SYMPTÔMES
L’obstruetion de la trompe d’Eustache peut dériver de deux états pathologiques principaux, qui sont: l’inflammation aiguë et l’inflammation chronique. Les signes qui la caractérisent varient suivant que l’inflammation a commencé par le pharynx, les fosses nasales ou la caisse du tympan.
Les symptômes qui servent à faire connaître l’inflammation de la trompe sont : 1° la surdité et les bourdonnements d'oreille ; 2° les changements survenus dans la membrane du tympan; 3° l'existence du catarrhe naSo-pharyngien.
À mesure que nous ferons l'étude de ces symptômes, nous nous efforcerons d’éclairer leur pathogénie et d’expliquer leur variation d'intensité, suivant que la trompe est affectée d’inflammation aiguë ou chronique. \
Dans l’inflammation aiguë, les malades ressentent une douleur plus ou moins vive qui siège entre l'oreille et la trompe d’Eustache, qui s’exaspère au moindre mouvement de déglutition, et s’irradie le long du bord antérieur du muscle sterno-cleïdo-mastoïdien. Dans quelques cas, on observe que la région laryngée devient douloureuse, au point de gêner la phonation. Un sentiment de chaleur se propage dans la caisse où il fait naître un bourdonnement indolore et pouvant être comparé au bruit produit par un coquillage dont la conque est appliquée sur l'oreille.
Ce phénomène paraît être le résultat de la raréfaction de l'air dans la caisse, raréfaction causée elle-même par l'in flammation de la trompe. Ce bourdonnement, dont il est très important d'apprécier le caractère, peut donner, par les nombreuses variations qu’il éprouve, une idée de celles que subit la phlegmasie qui le produit. Si l’inflammation n’a pas déterminé l’engorgement de la muqueuse au point d’oblitérer le conduit, il ne pourra y avoir surdité. Les ondes. sonores arriveront bien à l’oreille, mais comme les milieux qu’elles doivent traverser ont subi des altérations, les sons seront entendus, mais d’une manière confuse.
Les accidents seront bien autrement graves, si l’engorgement de la muqueuse produit l’obstruction de la trompe. Il y aura non seulement surdité, mais encore les liquides qui sont sécrétés dans la caisse y séjourneront pendant un temps plus ou moins long, puisque la trompe obstruée ne peut leur livrer passage, ou bien encore, pressant de tous côtés les parois de la caisse, ils se feront jour par l'ouverture qui offrira le moins de résistance. Ce point, comme on le prévoit, sera la membrane du tympan. Toutefois, ainsi que le fait remarquer si judicieusement Bonnafont, «il est rare qu’un épanchement survenu dans la caisse par un simple obstacle de la trompe, sans que le liquide ait éprouvé aucune altération, produise la déchirure du tympan; la quantité qui ne peut être absorbée exsude à travers une ouverture très petite, qui existe au point où la corde du tympan s'engage dans la caisse, et qui n’est fermée que parun peu de tissu cellulaire. Nous devons ajouter que cet accident est rarement la conséquence de linflammation idiopathique de la portion cartilagineuse, parce que son oblitération, par le seul fait de l’engorgement, ne peut s'opposer au passage d’un liquide aussi limpide que celui qui lubrifie l’intérieur de la caisse. C’est à ces alternatives qu’il faut rapporter les changements