‹ De l'obstruction intestinale chez le cheval: Son traitement par l'EntéroclysmeChapitre 33 sur 34 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

Le 10 Mai 1925, nous nous rendons à midi auprès d’un cheval ayant des coliques depuis le matin. Celles-ci ont débuté d’une façon assez insidieuse, puis ont augmenté un peu tout en conservant un caractère intermittent. Lorsque nous arrivons le cheval est calme, l’auscultation nous permet d'entendre des borborygmes atténués. A la fouille rectale notre main arrive directement sur une pelote volumineuse

qu'il est impossible d’extraire, l'intestin à ce niveau ne paraît

pas altéré. Nous faisons une injection de 10 centigrammes et

donnons des lavements d’eau savonneuse froide. Nous or-

donnons la continuation des lavements froids et recomman-

dons au propriétaire de nous avertir dans la soirée s’il n’obser-

vait pas d'amélioration. Le lendemain matin alors que nous croyions l'animal guéri on nous avertit qu'au contraire il ne

va pas mieux et qu'il a eu des crises violentes pendant la nuit. |

A notre arrivée nous pratiquons la fouille rectale, nous. sentons toujours la pelote, mais la main sort recouverte de-

mucosités sanguinolentes. Le propriétaire nous dit qu'il a

fouillé plusieurs fois l’animal comme il nous avait vu faire la

veille et qu'il a pu retirer quelques fragments de crottins. Nous décidons de pratiquer l’entéroclysme et poussons. notre lavement très lentement étant donné les lésions existant

au niveau de la pelote. Nous introduisons seulement 15 litres

d’eau savonneuse tiède. L’apimalse relève couvert d’une sueur

froide, nous lui faisons faire quelques pas, la respiration est très courte,les naseaux dilatés à l'extrême, le facies ‘'angoissé.

En présence de ces symptômes très alarmants, et symptô-

- matiques d’une rupture intestinale, nous rentrons immédiate-

ment le cheval à l’écurie, et ne cachons pas au propriétaire.

MS ne

qu'il n'y a pas d'espoir, l'animal meurt en effet trois heures

après.

A l’autopsie, le cadave est très ballonné, le rectum prolabé sur une longueur de quarante centimètres. A l'ouverture nous constatons à quatre-vingts centimètres environ de l’extrêmité terminale du colon flottant, une déchirure de {l'intestin et une pelote de la grosseur de deux poings eu amont de celle-ci. L'eau du lavement est répandue dans la cavité abdominale.

L'intestin très friable n’a pu résister à la pression déter-

minée par l'introduction des 15 litres d’eau du lavement.

Éd. LÉ

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