OBSERVATION IV
Le 31 Août 1923 à midi nous sommes appelés auprès d’un animal venant de faire le jet de trois ans. Le cheval est malade depuis le matin et a présenté des coliques intermittentes ; lorsque nous arrivons il extériorise une douleur violente. II se couche, se roule, se met sur Je dos, la respiration est courte, les naseaux dilatés, le facies grippé, par moment il porte le nez vers le grasset. Ne pouvant pousser notre examen plus avant, nous faisons une injection de 50 centigram: mes de morphine. Sous l'influence de ce calmant, les coliques s’atténuent très sensiblement. Nous pouvons alors continuer notre examen, La muqueuse oculaire est rougeâtre, la langue sèche, l’auscultation ne décèle aucun borborygme.
Les dernières portions ds l'intestin ne renferment pas d'excréments, mais au niveau de l’anse pelvienne du colon replié nous avons la sensation d’une masse dure et volumineuse cédant à la pression du doigt et formée de matières alimentaires tassées.
Nous diagnostiquons obstruction intestinale par pelote stercorale et faisons une injection de 20 centigrammes de pi-
locarpine, puis nous donnons des lavements d’eau froide que
pre
l'animal rejette aussitôt. Nous faisons une nouvelle injection de cinquante centigrammes de chlorhydrate de morphine qui calme notre malade. Les défécations sont nulles, bientôt les symptômes s’aggravent, l’état général empire. Nous décidons alors de lui administrer notre grand lavement sous pression ; 25 litres d’eau savonneuse tiède sont alors introduits, une injection de pilocarpine ést faite à nouveau et le cheval est promené pendant deux heures. Son allure est très rapide au début et il essaie à plusieurs reprises de se coucher. Rentré à l'écurie une fois l’anus libéré, il se couche, assez calme, a deux crises nouvelles peu violentes à une demi-heure d’intervalle ; il se relève, reste triste et somnolent, puis s’éveille peu à peu et cherche à manger. La première évacuation a eu lieu
12 heures après sa rentrée à l’écurie.