OBSERVATION
Nous sommes appelés le 2 Juin 1921 à 16 heures auprès d’un poulain faisant le jet de trois ans. Ce pou- Jair a des coliques intermittentes depuis la veille au soir, coliques légères jusqu'au 2 au matin, et que le propriétaire a voulu traiter lui-même en administrant 500 grammes de sulfate de soude, puis un mélange de un demi litre de vin blane et un demi litre d’huile d'olives, en donnant quelques lavements de décoction de graine de lin et en contraignant le malade à marcher chaque fois qu'il présentait une crise. Depuis le milieu de la nuit précédente aucune évacuation de crottins ne s’est produite. Nous procédons à l'examen de l’a-
nimal. La muqueuse oculaire est pâle, la bouche sèche ; l’aus-
cultation ne décèle aucun borborygme, le silence est complet
dans la cavité abdominale. Le cheval se regarde fréquemment Je flanc, pas de météorisme, pas de signes d’auto-intoxication. L'exploration rectale nous permet de constater la vacuité des portions terminales de l'intestin, lesdoigts arrivent avec peine, sur la ligne médiane, sur une masse dure dont nous ne pou-
vons préciser exaclement ni le siège, nila nature. Le bras
rt
sori recouvert de fausses membranes. Les coliques ont un
caractère intermittent sans crises dramatiques.
Nous portons le diagnostic d’obstruction intestinale sans
. . . . . ®, à préciser davantage et faisons une injection hypodermique de 10 centigrammes de pilocarpine et de 50 centigrammes de
chlorhydrate de morphine.
, , Nousordonnons des lavements fréquents et abondants d’eau froide et recommandons au propriétaire de nous tenir au cou-
rant.
A 20 heures nous recevons la visite du propriétaire de
l'animal qui nous annonce que son cheval a été très calme
pendant les deux heures qui ont suivi notre départ (calme que
nous attribuons à l’action de la morphine) mais que mainte-
nant « il n’a plus de position » autrement dit qu'il a des coli-
ques violentes, continues, qui l’'empêchent de tenir plus d’un
instant à la même place «et qu’il va sûrement mourir.»
Revenu auprès du malade nous constatons qu’en effet son état a considérablement empiré. La muqueuse oculaire est grisâtre, le faciés grippé, la respiration courte, les reins raides ; pas de météorisme, les coliques sont violentes et presque continues. Etant donné l’état général franchement mau-
vais et l’arrêt depuis minuit des défécations, nous émettons
un pronostic très grave et proposons à notre client de tenter
l’entéroclysme qui seul nous donnera peut-être un résultat, faisant d’ailleurs toutes réserves à ce sujet, car, c’est notre première tentative. À vingt et une heures, à la lueur de bougies, nous couchons notre malade sur un lit de paille disposé
dans la cour de la ferme et lui introduisons suivant la tech-
nique précédemment exposée 25 litres d’eau savonneuse tiède
dans le rectum. L'opération se passe sans incident, nous rele-
vons le cheval, nous faisons une injection sous-cutanée de
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