‹ De l'obstruction de la trompe d'Eustache et de son traitementChapitre 13 sur 24 · PAR · texte numérisé non relu

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é } d'anatomie, la possibilité d’injecter la trompe

par les fosses nasales. Cleland, mettant ces lecons en pratique, réussit à faire pénétrer un cathéter par le nez jusqu’à la trompe.

Tous les praticiens ne font pas cette opération de la même manière. [I] serait trop long et inême inutile d'étudier toutes les modifications apportées au cathétérisme. Parmiles nombreux

procédés qu'on a imaginés, citons ceux de Tri-

quet, Lévi, Boyer, Politzer, Bonnafont, Kra- MEie |

Choix de l'instrument. — Quel que soit d’ailleurs le procédé suivi dans le cathétérisme,

1l faut se servir d’une sonde, soit en caout-

chouc, soit en argent (fig. 2 et 3) (on doit prendre de préférence la sonde en argent) rigide, d’une longueur de 15 à 16 cent. pour les adultes et de 13 à 14 cent. pour les enfants. Son diamètre doit être uniforuie depuis le bec jusqu’à 2 cent.

du pavillon. Il peut pourtant varier de 2 ou 3"", suivant le degré de perméabilité des narines.

L’extrémité destinée à pénétrer dans la trompe, généralement pyri-

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! die et inclinée de manière à former i ? avec le corps de la sonde une cour- | bure variant entre 30 et 50 degrés.

mie, y le à une longueur de 2 à 3 cent.

Sorde Pour plus de commodité dans le Bonunafont.

forme, doit être parfaitement arron-

maniement du cathéter, l'extrémité opposée porte latéralement deux anneaux. Elle est en outre construite de manière à pouvoir s’adapter, soit à la canule d’une seringue, soit au tube d’une poire à air (1).

Procédé de Boyer. — On porte horizontalement l'extrémité courbée de la sonde dans les fosses nasales; on lui fait par-

Courir toute la longueur du méat inférieur en dirigeant sa

convexité en haut. Lorsqu'elle est arrivée à l'extrémité postérieure du méat, au-dessus du voile du palais, on lui fait exécuter un mouvement de rotation au moyen duquel son extrémité se dirige en haut et en dehors vers l’orifice de la

trompe, dans lequel on pousse et on enfonce l'instrument.

On reconnaît que la sonde à pénétré dans le conduit à sa distension, à son immobilité et à une sensation désagréable que le malade éprouve et qui se propage jusqu’à l’intérieur de l'oreille (AI. Boyer).

Ce procédé, d’une exécution simple et facile, est applicable toutes les fois qu'aucune malformation ne met obstacle au passage de la sonde, entre la cloison et le cornet inférieur. Chez un grand nombre de malades, le contact de l’instrument avec le voile du palais en provoque le soulèvement réflexe, souvent accompagné de nausées et de vomissements;

de la sorte, on manque l’orifice tubaire. Dans ce cas, le

cathétérisme est impossible.

Pour remédier à ces inconvénients, Lévi emploie le procédé suivant:

Procédé de Lévi. — « Avant de faire pénétrer une sonde dans le nez, j’explore les fosses nasales au moyen du spéculum de Duplay. Je reconnais ainsi s’il existe dans ces cavités

(1) Avant d'introduire la sonde dans les fosses nasales, il est indispensable de la

passer dans un mélange antiseptique et de bien la nettoyer. Si l’on ne prend pas,

cetle précaulion, on s'expose à inoculer au patient une maladie contagieuse: la syphiliis, par exemple.

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une malformation susceptible d'arrêter la marche de l'ins-

trument ; j'apprécie le calibre du cathéter qu'il convient

d'employer, et je détermine la direction qu’il faut lui imprimer. ,

»Le malade assis sur une chaise, le dos tourné contre une fenêtre, si l'exploration se fait au moyen de la lumière réfléchie, peut rester dans cette position pendant le cathétérisme. Ses genoux rapprochés l’un de l’autre sont maintenus entre mes jambes. Après l'avoir engagé à se moucher, et m'être assuré de la propreté parfaite de ma sonde, tant à l’intérieur qu'à l’extérieur, j’abaisse légèrement, avec l'indicateur de la main gauche, la partie de la lèvre supérieure qui est située sous la narine à franchir, ou je soulève un peu la pointe du nez. De la main droite, je saisis la sonde près de son pavillon entre le médius et l'indicateur, dont la face palmaire repose sur les anneaux latéraux, tandis que le pouce est appliqué contre l’orifice même.

» La courbure de l’instrument maintenue dans un plan vertical, regarde en bas et en arrière par sa concavité. Je porte ainsi le bec sur l’entrée du plancher des fosses nasales, avec lequel le corps de la sonde forme alors un angle obtus à ouverture inférieure. Puis, j’applique la main gauche sur le vertex, afin de maintenir la tête droite et immobile ; je relève ensuite le pavillon jusqu’à l'horizontale, et je pousse d’avant en arrière avec douceur, mais aussi rapidement que possible, en faisant glisser le bec sur le plancher, entre le cornet inférieur et la cloison. Aussitôt que j'arrive au bord postérieur du plancher, le malade, qui tient la bou-

che fermée pendant toute l’opération, est invité à faire ane

forte inspiration par le nez. À ce moment, la sonde glisse sur la face postéro-supérieure du voile du palais, dont le relàchement est complet, et un mouvement de rotation en dehors porte le bec dans la trompe.» (Tiévi).

Procédé de Kramer. — Ce procédé, plus long que le précédent, consiste à imprimer à la sonde un mouvement de rotation d’un quart de cercle, lorsqu'elle est arrivée à la paroi postérieure du pharynx. Le bec est alors dirigé en dehors, et il suffit de le faire glisser le long de la paroi pharyngée externe pour pénétrer dans le canal, après avoir franchi le bourrelet postérieur du pavillon de la trompe.

Cette méthode, tout en rendant de grands services, présente aussi quelques inconvénients. Elle provoque souvent des contractions musculaires, des douleurs à la paroi externe du pharynx. Souvent aussi, le bec de la sonde peut s'engager dans la fossette de Rosenmüller ou s’égarer jusque dans le méat inférieur, si le bourrelet de l’orifice tubaire n’est pas très accusé.

Procédé de Triquet. — La méthode suivie par Triquet s'applique surtout, et presque uniquement, aux malades présentant des malformations nasales. Ici, en effet, après un trajet d’un centimètre et demi sur le plancher, on tourne le bec vers la paroi externe, sous le méat inférieur, de façon que la concavité de la sonde regarde en dehors et en haut, et sa convexité en dedans et en bas; on pousse le cathéter

jusqu’à l'extrémité du méat externe, et on l’engage dans

l’orifice de la trompe.

Ce procédé ne peut être appliqué à tous les malades. Certains, en effet, éprouvent des douleurs très vives; d’autres présentent une conformation qui s'oppose à son exécution.

Procédé de Bonnafont. — Sans vouloir contester l'efficacité de ces divers procédés, et tout en reconnaissant leur utilité dans certains cas, je dois ajouter que, dans ma pratique, la

| Dane

méthode de Bonnafont est celle que j Hu le plus souvent et qui m'a le mieux réussi.

«Le chirurgien, placé du côté opposé à celui dans lequel

il veut introduire la sonde, saisit cette dernière entre le

pouce et les doigts indicateur et médius, le bee tourné en

bas; il relève ensuite l’extrémité du nez avec le pouce de la

main gauche, si le cathétérisme s'opère, du même côté; tandis que de la droite, il engage l’extrémité de la sonde dans l’ouverture des fosses nasales,en côtoyant le plancher, au-dessous du cornet inférieur. À mesure que la sonde s’engage, elle est ramenée à une position horizontale et enfoncée jusqu’au niveau de l’embouchure du canal ou, pour les débutants, Jusqu’à ce qu’elle trouve un vide férmé é par le pharynx: alors il fait exécuter un mouvement de rotation, par lequel la sonde décrit un arc de cercle de 60 à 65 deere au moyen duquel la pointe se trouve ramenée en haut et en dehors.

» Le praticien qui a l’habitude de cette opération trouve facilement la trompe; mais, pour une main peu exercée, cette introduction offre quelques difficultés; c’est afin de les éviter, que je vais indiquer les jalons qui peuvent suppléer au manque d'expérience.

» Lorsque le bec de la sonde rencontre le vide formé par la limite du plancher des fosses nasales, il faut aussitôt faire exécuter le mouvement de rotation déjà indiqué et tirer la sonde à soi de 5 ou 6 mill. On sent alors que le bec porte sur une légère éminence arrondie, formée par la paroi postérieure de l’embonchure de la trompe. Il suffit alors de relâcher l'instrument, en continuant à le retirer.

Aussitôt, le bec de la sonde glisse sur l’obstacle et il s'engage |

de lui-même dans la trompe où on l’enfonce, en prolongeant un peu le mouvement de rotation. La sonde ainsi placée est fixée au nez au moyen de petites pinces de notre invention.» (Bonnafont).

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Observations générales. — T existe, parfois, dans les fosses nasales, des anomalies congénitales qui, gênant l'introduction du cathéther, la rendent quelquefois impossible. Parmi ces anomalies, il est bon de citer des difformités de la cloison et des cornets, résultant de traumatismes, des rétrécissements des fosses nasales à la suite de formation d’abcès et de carie, la formation de polypes, de cancers, de végétations adénoïdes de la cavité naso-pharyngienne, d’hypérostose de la mâchoire supérieure. [1 peut aussi se produire un gonflement parfois excessif et une tuméfaction de la muqueuse naso-pharyngienne. Dans ces cas exceptionnels, on est obligé de pratiquer le cathétérisme par le côté opposé si l’autre est imperméable, et par la bouche si les deux narines sont obstruées. Cette opération, jugée fort difficile et presque impossible par quelques praticiens, a été proposée par Deleau.

Après les tentatives infructueuses de procédés peu pratiques (Cerutti, Trôültsch), le système de Politzer, seul, à donné des résultats satisfaisants.

Avant d'aborder la technique de ce système, nous croyons devoir citer une remarque faite par le célèbre professeur de Vienne:«Mes cathéters en caoutchouc durei, chauffés audessus d’une flamme ou trempés dans l’eau chaude, deviennent, en quelques secondes, si mous et se durcissent ensuite si vite, qu’on peut donner en un instant au bec de l’instrument la longueur et la courbure voulues, avantage important sur les instruments rigides en métal.»

Son procédé est le suivant:« On pousse le cathéther, comme dans l’opération, par le même côté jusqu’à la paroi postérieure du pharynx, puis on tourne la pointe vers la fossette de Rosenmüller, de l’autre côté, jusqu'à la position horizontale de l’anneau métallique fixé sur l’extrémité pos-

LR A ER térieure du cathéter; ensuite, cette extrémité est écartée de la cloison vers la paroi externe de la fosse nasale, de façon à pousser la pointe de l'instrument dans la fossette de Rosenmüller, de l’autre côté, et, par une légère traction, le bec est porté dans l'embouchure de la trompe en passant sur le bourrelet postérieur, et poussé dans le canal par un léger mouvement en arrière.

»Si,en opérant ainsi, le passage sur le bourrelet postérieur ne se fait pas suffisamment sentir, on arrivera souvent à l'embouchure de la trompe en retirant le bec du cathéter placé horizontalement jusqu’au bord postérieur de la eloison, et en poussant l’extrémité postérieure de l’instrument vers la paroi externe de la fosse nasale. La pointe du cathéter, arrivée ainsi dans l'embouchure de la trompe, est poussée dans le canal par un léger mouvement en arrière.

»Le maintien de l'instrument dans cette position s'obtient mieux par le pouce et l'index de la main gauche, en appuyant les autres doigts sur le dos du nez pour empêcher tout déplacement.»

En général, le cathétérisme de la trompe d’Eustache ne provoque pas de sensation douloureuse, lorsqu’ilest pratiqué avec méthode et prudence. La plupart des malades qui le subissent n’accusent qu’un peu de gêne et de chatouillement dans le nez, et s’y habituent assez facilement; quelques-uns, pourtant, éprouvent une sensation désagréable, une vive titillation, qui à pour conséquence la contraction de tous les muscles de la tête. Le contact dela sonde avec les fosses nasales détermine le larmoiement de l'œil du côté exploré, des contractions du diaphragme et quelquefois des vomissements chez des sujets irritables. Lorsque la sonde passe du nez dans le pharynx, il y a éternuement et accès de toux. Dans ces circonstances, le chirurgien doit, sans retard, enlever le cathéter et remettre l'opération à une autre séance.

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