‹ De l'obésité: Hygiène et traitementChapitre 35 sur 47 · ROLE DE L’EXERCICE · texte numérisé non relu

ROLE DE L’EXERCICE

Un excellent moyen pour étudier sur une vaste échelle l'influence que l'exercice peut avoir sur l’amaigrissement est de faire des statistiques militaires. Le médecin-major Daymard a eu l’obligeance de nous communiquer un travail personnel et inédit sur ce sujet.

.M. Daymard a pesé 1400 jeunes cavaliers, d'abord à leur arrivée au Corps, puis trois mois après.

Voici ses résultats :

2 GAINS PERTES MOYENNE É a e Tee + ae TS AS ES AIME 2 B 7 8 Ê PRÈS Le CPE ne 5 |& Aerbataillon : : . | 253 220 |10175Kk900| 33 113k80013k800| » 2e bataillon... . .|L244 | 217 41101,420] 27 65,500/4,241| » 3e bataillon. . . . .| 222 | 900 |1049,500| 22 53,500/4,471| » Recrut. d'Orléans. .| 289 261 |1336,100! 22 60,650|4,853| » Recrut. d'Auxerre. .| 328 284 |1381,650| 44 13,70013,800! » | Recrut. de Paris . .| 64 53 238,870[ 11 31,25013,226| »

{La taille moyenne des Français qui se présentent au conseil de revision est de 1"6485, mais les dragons ont entre 176% et 1"70 et ceux de M. Daymard avaient un poids moyen de 62 kil. 800, Nous n'avons pas la statistique de ces hommes par professions ; nous ne pouvons donc savoir dans quelle inesure

leur arrivée au corps a modifié leur exercice au point de vue de l'effort musculaire qu'ils ont à fournir; mais on sait que, dès leur arrivée au corps, les conscrits sont astreints à des exercices qui atteignent même leur maximum au début, surtout dans la cavalerie. Les premiers mois d'équitation chez des novices sont la source d’un travail musculaire considérable. Il n'est donc pas téméraire de conclure que la très grande majorité des jeunes soldats font plus d'exercice au régiment que chez eux, et cependant ils augmentent de poids d’une façon constante. M. Daymard a trouvé que cette augmentation était toujours sensible au deuxième mois; après le troisième elle est en moyenne de 3 à 4 kilogrammes.

En étudiant de près les hommes qui avaient maigri, M. Daymard a observé que leur poids à l’origine était presque toujours supérieur à la moyenne et quelquefois de beaucoup. Il y aurait donc un nivellement des poids, comme il y a un nivellement de régime alimentaire.

Cependant, l'augmentation de poids ne se maintient pas. Le D' P. Kœnig a bien voulu nous faire un relevé très complet des poids de tous les soldats d’un régiment classés par profession et par temps de service. Ce travail a été fait huit mois après l'incorporation de la dernière classe. Nous avons trouvé que, après ces huit mois, le poids était revenu presque au point de départ, tandis qu'il avait de nouveau augmenté après vingt mois et encore un peu après trente-deux; mais sur ce point, les différences sont trop peu sensibles pour que nous puissions en tirer une conclusion. Nous n'avons étudié que le cas des exercices ordinaires. En poussant les choses à l'extrême, on n'obtiendrait peut-être pas les mêmes résultats, mais il faudrait arriver pour cela à un point où la fatigue confine à un épuisement tel que la réparation des pertes soit impossible. Si un obèse transporté subitement de chez lui faisait une campagne ou même des manœuvres, les privations naturelles aidant, il maigrirait certainement. Mais il serait impossible de lui faire faire un exercice équivalent s’il ne lui était

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imposé par les circonstances, pas plus qu'on ne pourrait persuader à un rentier ou à un notaire de faire de son plein gré le travail d'un bücheron ou d’un moissonneur. Il est un fait bien connu que la nécessité seule fait accomplir au point de vue de la fatigue musculaire de véritables tours de force; ces nécessités se présentent rarement; au point de vue du traitement, nous ne pouvons envisager que les exercices volontaires qui, même violents en apparence, ne pourront jamais atteindre les limites extrêmes qui pourraient les rendre efficaces.

Voici un résumé de la statistique de P. Kænig :

a GAINS PERTES MOYENNE A si Te AS £ ea mo a [2] ES EX (2) 4 nm PROFESSIONS SO INR NE RES mie © £ CES <'& a à © < 5 sl A & NEC E & | =£ = ©? Æ = SPORE NES RER UNREr A IE e= AS à cs ASIE E o È Le TS > TD DE e Cv] La] Caltivateurs . . . .| 186 110 | 327] 56 228ke |0k537| » Professions sédent. 40 28 | 102 12 82 10,750! » DO 1226 138 429 88 260 0,748| »

Nous avons divisé les hommes en deux catégories : 1° ceux qui avaient une profession où le travail musculaire est très intense, et nous n'avons pris dans ce groupe que les cultivateurs qui étaient justement en très grand nombre dans ce régiment, et 2° ceux qui avaient une profession nettement sédentaire. Tous les autres ont été éliminés.

Il résulte de la statistique de Kænig que les hommes à profe#ions sédentaires qui font par conséquent un travail musculaire beaucoup plus intense que d'habitude, conservent une augmentation de poids plus grande que les cultivateurs, quoique ces derniers soient en moyenne mieux nourris au régiment que chez eux.

Il est possible que cette augmentation soit due à un accroissement de muscles plutôt que de graisse, mais en tout cas, l'augmentation moyenne, quoique faible, est indiscutable, et nous en conclurons simplement ceci, que des hommes qui changent leur manière de vivre en faisant plus d'exercice ne perdent rien de leur poids.

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