‹ De l'obstruction de la trompe d'Eustache et de son traitementChapitre 15 sur 24 · AUSCULTATION · texte numérisé non relu

AUSCULTATION

Pour diagnostiquer d’une façon précise les affections de l'oreille et, en particulier, de la trompe d’Eustache, il faudra pratiquer l’auscultation en même temps que lecathétérisme.

«Si on applique, dit Laënnec, sur la base de lPapophyse mastoïde, le stéthoscope garni de son obturateur, ou mieux encore d’un obturateur d’un demi-pouce de diamètre à son extrémité, qui doit être creusée en forme de pavillon, et si l’on recommande en même temps à la personne soumise à cette expérience de boucher avec le doigt la narine du côté opposé, et de souffler un peu fortement par celle qui reste libre, on entend distinctement un souffle qui indique la pénétration de l’air dans les cellules mastoïdiennes.

»S’il se trouve quelques mucosités dans la trompe ou dans la caisse, on entend un gargouillement fort analogue au râle muqueux, et l’on distingue facilement s’il est dans la trompe d’'Eustache, dans la caisse ou dansles cellules mastoïdiennes. Ce phénomène s’observe fréquemment chez les personnes atteintes d’un coryza, même léger; il n’est pas toujours accompagné de dureté de l’ouïe. Si les mucosités viennent à obstruer complètement la trompe, on n'entend plus rien jusqu'au moment où elle se débouche par les efforts indiqués ci-dessus.

» L’inspiration très forte, faite par le nez, remue également la masse d’air contenue dans les cavités de l’oreille, et fait

PAT NES entendre un bruit fort semblable à celui de la respiration bronchique. |

» Lorsqu'on applique le stéthoscope sur l’apophyse mastoïde, le conduit auditif externe, et qu’on fait parler, on entend retentir la voix à peu près comme elle le fait dans la trachée, mais avec beaucoup moins de force; quelquefois, cependant, elle traverse directement le cylindre. Cette résonnance s’entend plus ou moins sur toute l’étendue du

- crane.»

Jusqu’en 1853, l’auscultation fit des progrès assez peu rapides. Nous devons arriver à Toynbee, célèbre médecin auriste, qui, à cette époque, en fit une application vraiment satisfaisante et présenta à la Société médico-chirurgicale de Londres son instrument qui permettait de constater avec précision les différents états de l'oreille moyenne.

Son procédé, d’ailleurs très simple, consistait à faire communiquer loreille du malade avec celle du médecin au moyen d’un tube en caoutchouc (otoscope) d’une longueur de 45 cent., et dont les deux extrémités sont garnies d’un embout d'ivoire ou d’ébène.

Nous savons que dans les mouvements de déglutition, la bouche et le nez étant fermés (mouvement de Valsalva), une certaine quantité d’air pénètre dans l'oreille moyenne. A laide de l’otoscope de Toynbee, on entendra distinctement un bruit de souffle produit par le frottement de l’air contre les parois de la trompe, et un bruit de claquement ou de soupape dû à un mouvementde la membrane du tympan.

«Lorsque le malade avale un peu de salive en fermant le nez et la bouche, si la trompe est perméable au moment où il éprouve une sensation de plénitude dans l'oreille, le chirurgien entendra fort distinctement un bruit de claquement produit évidemment par un léger mouvement de la membrane tympanique. Ce bruit est celui que l’on entend le plus sou-

PRG eE vent, mais dans certains cas compliqués d’un épaississement de la muqueuse tympanique, on entendra à sa place un léger bruit de souffle.» L

Politzer, tout en suivant le procédé de Toynbee, c'est-àdire en auscultant au moyen de l’otoscope, applique, en outre, un diapason qui vibre sur la tête du malade. Les vibrations transmises à l’oreille de l’explorateur lui arrivent avec des modifications, en rapport avec l’état normal ou pathologique des organes.

Les procédés que l’on met le plus souvent en usage présentent un inconvénient: l'opérateur souffle lui-même dans un tube s’adaptant à la sonde pour faire pénétrer l’air dans la cavité tympanique. L’effort qu’il est obligé de déployer entraîne le gonflement des veines du cou. Cet afflux de sang fait naître des bruits vasculaires qui rendent obtuse l’ouïe de l’observateur. |

Pour éviter cet inconvénient, je pratique l’auscultation de

la manière suivante: le tube de Toynbee et le cathéter

étant en place, j’adapte à ce dernier un tube en caoutchouc communiquant avec une poire à air par l’intermédiaire d’un flacon à deux tubulures qui sert de réservoir. Quand je veux faire l’insufflation, une simple pression de la main sur la poire suffit et l’air arrive dans l'oreille avec la force qui me paraît convenable.

Ce procédé, comme on le verra dans le traitement, me permet d'introduire des agents thérapeutiques dans la caisse du tympan, sans déranger ou déplacer aucun appareil. De plus, je puis prolonger l’opération aussi longtemps qu’il est nécessaire.

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