeutiques sont là pour justifier et la doctrine et le traitement à qui elle donne naissance. :
Les malades dont je rapporte les observations ont maigri,
et une fois amaigris, leur poids est resté normal. Ils ont
- maigri en se nourrissant à leur gré d’aliments d’une diges-
tion facile, de féculents essentiellement ; ils ont maigri en
diminuant l’exercice physique, alors qu’ils engraissaient en se fatiguant beaucoup.
Puis, une fois amaigris, l’amaigrissement est resté défi-
nitif, parce que leur nutrition était restaurée, parce que l'hygiène alimentaire a guéri leur dyspepsie, parce qu’un traitement approprié a régularisé chez l’une les fonctions menstruelles, a fait cesser les crises d’asthme chez un second; parce que le troisième .a été soustrait au milieu où il vivait et que le travail intellectuel excessif, qui le surmenait, était supprimé.
Si, chez tous ces malades, le traitement avait eu seulement la destruction de la graisse comme objectif, jamais la guérison n’eût été complète et définitive, car dans l’obèse, il faut avant tout considérer le malade.