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Sur 100 calories fournies, un homme ordinaire faisant un fort travail en emploie 74 pour la chaleur et 26 pour le travail.

1. C’est sans doute parce que la plus grande partie de la chaleur animale est dépensée par le rayonnement que Lapicque trouve que celle-ci doit être proportionnelle à la surface du corps.

Mais le nombre de calories dépensées augmente dans de grandes proportions, avec l'intensité du travail; alors que l'organisme humain produit une moyenne de 112 calories par heure pendant le repos, il en produit environ 271 pendant le mouvement; pendant le sommeil il n’en produit que 36, d’après Helmholtz. ns

Un homme qui pourrait dormir vingt-quatre heures de suite n'aurait besoin que de 36 X 24 — 864 calories. Comment apprécier suivant l’activité physique le nombre de calories: nécessaire s’il peut osciller entre 864 et 6.500? Comment mesurer à chaque instant la quantité de chaleur dépensée? Autant de questions où la précision est des plus difficiles.

D'ailleurs, d’autres facteurs entrent encore en jeu. La température de l’homme subit des oscillations qui ne sont pas indifférentes, et qui sont peut-être comme un réglage automatique de la constance des poids du corps. Si la température diminue, cela prouve que les combustions sont ralenties; chez les animaux hibernants par exemple, celles-ci sont réduites au minimum.

La résistance des animaux à l’inanition varie en raison inverse de leur température. Ellé est de 14 jours chez le lapin, de 10 jours chez le pigeon, de 6 jours chez le cobaye, de 2 jours chez le nouveau-né et de 1 an et plus chez les batraciens; la perte de poids due à l’inanition augmente avec la température.

Chez les organismes supérieurs, la mort arrive lorsque la perte de poids atteint 40 p. 100 du poids normal.

Ce n’est pas seulement la température du corps qui influe sur les pertes, mais aussi la température extérieure. Le rafonnement du corps est différent suivant les saisons et les climats. Nous avons vu que les Abyssins et les Malais n'avaient pas besoin du même nombre de calories que les Japonais et les Européens. La transpiration est aussi très différente suivant l’état hygrométrique de l'air.

Il faudrait connaître la composition du corps en ses différents tissus.

Il faudrait connaître l’action si controversée des différents éléments nutritifs dans la formation de la graisse.

Kaufmann a démontré que tous les principes alimentaires peuvent servir à la formation de la graisse. Chez un animal nourri avec des aliments hydrocarburés (lait, sucre), la graisse s'accumule dans l'organisme; de même les vaches produisent, par leur lait, plus de graisse qu'elles n’en absorbent; une certaine quantité de sucre se transforme directement en graisse, mais la plus grande partie de cette dernière provient des albuminoïdes qui ne subissent plus qu'une oxydation incomplète. De plus, la graisse déjà formée et emmagasinée est préservée de l'oxydation. Si un carnassier est nourri avec de grandes quantités de viandes maigres, une partie de l’albumine se transforme encore en graisse, dont une quantité minime seulement est oxydée de suite.

Enfin, si l'alimentation est grasse, une grande partie de la graisse absorbée s’accumule dans les tissus (expérience de Lebedeff et d'Hoffmann); la totalité même s'y dépose si

‘ l'organisme était riche en glycogène.

Voit a soutenu, dans une théorie célèbre, que la graisse et les hydrates de carbone épargnaient l’albumine, c'est-à-dire que leur adjonction à l'alimentation empêchait la destruction, l'oxydation d'une partie des matières albuminoïdes. En réalité, il s'agit seulement d'une substitution de fonctions, la graisse et les hydrates de carbone pouvant fournir, par exemple, des calories que, sans cela, l'organisme demande à l'albumine".

Dans ces conditions, le rôle des albuminoïdes et leur conservation, qui ont préoccupé à juste titre les physiologistes, sont encore très obscurs. Les graisses et les hydrates de carbone ont peut-être un rôle, différent de leur rôle thermique,

1. Cuéron. Traitement de l'obésité, Bullelin médical, 8 novembre 1896,

qui nous échappe complètement. Nous ne savons rien du rôle des sels, sauf qu'il est considérable.

Pour étudier les échanges en tenant compte de chacun de leurs éléments, il faudrait donc avoir des données que, dans l'état actuel, nous ne pouvons chiffrer, et comme la méthode des moyennes ne comporte aucune précision, la question de l'alimentation est encore loin de pouvoir entrer dans une phase scientifique.

Nous devons donc nous contenter, pour le moment, des résultats incomplets fournis par l'expérience.

L'observation B... nous à montré qu'on pouvait faire maigrir avec n'importe quelle espèce d'alimentation, pourvu que la somme totale des aliments fournisse un nombre de calories au-dessous du chiffre de la ration d'entretien. Cependant, il est possible qu'à la longue il faille un minimum d'albuminoïdes, mais l'exemple des Japonais, des Abyssins et des Malais nous prouve qu'il est beaucoup moindre que celui fixé par la plupart des auteurs. Il serait environ de 1 p. 100 du poids du corps, chiffre que la ration d'entretien atteint presque toujours, même avec des régimes uniquement végétariens. Pour ne pas y arriver, il faudrait se nourrir exclusivement de pommes de terre, de riz ou de fruits, et encore en approcherait-on sensiblement. Il n’y a donc lieu de s’en préoccuper que lorsqu'on veut réduire l'alimentation très au-dessous de la ration d'entretien. Comme nous avons admis que celle-ci était de 38 calories par kilogramme de poids, un homme de 65 kilogrammes au repos serait en équilibre avec 850 grammes de riz ou 950 grammes de pain; seulement avec Ë riz, il n'aurait que 57 grammes d’albuminoïdes et 66 grammes avec le pain. Un régime insuffisant ne pourrait donc pas être continué longtemps avec l’un ou l’autre, faute d'albuminoïdes, mais on pourrait parer à cet inconvénient en combinant un régime de pain et fromage comme nous l'avons

fait pour le ma ade B... La ration d'entretien dans ce cas serait, par exemple, de 700 grammes de pain avec 200 grammes de fromage gras.

Pour le lait, la ration d'entretien serait de 3 litres et 600 grammes, et 2 litres suffisent à donner le chiffre d’albuminoïdes indiqué,

Nous avons donc une très grande marge sur le choix des aliments qui sont à notre disposition pour prescrire des rations réduites.

Notre expérience a prouvé qu'à valeur thermique égale, la réduction de calories était d'autant mieux supportée que le volume des ingesta était plus grand; de sorte que tout reviendrait à prescrire les substances qui renferment pour cent le moins de matières nutritives : ce seront d’abord les fruits et les légumes, et on sera peut-être surpris de constater que les pommes de terre, qui ne contiennent que 22 p. 100 seulement de matières nutritives, viendront en assez bon rang. L’estomac sera beaucoup plus satisfait avec 3 kil. 1/2 de lait qu'avec 950 grammes de pain ou 850 grammes de riz, et le résultat sera le même.

À notre avis, l’ancienne division en aliments végétaux et aliments azotés n’a pas de raison d'être pour le traitement de l'obésité. Notre classification est beaucoup plus rationnelle; mais comme il est très difficile de se rappeler la valeur nutritive de chacun, et que, en les jugeant par vraisemblance, on risque de faire de grosses erreurs, il faudra, quand on n'aura pas l'expérience, consulter les tables de J. Kænig.

Nota. — Nous n'avons fait qu'effleurer par-ci par-là le côté psychiqne de la question. Ce n’est pas que nous le pensions négligeable dans la réussite du traitement, au contraire. Mais il diffère pour chaque cas particulier.

Cependant certains moyens sont d'un ordre très général. Il faudra occuper l'esprit du patient, car l’oisiveté pousse à manger. On pourra lui prescrire de prendre une alimentation de son choix,

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