‹ De l'obstruction de la trompe d'Eustache et de son traitementChapitre 16 sur 24 · CHAPITRE VIHL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIHL

Avant d’instituer le traitement de l’obstruction des trompes d’Eustache, je crois qu’il est indispensable d'examiner, dès la première consultation, la sensibilité du nerf auditif. Aussitôt que le diagnostic aura été établi d’une façon précise, on procédera à l'examen de la gorge et des fosses nasales. On opérera ensuite le cathétérisme. Suivant les résultats de cette exploration, le médecin sera fixé sur le degré de la surdité et sur l’espérance qu’il pourra donner au malade d’une guérison sûre ou probable.

Pour cet examen, on fait usage de la montre et du diapason. La montre sert à déterminer la distance de louïe. L'expérience devra se faire dans une chambre close où n’arriveront pas les bruits extérieurs. Après avoir engagé le malade à fermer les yeux, on place la montre à une distance normale de son oreille, puis on la rapproche jusqu’à ce que le tic-tac soit perçu. On répète l’expérience en éloignant et rapprochant alternativement la montre, afin de bien déterminer le point précis où elle est entendue. On mesure la distance de l'oreille à ce point: c’est la distance auditive.

Pour éviter toute cause d’erreur, il faut avoir soin de boucher l’oreille opposée, et cela en repliant le tragus sur le méat, ou bien encore en introduisant dans le conduit auditif externe l’auriculaire préalablement mouillé.

Cela fait, on devra promener la montresur différents points

ds

Mt de la tête, tels que le frontal, le temporal, l’apophyse mastoïde. les dents supérieures. L’absence de perception au tem-

poral et à l’apophyse masfoïde dénote une diminution de.

sensibilité du nerfauditif. (Pour plus d’exactitude, on réitérera l'expérience en se servant du diapason).

Le degré de sensibilité du nerf auditif une fois établi, on procédera à l’auscultation et au cathétérisme qui donnent au

chirurgien la certitude de l’engorgement de la trompe-et la

notion précise de l'obstacle qu’il a à franchir.

L'obstruction des trompes, comme nous l’avons déjà dit,

a pour causes principales : les inflammations de la gorge et des fosses nasales. Il sera donc nécessaire, avant d’entreprendre la dilatation du conduit d’Eustache, de traiter le catarrhe naso-pharyngien. Ce traitement diffèrera suivant les modifications anatomiques de la muqueuse affectée, suivant que l’inflammation sera aiguë ou chronique.

Dans la forme aiguë, on recommandera au malade d'éviter les changements brusques de température surtout en hiver; de ne pas séjourner dans un air vicié par la fumée du tabac ou chargé d’émanations ; de ne pas faire usage de boissons alcooliques. «Le changement brusque de température est particulièrement à éviter par les personnes chez quil’engorgement aigu de l’espace naso-pharyngien, se produisant à plusieurs reprises, se transmet chaque fois à la muqueuse des trompes d’Eustache et cause une sensation de pression et de gêne dans l'oreille.» (Politzer.) Ç

Parmi les remèdes à employer, nous citerons : les gargarismes émollients, l’aspiration de vapeurs chaudes, les lavages naso-pharyngiens avec de l’eau sulfureuse minérale, au

(Fig. 4).

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