‹ De l'obstruction de la trompe d'Eustache et de son traitementChapitre 7 sur 24 · RE PES · texte numérisé non relu

RE PES

Cette division a été établie par Bonnafont et adoptée par plusieurs otologistes. é

Le premier cas s’écartant du plan de notre travail, nous en renvoyons l'étude approfondie à des ouvrages spéciaux. L’engorgement et l’épaississement de la muqueuse, avec on sans engouement de la trompe, sont souvent accompagnés d’engouement de la muquease avec diminution du calibre du conduit d’Eustache, de dureté de l’ouïeet parfois de surdité.

Cette forme d’inflammation existe quelquefois en même temps qu'une affection de la caisse et peut, dans maintes circonstances, ainsi que le font observer Itard, Toynbee et Bonnafont, se borner au conduit guttural de l’oreille. Suivant ce dernier, et d’après notre propre expérience, voici les symptômes auxquels ont peut la reconnaître: « La surdité, qui n’est ni grave ni accompagnée de douleurs, semble provenir d’un bouchon dont le siège ne peut être déterminé par le malade, mais qu’il avoue sentir dans l’intérieur de l'oreille. Elle peut disparaître par moments, soit par la diminution de l’engorgement et du passage rendu plus libre des mucosités qui engouent le conduit, soit par leur écoulement, seul rendu par instants plus facile après une secousse imprimée à la trompe à la suite d’un effort de toux, d’un éternuement ou de toute autre cause. Dans ce cas, aussi, il se plaint d'entendre moins distinetement le son de sa voix que celui qui lui vient des personnes qui lui adressent la parole.

»Il lui semble que la sienne traverse une cloison feutrée avant de parvenir à $on oreille.

»Les bourdonnements suivent les mêmes phases que la surdité, c’est-à-dire qu’ils sont toujours en raison du degré de l'obstacle de la trompe. On comprend, en effet, que si l’ensorgement ferme ce conduit, il y aura accumulation de sérosité dans la caisse, surdité et bourdonnements pareils au bruit de vagues lointaines. De plus, le malade éprouve dans

OT te l'intérieur de l'oreille un embarras indolore, mais très fatigant. Quand l’accumulation du liquide contenu dans la caisse exerce une pression sur les parois de cette cavité, il y à lourdeur et pesanteur de tête, quelquefois vertiges. Mais aussitôt que la trompe permet l'évacuation de ce liquide, tous les symptômes précités disparaissent pour reparaître si la même cause se reproduit. C’est là encore un caractère qui aide à faire reconnaître la surdité produite par l’obstruction momentanée dela trompe d’avec celle qui est le résultat d’un épanchement idiopathique de la caisse, lequel ne saurait exister sans avoir été précédé de douleurs plus où moins vives et de bourdonnements plus intenses.

» Cet engorgement dépend quelquefois d’une affection syphilitique et, plus souvent encore, d’une diathèse scrofuleuse. Toujours est-il qu’on l’observe rarement chez les personnes à tempérament sanguin, tandis qu’il est très fréquent chez les lymphatiques. Aussi coïncide-t-il souvent avec une affection semblable de la muqueuse pharyngienne, nasale et même buccale. Toute la bouche est empâtée, les mouvements de la langue et de la déglutition sont difficiles, la mastication gènée, un peu douloureuse, ainsi que les baillements. L’engorgement des amygdales vient souvent compliquer cet état, ce qui, chez les enfants, ajoute à la difficulté de la prononciation, surtout pour les lettres gutturales. <

»Si, par le cathétérisme, on veut s’enquérir de la nature de l’engorgement et du degré de rétrécissement de la trompe, Pintroduction de la sonde, le plus souvent indolore, est un peu sensible en traversant les fosses nasales et produit une douleur très vive aussitôt que son bec s’engage dans l’embouchure de la trompe. Une fois en place, elle n’occasionne plus qu’une espèce de gêne que le malade supporte facilement. Sion emploie la bougie, elle pénétrera assez facilement dans le conduit, mais une main exercée sentira qu’elle glisse

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entre des parois molles et empâtées. Il est rare qu’à la sortie du mandrin, l’ouïe n’éprouve pas une amélioration sensible succédant à la dilatation. Mais, comme on le pense bien,

cette amélioration ne peut durer longtemps ; une fois le corps

dilatant extrait, les parois ne tardent pas à revenir sur elles-

mêmes. |

»Si, avant où après l’introduction de la bougie, on essaie de faire pénétrer une colonne d’air dans la trompe, les phénomènes différeront suivant qu'il y aura engouement ou absence totale de mucosités. S'il n’y a que rétrécissement sans mucus, la colonne d’air, éprouvant quelques difficultés pour le franchir, produit un légersifflement lointain, confondu bientôt avec un bruit de gargouillement plus rapproché résultant de l’action de l’air sur les liquides accumulés dans la caisse et auxquels le rétrécissement rendait l'écoulement difficile.

»Quant à Pobstruction complète de la trompe, je l’ai très rarement rencontrée. Il est vrai que ce qui n'est pour moi qu’un accolement de ses parois, devait être considéré comme une obstruction complète par Itard, Deleau, etc., puisque jamais dans ce cas la colonne d’air ne saurait s’y frayer un, passage ; tandis que cela devient très facile avec le mandrin de caoutchouc. Aussi, ai-je vu dans ma nombreuse pratique plusieurs cas de surdité jugés incurables, céder à la désobstruction de la trompe par ce nouveau moyen. Le calibre de ce mandrin doit être en raison de la résistance qu’il faudra vaincre. D'abord très fin, son volume est augmenté jusqu’à la possibilité d'introduire une corde à boyau correspondant à un {a de violon, qu’on peut laisser à demeure en suivant la méthode de Kramer. Il est facile de comprendre combien Itard et les médecins qui, après lui, n’ont opposé à cette obstruction que des douches gazeuses, devaient en rencontrer de rebelles à l’action d’un moyen aussi peu actif.

»La douche d’air peut bien déplacer des mucosités on autres matières qui obstruent la trompe, quand elles ne sont pas très adhérentes; mais jamais le rétrécissement résultant.

du gonflement des parois du conduit, ou de la présence de

mucosités desséchées, ne pourra être vaincu par ce moÿen,

quelle que soit la force qu’on donne à son impulsion.»

Lorsqu'il y a engouement de la trompe, l’obstruction qui a lieu peut être la conséquence du catarrhe chronique. Alors, le malade ressent une tension pariétale, une surdité parfois prononcée, des nausées, des vomissements et des troubles d'équilibre. 11 est des malades qui se plaignent d'entendre leur propre voix avec une résonnance particulière, comme s'ils parlaient dans un tonneau, et de ne plus percevoir le bruit de leurs pas; il leur semble qu’ils marchent sur du coton (Lévi).

La plupart de ces phénomènes sont la conséquence directe de l’obstruction; car l’air contenu dans la caisse, ne pouvant se renouveler par la trompe, se résorbe; l'équilibre de pression qui existe normalement sur les deux faces du tympan est rompu, et cette membrane, projetée en dedans, est moins apte à vibrer sous l'influence des ondes sonores, d’où a surdité. De plus, dans sa projection vers la caisse, le

tympan entraîne avec lui le manche du marteau; la base de

l’étrier presse la fenêtre ovale et le liquide labyrinthique, ce qui produit les bourdonnements.

Lorsque l’obstruction est récente, la membrane du tympan, examinée avec l’otoscope, n'offre dans son aspect rien de particulier; mais, ponr peu qu’elle se prolonge, on remarque une exagération de sa concavité, une déviation et un raccounrcissement apparent du manche du marteau, une saillie excessive de la courte apophyse, une modification dans la forme et l’étendue du triangle lumineux. La membrane reste brillante et conserve toute sa transparence tant que la

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caisse n’est pas enflammée. Mais dans l’otite ancienne, lorsque la caisse prend part au processus morbide, le segment antéro-inférieur du tympan est déprimé en forme de niche; on aperçoit à sa périphérie et à sa partie centrale une ligne de démarcation très nettement accusée par un reflet lumineux linéaire en are de cercle, et parallèle à l'anneau tympanique.

Engouement de la trompe sans rétrécissement de ce conduit. — L’engouement de la trompe d’Eustache, qui n’est qu’une Obstrnction occasionnée soit par un corps étranger comme du mucus, une concrétion, un caillot de sang à la suite d’une épistaxis, soit par le rapprochement sans adhérence des parois de ce conduit, est très fréquente et exerce le plus sunvent la sagacité des praticiens (Ladreit de Lacharrière). Cette affection, qu’on décrit généralement sous le nom de catarrhe de la trompe, est caractérisée par l'engouement, par une irritation particulière de la muqueuse, se traduisant chez les sujets lymphatiques et scrofuleux, chez les enfants surtout, par une hypersécrétion de mucosités plus ou moins épaisses qui encombrent le conduit, gênent le passage de l’air et produisent ainsi des surdités, dont le degré est en raison directe de la quantité des exsudats.

Ladreit de Lacharrière fait remarquer que dans l’engouement des trompes à la suite de maladies inflammatoire des fosses nasales, il n’est pas rare de constater des oblitérations des trompes d’Eustache par du mucus épaissi, déposé dans l’orifice du pavillon; quelquefois, ces dépôts, d’abord mous, prennent par l’évaporation plus de consistance et forment de véritables croûtes.

Le gonflement de la muqueuse naso-pharyngienne pent amener le rapprochement des parois et l’oblitération du conduit. On observe aussi des modifications du calibre de la

ro trompe, provoquées par les altérations des muscles qui s’y insèrent. Il faut se rappeler, en effet, qu’une partie des mus-

cles du voile du palais et de l’appareil de la déglutition

agissent aussi sur la trompe. Ceux qui s’insèrentsur la paroi cartilagineuse mettent ces parties en mouvement, et ouvrent ou ferment la fente tubaire. Un état anormal des muscles de la déglutition amènera donc des troubles dans les fonctions des trompes d’Eustache. Le premier, Dieffenbach à fait cette observation, que presque tous les individus qui ont le voile du palais bifide ont l'oreille duré, et que l’otoplastie a suffi dans tous les cas pour amener le rétablissement de la fonction. Cette remarque ne prouve-t-elle pas les liens qui existent entre les muscles palato-pharyngiens et les fonctions de la trompe d’Eustache ? L’engouement de la trompe suffit pour empêcher la pénétration de l’air dans la caisse du tympan; celui qui s’y trouve enfermé est absorbé peu à peu ; la membrane du tympan n’est plus soutenue pour supporter le poids de la colonne d’air atmosphérique; elle subit une pression qui détermine les bourdonnements et les troubles de laudition.

Bonnafont nous fait remarquer que les trompes à létat physiologique ne jouissent d'aucun mouvement propre, et, qu'étantsans cesse traversées par un courant d’air qui va et vient dans la caisse, elles n’ont d’autre moyen, pour se débarrasser des liquides qu’elles contiennent, que leur position inclinée, l’action très faible de l’air, et celle plus faible

encore de la contraction des muscles qui s’insèrent aux parties voisines, et qui n’ont qu’une faible action sur elles.

Il n’est donc pas étonnant que ces tubes déjà si étroits, pour peu que la muqueuse soit engorgée et le liquide sécrété plus visqueux, soient facilement obstrués. Cette affection se remarque surtout chez les enfants, et est caractérisée par un embarras dans la gorge ou dans le nez, résultat d’une inflam-

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SON => mation de la muqueuse dans ces régions. Si l’on s'adresse aux parents du malade, on apprendra que la dysécée ne reste pas toujours au même degré, qu’elle subit des oscillations, surtout par les changements de température, augmentant avec les saisons froides, humides ou pluvieuses, diminuant au contraire avec le beau temps. On constate aussi une amélioration, lorsque les mucosités ne sont pas trop épaisses, et que le malade fait un effort de toux ou d’éternuement. À ce moment, les mucosités se déplacent et permettent à l’air de pénétrer dans la caisse.

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