DIAGNOSTIC
Le diagnostic des différentes formes d’obstruction des
trompes d’Eustache sera rigoureusement établi par la présence des signes que nous venons de mentionner, par l’exploration directe de la trompe, à l’aide d’un des procédés de Valsalva, de Politzer, etc., par le cathétérisme suivi d’insufflations, par la rhinoscopie, par l'introduction de bougies graduées et par l’auscultation.
Etant donné un malade atteint de surdité, le chirurgien devra, pour savoir si la trompeest en cause, procéder d’abord à l’interrogatoire, comme pour toute autre affection. L’absence de douleur, de suppuration, l'examen direct du conduit auditif, feront immédiatement rejeter toute idée d’affection aiguë du conduit externe, de la membrane et de la caisse du tympan.
Si le malade nous apprend que sa surdité est récente (je ne parle pas ici des obstructions anciennes de la trompe), intermittente, qu’il a été affecté peu de temps auparavant de coryza ou de pharyngite, il est extrêmement probable qu'elle est le résultat d’une obstruction de la trompe d’Eustache d’origine catarrhale. Pour s’en assurer, on engage le malade à faire une forte expiration, le nez et la bouche étant fermés (procédé de Valsalva); si la trompe n’est pas obstruée, l’air passera dans la caisse et le chirurgien en sera averti par le malade lui-même, qui sentira dans l’oreille un
NON et
petit choc, effet du redressement de la membrane du tympan. Il en acquerra encore la preuve, en auscultant l’oreille pendant que le malade fait l'expérience, ou bien en examinant, à ce moment, la membrane du tympan et en suivant la modification que le redressement imprime au marteau et au triangle lumineux. Cet examen se fera très bien à l’aide de la pince porte-spéculum du D' Miot, dont nous donnons ici la figure (fig. 1), ou bien encore au moyen de l’otoscope de Brunton.
Fire." e Pince porte-spéculum de Miot.
Au lieu de refouler l’air dans la caisse, on y peut faire le vide, en exécutant un ou plusieurs mouvements de déglutition, la bouche et le nez fermés. Si la trompe est libre, le malade éprouve une sensation très nette due à la dépression de la membrane vers le promontoire. Siles deux expé-
tr
Ua riences précédentes n’ont pas réussi, le chirurgien insufflera de l’air par la méthode de Politzer. Pendant le deuxième temps de la déglutition, le voile du palais se redresse et se tend de façon à fermer complètement l’arrière-cavité des fosses nasales, de plus, à ce moment, la trompe est ouverte par l’action du péristaphylin externe. Ilen résulte que, si au moment de la déglutition, une certaine quantité d’air est projetée dans l’arrière-cavité des fosses nasales, les narines fermées, l’air ne trouvant qu’une seule issue dans la trompe d’Eustache s’y engage forcément, à moins qu’elle ne soit oblitérée (Tillaux).
Lorsqu'on n’aura pas obtenu de résultat au moyen de ces divers procédés, il faudra recourir au cathétérisme complet. Dans les cas d’inflammation chronique, on devra tenir
compte des altérations de lamembrane du tympan. du temps
qui s’est écoulé depuis le commencement de la surdité, de l’âge et du tempérament du malade.
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