OBSERVATION IX
Dans la soirée du 29 novembre 1924, on vient nous chercher pour visiter un cheval de deux ans et demi quia des coliques dépuis le matin. Le propriétaire nous apprend qu'il a saigné son cheval dès l'apparition des premières coliques retirant ainsi6 litres desang. Il ajoute que son cheval ne peut pas se vider. A
Nous constatons en effet que celui-ci lève fréquemment la queue et a des efforts expulsifs assez violents, accompagnés. de coliques légères. Nous procédons aussitôt à la fouille rectale etla main arrive directement sur une volumineuse pelote de 15 centimètresenvirou de diamètre et qui nous paraît avoir une grande longueur, nous donnant l'impression de plusieurs pelotes soudées ensemble.
Nous essayons de passer la main entre elle et la paroi intes-
tinale, mais ne pouvons y parvenir. Nous la fragmentons avec
les doigts et arrivons ainsi à en extraire une partie. La main
ne sort point recouverte de matières sanguinolentes, l'intes-
tin n’a done pas perdu son intégrité, nous pensons qu'avec des lavements mucilagineux donnés en abondance la pelote pourra être évacuée et nous faisons une injection de 10 centigrammes de pilocarpine et une de 25 centigrammes de chlorhydrate de morphine. La nuit sepasse sans changement, le cheval reste relativement calme, mais les layvements n’ont donné lieu à aucune défécation. Les borborygmes sont cependant très nettement entendus. Le lendemain l’état général de notre malade est assez mauvais, la muqueuse oculaire estpâle, la douleur est plus intense, les borborygmes s'atténuent, les efforts expulsits sont plus violents. Nous fouillons à nouveau le cheval, nous pouvons encore extraire quelques fragments de la pelote, mais notre main sort recouverte de mucosités sanguinolentes.
L'impossibilité d'obtenir l'évacuation de la pelote avec la main, l’inutilité des lavements et d’autre part l’infiltration de
la paroi intestinale qui aboutirait à une gangrène rapide nous
commandentde tenter l’entéroclysme qui seul pourra être effi-
cace.
Au relever notre malade parait anxieux, les mouvements respiratoires sont fréquents, les naseaux dilatés, la conjonctive grisâtre, une sueur froide recouvre tout le corps. Tous ces signes de mauvais augure, nous font craindre une rupture de l'intestin. Nous faisons néanmoins marcher notre malade. Les signes alarmants s’atténuent progressivement et au bout de trois heures, nous libérons l’anus. Nous n’avons pas pratiqué l'injection habituelle de pilocarpine étant donné les lésions de l'intestin au niveau de la pelote. Une fois l’animal rentré à l'écurie, nous'le fouillons à nouveau, mais nous ne trouvons
plus trace de Ja pelote, le lavement l’a déplacée et refoulée en
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