‹ De l'obésité: Hygiène et traitementChapitre 34 sur 47 · ROLE DES MÉDICAMENTS DANS LE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ROLE DES MÉDICAMENTS DANS LE TRAITEMENT

Le vinaigre fut employé souvent, et même à doses tellement fortes qu'il à pu entrainer la mortt. Si on lui a attribué des succès, c'est sans doute parce qu'il provoque à haute dose une dyspepsie telle que toute alimentation devient difficile.

Duchesne-Duparc? préconisait l'emploi du fucus vesiculosus.

1. BaizcarT-Savarin. Physiologie du goût, p. 246, Paris, 1870. 2. Ducnesne-Duparc. Gazelle des hôpilaux, 18, 19, 1862 et 8, 1863.

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- La saignée fut proposée, mais nombre d'auteurs prétendent avec plus de vraisemblance que les grandes émissions sanguines favorisent l'embonpoint.

Les alcalins, tels que la potasse et l'eau de chaux, le bicar-

bonate de soude, n’ont eu qu'une vogue éphémère.

Cependant les eaux sulfatées sodiques et magnésiennes, telles que Carlsbad, Brides, Marienbad, sont actuellement en faveur. Æisch!, Olt et Schindler Barnay? obtiennent constam-

- ment de bons résultats à Marienbad, soit en faisant prendre

les eaux à l’intérieur, soit par les bains froids, les massages, les bains de boue. Mais ils y associent un régime qui est d'autant plus facile à suivre que la cuisine y est fort mauvaise. Les hôteliers ont sans doute remarqué que c'était indispensable pour là réussite du traitement, et ainsi ils voient revenir tous les ans une clientèle d'autant plus fidèle qu'elle à été moins bien traitée.

Philbert® fait suivre un traitement semblable à ses malades de Brides, mais les eaux de Brides étant peu minéralisées, il y ajoute du sulfate de soude. II donne des bains d’air see à l'étuve et, comme ses confrères d'Autriche, il recommande l'exercice et le régime. Dans un traitement aussi complexe, où plusieurs moyens thérapeutiques sont employés à la fois,

est impossible de dissocier les résultats obtenus par l’un ou par l’autre. Cependant il a observé que les malades qui ne se soumettent pas au régime ne tirent aucun bénéfice de leur cure. Avons-nous besoin d’un autre témoignage pour prouver que celle-ci est inefficace et que les eaux sont inutiles ?

Les effets obtenus sont attribuables à une discipline qu’on ne peut s'imposer chez soi, car, avec l'entrainement quotidien du milieu, il est difficile de rompre avec ses habitudes.

De Saint-Germain l'avait fort bien observé; le malade de

1. Kiscx. Die diät bei einer marienbader Entfettungscure, Therap. Monatsh., Berlin, 1890.

.2. Scnnper-BARNAYy. Die Verfettungs Krankheilen, Berlin, 1893.

3. Parserr. Un traitement de l'obésité aux eaux de Brides, Annales de la Société d'hydrologie, 1876.

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notre première observation l'avait remarqué aussi spontanément. L'isolement relatif est donc nécessaire, mais comment l'obtenir chez des gens qui vivent en famille et qui sont exposés, par leurs occupations ou par leur entourage, à des tentations continuelles ?

Sortir de son milieu est la meilleure précaution à prendre contre soi-même pour échapper à toutes les influences nuisibles sans faire appel à une trop grande force de caractère. Les malades arrivent d'ordinaire, dans les stations thermales, avec une provision d'énergie qui est épuisée à la fin du traitement. Aussi y retournent-ils en général tous les ans, heureux s’il peuvent reperdre, par-un mois d'efforts, l’'augmentation due à onze mois d’écarts.

Il y a quelques années, les préparations de glandes thyroïdes jouissaient d'une certaine faveur dans le traitement du myxædème et de l’adipose. Certains résultats très rapides et très favorables encourageaient les médecins à persévérer dans cette voie. Zichtenstein et Wendelstaed obtinrent des résultats favorables dans 22 cas sur 25. £'wald nota une perte moyenne de 4 à 5 kilogrammes en six semaines, et une fois même de 10 kilogrammes.

Dès 1896, nous avons expérimenté cette médication. Avec un de nos amis et un de nos maîtres, nous avons pris tous les jours, pendant deux semaines, chacun un lobe de glande thyroïde de mouton qu’un boucher nous apportait frais tous les matins et que nous mangions cru. Pendant les quatre premiers jours, notre poids est tombé de 1.800 grammes, puis, pendant les onze jours suivants, il n’a pas varié. Nos pulsations n’ont pas augmenté et nous n’avons éprouvé aucun malaise, aussi aurions-nous continué encore l'expérience si notre ami, qui la faisait en mème temps que nous, n'avait été pris de tachycardie et de vertiges allant presque jusqu'à la syncope.

Notre maitre vit subitement son pouls, qui re battait d'habitude qu'à 45, s'élever à 70, puis il eut des crampes, des

fourmillements et une oppression considérable. Il cessa aussi, mais mourut subitement très peu de jours après. Nous n'avons su que plus tard qu'il avait depuis longtemps une lésion cardiaque et qu'il avait eu déjà une crise d’angine de poitrine.

Dans la pratique, on réduisit bientôt les doses trop fortes au début, et comme il est assez difficile d’avoir des glandes fraiches à sa disposition, on en fit des préparations sous forme de tablettes. Ses effets furent très variables : tantôt ils furent nuls, tantôt on signala au contraire encore des accidents d'intoxication, l'instabilité du pouls, l'augmentation considérable de sa fréquence, puis la tachycardie vraie, les vertiges, les troubles psychiques, là fatigue, le tremblement, l'anxiété respiratoire, même la syncope et la mort.

Dans l'ordre nutritif, la méthode donna aussi des déboires; la perte de poids était due surtout à une déshydratation qui se traduisait par la polyurie, mais celle-ci s’accompagnait d’azoturie et de phosphaturie pouvant atteindre des proportions dangereuses. Il n’est donc pas étonnant que Fr. Franck‘ et beaucoup d’autres physiologistes aient conseillé d'abandonner cette méthode, ou tout au moins de l'appliquer avec la plus extrême prudence.

L'action de la glande thyroïde fut attribuée à l'iode qu'elle renferme en quantité notable. Les préparations d’iode furent essayées, mais sans grand succès.

Les purgatifs sont souvent employés comme adjuvants du régime : il servent à diminuer le temps du séjour des aliments dans l'intestin, c’est-à-dire à faire passer dans les excreta des matériaux encore assimilables.

eur effet est donc certain, mais on peut jusqu'à uu certain point rapprocher ce moyen de celui des Romains qui, après des repas trop copieux, se mettaient les doigts dans la gorge

1. Francois-FRancx. Académie de médecine, 10 janvier 1898, et In{ermédiaire des bitlogistes et des médecins, 20 février 1899.

pour se provoquer le réflexe du vomissement. Leur but était, il est vrai, un peu différent, puisqu'ils voulaient seulement recommencer plus vite, mais le résultat serait supérieur puisqu'il amènerait à supprimer toute l'absorption intestinale et une grande partie de l'absorption stomacale.

Cependant, le vomitif est trop brutal et trop pénible pour qu'on soit jamais tenté de l’employer, et le purgatif, quoique beaucoup plus doux, est encore trop violent pour être employé souvent, surtout lorsque l’on dispose d'un moyen tel que le régime, qui permet d'atteindre le même but par un procédé qui présente pour l'organisme beaucoup moins d’inconvénients.

Lorsque l'électricité fut entrée dans le domaine médical, on crut un moment qu’elle serait la panacée universelle. D'ailleurs, il n'était pas illogique de croire qu’elle pourrait exercer une influence quelconque sur la nutrition de la cellule, soit en l’augmentant, soit en la diminuant.

Les courants continus ayant été essayés sans succès, on se servit de courants alternatifs à très haute fréquence, et on construisit de grands solénoïdes traversés par des courants de 23 ampères à 16.000 volts et 100.000 alternances par seconde. Les malades couchés à l’intérieur subissaient l’influence du courant pendant un temps variable. Pour expérinenter sur nous-mêmes les effets des courants alternatifs, nous avons fait tous les jours, pendant quarante-trois jours, des séances de vingt à vingt-cinq minutes, mais nous n'avons observé aucune variation sensible dans notre poids.

Cette méthode semble actuellement abandonnée, du moins pour le traitement de l'obésité.

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