DAME
énergique sur les deux extrémités du cordonnet afin d'éviter la déperdition de liquide au cours des violents efforts expulsifs auxquels se livre l'animal pendant lopération. Lorsque l’on juge suffisante la quantité d'eau introduite on retire le caoutchouc de l'anus et l’on fait un double nœud. aucune goutte de liquide ne s'échappe.
Quatrième Temps. — Le quatrième temps comporte le relever du cheval et un moment de promenade précédée d'une injection de 10 centigr. de pilocarpine. Au cours de cette promenade l'animal se livre à quelques efforts expulsifs, cherche parfois à se coucher, maïs en général manifeste une douleur de moins en moins forte, qui disparait peu à peu et il arrive souvent qu'il cherche à brouter. l'herbe du chemin.
Au débutde cette promenade l'allure spontanée est rapide, mais elle devient bientôt plus lente, c'est d’ailleurs là un signe très favorable. Au bout de deux ou trois heures on libère l'anus en introduisant la pointe d’un bistouri ‘ ou des ciseaux entre deux points de suture et en sectionnant le cordonnet. Puis on rentre le malade dans l'écurie où l'on à fait préparer une bonne litière. Généralement à peine rentré il se couche, somnole, puis présente parfois
des coliques plus ou moins vives qui s'atténuent et dispa-
raissent rapidement. Il se relève, sa physionomie est éveil-
lée, il s'intéresse à ce qui se passe autour de lui, regarde le ratelier, cherche à manger sa litière, les borborygmes reparaissent et les évacuations alvines reprennent leur cours au bout d'un laps de temps variant entre 5 et 18
heures. Nous avons observé que les premières évacua-
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tions sont toujours composées de matières excrémentitielles très ramollies et fragmentées.Le cheval est alors maintenu à la diète pendant 24 heures ; seuls, les liquides tiédes sont donnés à volonté. Au bout de ce jeûne on insülue un régime de barbotages farineux pendant un jour ou deux et enfin la reprise progressive du régime normal.
Mude d'action de l’entéroclysme. — L'action qu'exerce ce grand lavement est facileà expliquer. L'eau introduite ne pouvant faire retour en arrière puisque l'anus est suturé, exerce une pression continue sur le corps obstruant et le chasse en avant, comme nous avons eu l’occasion de le constater au cours de l'observation n° IX, que nous rapportions plus loin. De plus cette solution savonneuse lubritie la muqueuse intestinale et favorise le réveil des coniractions.
Le corps obstruant ayant quitté la portion où il s'était imimobilisé, chassé en avant, baigne daus l’eau savonneuse ; s'il est constitué par une pelote, celle-ci s'imprègne d'eau, se ramoilit, se désagrège et peut aiors franchir sans encombre la portion d'intestin où elle s’était arrêtée.
Si le corps obstruant est constitué par un paquet d'ascaris, celui-ci est Gésagrégé par leliquide, les parasites meurent pour la plupart et suivent le flux intestinal.
Dans le cas d'aegagropile ou de calcul, ceux-ci seront chassés en avant, tout comme les pelotes, ils pourront alors à la faveur de contractions intestinales plus énergi-
ques franchir le point où ils s'étaient arrêtés, d'autant
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mieux que cette région est maintenant lubrifiée. 1] est
évident que si leur volume est énorme, nous n'obtiendrons:
aucun résultat.
La constitution de l'intestin du cheval qui peut dans.
son colon replié et son caecum recueillir des quantités considérables de liquide, explique la possibilité de cette intervention, en apparence étrange.
Nous avons dit qu'au cours de la promenade à laqnelle on soumet le malade, de même qu'une fois rentré à l'écurie, celui-ci présente quelquefois des coliques plus ou moins intenses. Celles-ci sont dues au désenchatonnement de la masse obstruante puis aux fluctuations qu’ elle subit ensuite et qui viennent la faire buter à nouveau à son poiut primitif d'immobilisation et enfin au franchis-sement définitif de celui-ci pour suivre alors le flux intestinal. |
On trouvera sans doute, que la promenade imposée à l'animal malade a un caractère de brutalité qui devrait la faire rejeter, comme depuis longtemps déjà, les vétérinaires ont proscrit la barbare coutume léguée par la tradition hippiôtrique, de promener les animaux atteints. d'indigestion. Force nous est cependant de reconnaître que, dans le cas qui est examiné ici, l'observation clinique nous a montré que cette marche forcée est un ecomplément sinon indispensable, du moins très utile de la médication ci-dessus décrite,et que d'autre part, elle ne nous.
a jamais paru augmenterles souffrances du malade.