‹ De l'obstruction intestinale chez le cheval: Son traitement par l'EntéroclysmeChapitre 18 sur 34 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Traitement des obstructions intestinales par l’entéroclysme.

Les moyens chirurgicaux n'étant pas du domaine de la pratique courante, en clientèle rurale ; les moyens mécaniques et médicaux cités au chapitre précédent sont seuls mis en œuvre et donnent des résultats plus ou moins heureux.

L'entéroclvsn.e ou grand lavement sous pression que nous utilisons souvent mais avec une technique très dif--

férente de celle indiquée par M. ie Professeur CADEAC

nous semble être le traitement de choix.

À cet égard d’ailleurs nous devons rendre hommage à nos confrères FORGEOT et BELLEC qui furent nos précurseurs.

Tel que nous le pratiquons, l'entéroclysme se résume en l'introduction dans l'intestin par voie rectale d'une quantité d’eau savonneuse, tiède, variant de 20 à 30 litres suivant la taille des sujets, introduction faite au moyen d'une pompe à main aspirante et foulante et maintenue en place pendant trois heures par une suture en blague à

tabac de l'anus. La technique en est très simple et l'opé-

Aug Se

ration peut être pratiquée avec les seuls moyens de fortune dont on dispose dans la campagne.

Les instraments nécessaires sont : une aiguille à BOULE donnets, une pince à dents de souris et une pompe portative aspirante et foulante dont le tuyau d'écoulement est muni d’un fort tube de caoutchouc toilé de 15 millimètres de diamètre et de 1 mètre 50 centimètres de lon-

gueur environ.

Premier Temps.— I.e premier temps de l'opération consiste dans l’abatage du cheval. — C’est la partie la plus délicate de l'opération étant donné l’inexpérience des aides et les conditions défectueuses dans lesquelles on opère, particulièrement la nuit.

Nous employons le procédé classique que tout le monde pratique quotidiennement. Une fois le cheval abattu (à cet égard il n’y a aucune préférence à coucher le cheval sur un côté plutôt que sur l’autre) nous portons le membre postérieur, du plan supérieur, sur lemembre antérieur correspondant et nous le fixons au dessus du genou, comme pour l'opération du clou de rue, et cela dans le but d'éviter une voussure en contre-haut de: la colonne vertébrale, voussure pouvant s'accompagner: d'une fracture du rachis, mais surtout pour diminuerl'intensité des efforts expulsifs au cours de l'introduction

du lavement.

Deuxième Temps. — Le deuxième temps comporte la suture en blague à tabac de l'anus. Pour cela on se sert

d'une aiguille à bourdonnets, d’une pince à dents de sou-

se

D aie à

MT

ris et d'un fort cordonnet de soie ou d’une ligature blan-

che en fil de Jin. Il nous est même arrivé d'utiliser un

lacet de soulier neuf que l'on trouve toujours sur

place. -

Avec la pince tenue dela main gauche, on saisit un lambeau de la peau anale et avec l'aiguille à bourdonnets tenue de la main droite ontraverse le lambeau ainsi. délimité, On passe une extrémité du cordonnet dans le chas de l'aiguille et on tire à soi. On recommence cette opération de, façon à obtenir quatre points de suture à l'extrémité de deux diamètres perpendiculaires. Les deux extrémités du cordonnet sont laïssées libres de façon à

pouvoir coulisser au moment voulu.

Trois'ème Temps. — Le troisième temps consiste dans l'introduction du tube de caoutchouc (adapté au inyau d'écoulement de la pompe) dans l'anus et ensuite dans l'introduction du lavement. Nous enfonçcons le tube de vingt centimètres environ et à ce moment nous tirons fortement sur les deux extrémités du cordonnet pour faire coller étroitement l'anus sur le caoutchouc. Nous ne faisons qu’un nœud simple, nos mains exerçant unetraction soutenue sur les deux extrémités du cordonnet pendant toute l'opération.

Le corps de pompe plonge dans une solution d'eau sa-

vonneuse tiède que l’on a préalablement soumise à l’é-

bullition. Un aide actionne la pompe. l'a solution passe dans le rectum et.de là file dans l'intestin. La quantité d’eau savonneuse à introduire varie entre vingt et trente

litres. Il est nécessaire d’exercer une traction soutenue et

Page 1