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transpirait bien entendu tout le temps, et, pour supporter cette chaleur accablante, il prenait jusqu'à 30 et 40 douches froides. Il mangeait peu mais buvait en moyenne 6 à 7 litres de liquide, et malgré cette quantité, il était constamment tourmenté par la soif, sans jamais avoir pu s'y habituer. Toutes les nuits sans exception il se réveillait pour boire.
Le bain de sudation tel qu'il se pratique généralement dure en moyenne une heure. Au bout d'une dizaine de minutes dans l'étuve à 50 degrés centigrades la transpiration commence; si on la trouve trop lente, on est libre de l'activer dans des petites étuves spéciales chauffées à 70 ou 80 degrés.
Le massage se pratique ensuite dans l’étuve ordinaire; il est généralement suivi d'une douche froide.
Nous avons souvent fait l'expérience, et comme nous pesons un poids moyen, nous n'avons jamais perdu plus que 600 ou 800 grammes en une heure de sudation, mais les obèses qui emploient ce traitement constatent avec plaisir que, pendant le même temps, ils ont diminué en moyenne de 1.500 grammes. Certains arrivent même à 2.000 gr. ; ils croient donc avoir trouvé une méthode sûre et facile, et il leur faut souvent longtemps pour s'apercevoir qu’au début de chaque séance ils ont retrouvé ce qu'ils avaient perdu pendant la précédente.
Il n'y à aucun doute que la diminution du poids dans ce cas ne tient pas à une oxydation des graisses, mais à une simple déshydratation du corps, qui se trouve bientôt compensée par une réhydratation. Comment se fait celle-ci? Nous pouvons faire trois hypothèses: ou bien les autres pertes d’eau diminueraient, ou bien l’eau introduite en même quamtité dans l'organisme se fixerait en plus grande partie, ou bien l’eau serait introduite dans l'organisme en plus grande quantité et cette augmentation compenserait les pertes.
La première hypothèse n’est pas vraisemblable. La trans-
piration normale d'une journée ne se ralentit pas pendant vingt-trois heures parce que pendant la vingt-quatrième elle aurait été forcée : au contraire, celle-ci a une tendance à continuer quelque temps après la sortie de l'étuve. De même, l’eau exhalée par la respiration n’a pas de raison pour varier.
La seconde hypothèse est vérifiée en partie : l'urine diminue en moyenne de 100 ou 200 grammes chez les malades soumis au traitement, mais c'est encore bien insuffisant pour expliquer l'écart.
Reste la troisième hypothèse.
Il est absolument certain que toute perte d'eau par la peau provoque la soif, mais celle-ci ne se manifeste tout de suite d'une façon impérieuse que lorsqu: la perte d’eau a été considérable.
Si la déshydratation a été petite, la soif se manifeste d’une . facon permanente : c’est le cas du masseur dont nous avons parlé et qui buvait la nuit.
Il est donc très difficile, à moins que l'attention n'ait été portée spécialement sur ce point, de s'apercevoir d’une petite augmentation de boisson répartie sur vingt-quatre heures, mais, alors même que la boisson serait mesurée exactement et conservée à sa ration habituelle, l'eau nécessaire pourrait être facilement trouvée dans un petit changement instinctif d'alimentation.
Nous avons vu combien était variable mais toujours considérable l’eau contenue dans les aliments.
Enfin, il n’est pas impossible qu'il y ait dans l'organisme même une certaine formation d’eau aux dépens de l'oxygène de l'air; mais ce qui est certain, c’est que l’hydratation du corps se maintient constamment dans un état d'équilibre qui pratiquement ne peut pas être rompu par la sudation intensive, parce que celle-ci provoque probablement une soif compensatrice à laquelle il est impossible de résister. Au contraire, l'élimination de l’eau par le rein ne produit pas cet
effet, c'est donc un moyen efficace de produire une déshydratation durable. La méthode de l’étuve sèche ne peut servir qu'à obtenir une perte de poids momentanée. Les jockeys qui ont souvent besoin en vue d'une course de ramener leur poids à un chiffre déterminé, savent fort bien trouver dans les bains de Hammam un procédé facile pour arriver à ce résultat, à condition de ne le pratiquer qu'au deruier moment.
La chaleur humide est encore moins apte que la chaleur sèche à provoquer une déshydratation définitive.
Le D' Briquet ‘ rapporte, à ce sujet, l'observation typique des pareurs d’Armentières qui travaillent à encoller le fil servant à fabriquer la toile. Ils séjournent de dix à onze heures par jour dans une atmosphère chargée de vapeur d’eau entre 3» et 45 degrés et, sur 250 pareurs, le D' Briquet a observé qu'il y en avait moitié d’obèses, tandis que parmi les ouvriers du même tissage, cette proportion ne dépasse pas 6 p. 100. Pendant les six premiers mois, on observe souvent un amaigrissement qui est bientôt suivi d’engraissement, de sorte que sur 90 anciens pareurs, il y en avait 46 obèses, 24 moyens et 20 maigres. Cependant, ils ne cessent pas d’avoir des sueurs très abondantes, mais ils les compensent par une moyenne d'au moins 5 litres de liquide qu'ils ne peuvent s'empêcher d’absorber. Ils ont peu d’appétit et leur nourriture est surtout azotée, mais comme ils boivent de la bière et de l'alcool, ils retrouvent facilement par le liquide le nombre de calories qu’ils ne demandent pas à l'alimentation. D'ailleurs, vivant dans une atmosphère très chaude, ils ont sans doute besoin d’un moins grand nombre de calories.
2° Rôle des boissons. — On dit souvent que le vin, la bigre ou l'alcool font engraisser. Il est intéressant de constater que c'est par une fausse interprétation de la réalité.
1. Dr Briquer (d'Armentières). Influence de la quantité de boissons sur la production de l'obésité, Annales d'hygiène, p. 513. Paris, 1895.
En effet :
400 grammes de vin contiennent :
2 gr. d'H de Get 10 gr. d'alcool, et produisent . . 80 calories. 100 grammes de bière contiennent :
5,3 gr. d'H de C et 10 gr. d’alcool, et produisent. . 49 calories. 100 grammes d’eau-de-vie contiennent en moyenne :
50 gr. d'alcool, et produisent donc . . . . . . . . 350 calories.
Si donc un homme absorbe 1 litre de vin, il trouvera dans sa boisson 800 calories et 490 pour 1 litre de bière. Comme la bière se consomme d'habitude par plus grandes quantités que le vin, elle est considérée par les médecins comme plus engraissante, mais ce serait faux pour des volumes égaux.
Dans l'étude de la valeur thermique de l'alimentation, on oublie trop souvent de tenir compte des boissons, ce qui est une erreur capitale, et on est souvent surpris de voir des obèses qui, à première vue, mangent très peu et paraissent rester constamment au-dessous de leur ration d'entretien. Si on allait au fond des choses, on verrait que, dans la plupart des cas, les boissons leur fournissent l’appoint, et il serait aussi faux de ne pas en tenir compte que de négliger le lait dans le calcul de l'alimentation.
Débarrassés de tous leurs éléments nutritifs ou thermogènes, les liquides n’ont pas d'influence notable sur le développement de l'obésité, et ce serait imposer au malade une souffrance inutile que de l'empêcher de boire quand il a soif. D'ailleurs, cette restriction serait énormément plus pénible que la restriction d'aliments, et dans la pratique on ne pourrait pas l'obtenir. Il est certain que l'obèse, en maigrissant, doit perdre de l’eau, mais nous avons vu que, dans la pratique, tout ce qui était perdu par la transpiration, soit naturelle, soit artificielle, était bientôt récupéré, soit par la
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boisson, soit par l’eau des aliments. Il y à là un équilibre qu'il n’est pas possible de détruire par ces moyens. Nous croyons donc que la diète sèche est inutile et que le seul moyen efficace d'éliminer l’eau des tissus est de favoriser la diurèse, comme nous l'avons vu par nos observations.