ROLE DE L'ALIMENTATION
Pour donner à l’obèse un régime rationnel, il faudrait connaître les lois intimes de la nutrition, il faudrait pouvoir tenir compte de tous les facteurs qui nous paraissent subtils et impondérables, mais qui font la différence entre une méthode scientifique physiologique et une méthode purement expérimentale,
Il faudrait, prenant un sujet d'expérience, le faire vivre en quelque sorte.pendant vingt-quatre beures sur une balance, mesurer toutes les recettes et toutes les dépenses, et faire le tracé des changements de poids, les uns très brusques, les autres très lents, qui se produisent et qui, finalement, après vingt-quatre heures, ramènent sensiblement la courbe à son point de départ. Nous verrions déjà que la descente est plus lente que la montée.
Il faudrait savoir ce que notre sujet absorbe : c’est très difficile lorsqu'on n'a à compter qu'avec l'alimentation ; comment y arriver lorsqu'il faut tenir compte des éléments de l'air, oxygène et azote? Bouchard” a montré qu'un sujet, mis sfr une balance, pouvait augmenter de poids d’une quantité atteignant jusqu'à 40 grammes par heure sans avoir pris
1. Boucuarr. Augmentation du poids du corps et transformation de la graisse en glycogène. Académie des sciences, 3 et 140 oct. 1898 et Semaine médicale du 19 oct. 1898.
d'autres ingesta que les gaz atmosphériques et sans avoir rendu d'autres excreta que les produits de la perspiration cutanée et de l’exhalation pulmonaire. Il y a donc une certaine fixation faite aux dépens de l'air. Bouchard pense que cette augmentation est due à une oxydation incomplète de la graisse formant non du sucre, mais du glycogène pouvant lui-même se fixer dans les tissus. Berthelot’ pense que c’est bien à l'oxygène absorbé qu'est due cette augmentation de poids, mais il croit à une oxydation partielle des albuminoïdes avec formation de produits spéciaux, ainsi que cela parait se produire chez les animaux hibernants.
Connaissant les ingesta, il faudrait connaître la quantité et la composition des excreta, les quantités proportionnelles des pertes d’eau ou des matières de désassimilation.
La quantité et la composition de l’urine se mesurent facilement ; les matières fécales sont déjà d’une analyse plus difficile, et il est presque impossible de doser les produits de la perspiration cutanée et de l’exhalation pulmonaire : acide carbonique, vapeur d’eau, etc.
D'après les physiologistes, la diminution totale de poids pendant vingt-quatre heures oscillerait entre ces limites.