PE TOURS
Nous sommes en effet en plein pays éleveur, mais non: naisseur. Les chevaux sont importés à l’âge de 6 ou 18: mois. Ce sont des bretons du Finistère ou des percherons de la Sarthe ou de la Mayenne. Le cultivateur les. met progressivement au travail, et lorsqu'ils ont atteint leur complet développement c'est-à-dire à 4 ou 5 ans suivant la race, il les livre au commerce. Ils deviennent alors la propriété des marchands du Nord, du Centre,
mais surtout du Sud-Est de la France.
Nos observations personnelles nous permettent de rap-. porter cette fréquenee des obstructions intestinales chez:
ces jeunes chevaux aux causes suivantes.
1° Le Jet —C'està dire l’époque où les dents de laittombent et sont remplacées par les dents définitives ; de deux ans 1/2 à trois ans, de troisans 1/2 à quatre anset de qua-tre ans et 1/2 à cinq ans. Durant ces périodes et particulièrement au «jet » de 3 et 4 ans, par suite de l’ébranlement de la dent de lait, les gestes de la mastication sont très douloureux, les chevaux les évitentdone le plus pos-— sible, les meules dentaires fonctionnant mal, ne s’usent plus régulièrement,elles présentent des aspérités très fines, des pointes qui blessent les joues et la langue venant encore accroître la douleur que produit la mastication des aliments.
Cependant comme l'organisme est en voie de déve-loppement et que l'animal a déjà été mis au travail,il a des besoins importants, etsous l'influence d'une faim impérieuse, avale des bols alimentaires maltriturés ou pas tri
türés du tout, mal insalivés dont les éléments ont ten--
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‘dence à se feutrer dans le tube digestif. Celui-ci est obligé d'opérer un travail double pour suppléer au défaut de mastication et, d'insalivation, d’où sa fatigue, son épuisement, l'affaiblissment d’abord. la disparition ensuite des -contractions intestinales avec pour conséquence la stase
de la pelote.
20 — L'administration d’ajonc épineux — (Ulex Europeus) — La nalure du sol ne se prêtant pas au développement des prairies naturelles ou artificielles, le fourrage sec n’est pas récolté en quantité suffisante pour subvenir à l'entretien d’un cheptel très important. Pour suppléer à cette péuurie le paysan utilise l’ajonc épineux ou ulex europeus qui pousse admirablement sur la landebretonne même à l'état sauvage.
Cette papillonnacée constitue un fourrage excellent mais à condition de ne donner que des tiges jeunes, non ramifiées. Les tiges vieilles sontdures, ligneuses, les sucs digestifs exercent sur elles uneaction insuffisante, d'autre part,bien quelles soient préalablement hachées, on a tort de ne pas les soumettre au pilonnage, d'où mastication insuffisante par blessures des joues et quelquefois irritation des parois intestinales.
3° Enfin à ces causes éminemment favorisantes s’en ajoutent deux autres très importantes : Une alimentation très abondante et un exercice insuffisant.
Eté paysan de nos campagnes est fier de ses chevaux, non seulement il veut avoir un bon modéle de cheval, mais il met encore son point d'honneur àavoir des chevaux
gras, (à pleine peau». Au lieu de régler les repas il donne
d'abondantes «branées» mélange de son, d'avoine et d’orge. concassés, le tout additionné d’eau tiède. Non seulement ces «hranées» sont copieuses, mais elles sont encore trop souvent répétées : 5 ou 6 fois par jour ce qui n’empêche pas de donner du fourrage sec ou du vert. Ajoutons à cela une stabulation prolongée, un exercice insuffisant (l'exploitation dont le travail nécessiterait trois chevaux en compte cinq ou six), l'animal est constamment occupé à manger, l'intestin à digérer, d'où sa fatigue. Pour peu qu'un cheval soit glouton, aucune séparation n'existant entre les individus d’une même écurie nous avons toutes les conditions voulues pour que l'obstruction instestinale. se réalise.
La pelote stercorale étant formée, de deux choses l'une, ou bienles contractions intestinales sont insuffisantes pour la pousser en avant etelle s’'immobilise, ou bien les contractions intestinales n’ont pas perdu toute leur énergie, la pelote est poussée en avant, arrive en un point où l'intestin est normalement rétréei ou encore àu niveau d'un coude, dont le passage dans les conditions. ordinaires est déjà laborieux et elle marque un temps d'arrêt.
Jusqu'à ce moment nous n'avons pas encore assisté à l'apparition de symptômes bien nets. Le ou les jours précédents, le propriétaire s’est bien aperçu que son cheva! tout en n'étant pas malade ne présentait pas sa manière d'être habituelle ; la démarche était plus raide, l’appétit plus capricieux, aussi s'est-il ingénié à lui présensenter les aliments les plus volontiers acceptés d’ordi--
naire. La masse alimentaire et les contractions intesti-
nales en amont de ia pelote ont tendance à pousser celleci en avant, à lui faire franchir le point rétréci ou la portion intestinale plus ou moins inerte. Alors l'animal devient inquiet, s'arrête brusquement de manger, gratte du pied, s’agite, manifeste en somme des signes de coliques. Celles-ci très légères au début croissent bientôt pendant 3 ou 4 heures, le malade secoue sa litière, l'amoncelle sous lui avec ses membres, se regarde le flanc, met pour ainsi dire ie nez sur le siège de son mal. Il se couche, se relève, mais s'y prend à trois ou quatre fois avant de se laisser choir sur le sol. Il s'affaisse,- fléchit, se redresse, recommence puis tombe enfin en poussant des plaintes. Il se roule d’un côté à l’autre, mais avec l'intention très voulue de prendre la position sur le dos et de la garder. Il se relève, mais ne le fait pas brusquement, il amorce le mouvement en étendant ses antérieurs et en relevant son avant train et reste ainsi dans la position du chien assis, il se redresse ensuite, présente un moment d'accalmie, mange quelques brins de paille : ou de foin, puis sent sa litière, rassemble ses quatre pieds, se fléchit et tombe sur le sol. On assiste alors à un réveil des douleurs et ainsi de suite.
Ilest à remarquer que le décubitus se produit indifféremment à droite et à gauche. Au début les coliques sont généralement accompagnées d’une sudation chaude, localisée aux parties inférieures du thorax et de l'encolure. Les défécations persistent pendant un temps plus ou moins long. Les contractions intestinales continuent à se produire en aval de la masse obstruante, la portion
d’intestin comprise entre celle-ci et l'anus se vide de son
contenu. À ce moment les contractions cessent dans cette portion, l'intesiin se rétracte et augmente d'autant la résistance opposée à la progression de la pelote.
Le temps écoulé entre l'apparition des premières coliques et l'arrêt des défécations donne d’ailleurs une indication approximative sur le siège de la pelote, celle-ci estimmobilisée en un point d'autant plus éloigné de l’anus que les défécations persistent plus longtemps. L'eau que renferme la pelote est résorbée progressivement, celle-ci se déssèche aügmentant d'autant son adhérence à l'intestin qui s'infiltre et s'enfamme. Les coliques augmentent bientôt en intensité; la muqueuse oculaire normale au début, devient pâle ou grisâtre souvent subictérique, le malade présente un facies de plus en plus triste, les naseaux sont crispésla bouche devient pâteuse, la langue chargée, grisâtre où noirâtre, l’haleine de fade devient fétide. L'animal refuse tout aliment, seuls les liquides sont encore quelquefois acceptés. Les reins sont raides puis on observe du météorisme par suite de la fermentation naturelle avec production de gaz qui ne peuvent plus s'échapper. Le météorisme est toujours tardif ; c'est un signe très fâcheux. Les flancs sont soulevés et sonores à la percussion, le diaphragme est refoulé en avant, gênant ainsi la respiration, le pouls est lent, l’artère petite, peu résistante, la température s'élève rarement au dessus de 38°5. La miction s'opère normalement. d
‘ À l’auscultation on perçoit quelques gargouillements, des bruits de gouttelettes, mais les borborygmes ont dis-
paru complètement. L'exploration rectale donne des ré-
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-sultats variables. Le plus souvent le rectum est vide et lebras sort recouvert de fausses membranes ou de mucus coagulé. Cet élément symptômatique, bien connu de tous les cliniciens,a été désigné par Roger sous le nom de « signe du bras » ; ce Signe, constant dans les obstructions intestinales, n'apparaît d’ailleurs le plus souvent que 6 à 10 heures après le début des coliques. Dans ce cas on peut quelquefois en poussant le bras plus avant arriver directement sur la pelote, lasaïisir et l’extraire. Parfois on ne peut la sentir qu’à travers les parois intestinales et on a la sensation d'une masse dure généralement de la grosseur de deux poings, mais que les doigts peuvent plus ou moins aplatir ; d'autrefois, enfin, il est impossible de sentir la pelote. Dans les cas plus heureux où l’obstruction se trouve dans le rectum, la main arrive directement sur la pelote ; la symptomatologie décrite cidessus est d’ailleurs dans ce cas très atténuée, le caractère dominant étant la violence des efforts expulsifs (té-
nesme). .
Terminaison. — Les signes précédents peuvent durer quelques heures sans modifications appréciables, puis s'atténuer et disparaître brusquement. La terminaison heureuse est en effet quelquefois observée. L'intestin reprend sa contractilité, les borborygmes reparaissent, la pelote cesse d'être immobilisée, reprend sa marche interrompue et est évacuée au bout de quelque temps. Tout rentre dans l’ordre. Cette terminaison heureuse peut se produire dans la première journée, plus rarement dans
la seconde.
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Si malgré tout les coliques persistent, les symptômes s'aggravent, le météorisme augmente, la souffrance devient intense, les naseaux sont de plus en plus crispés, la respiration devient très difficile, le pouls est faible, mou et irrégulier, les muqueuses sont rouge-violacé,. une sueur froide profuse apparait et la mort survient ra-pidement.
On a signalé des cas de mort au bout de 4, 5 et 6. jours. Cette longue durée ne peut s'appliquer qu'aux cas d'obstruction des parties terminales du tube digestif ; quand la pelote s'est en effet arrêtée dans les autres portions la mort survient plus rapidement par auto intoxication.
Des complications peuvent se produire ; parmi celles-ci la plus fréquente est certainement la déchirure de l'intestin au niveau de la pelote qui irrile, distend et gangrène les parois. On a cité des complications de volvulus et de torsion : nous ne les avons jamais consta-
tées au cours des autopsies que nous avons pratiquées.
Diagnostic. — Le diagnostic d'obstruction est basé sur l’intermittence des coliques, l'absence de défécations et la présence de mucus coagulé sur le bras qui explore le rectum. Nous verrons dans un autre chapitre les signes qui permettent d'établir le diagnostic différentiel.
Pronostic. — Le pronostic varie avec le siège de l’obstruction. Si celle-ci siège dans le rectum et si l’intervention n'est pas trop tardive, la guérison est la règle ; dans
tous les autres cas le pronostic est grave et presque
fatal chez tout cheval qui ne présente pas d'amélioration au bout de 24 à 36 heures.
Lésions. — À l’autopsie le cadavre est très fortement ballonné le rectum est souvent renversé, À l'ouverture l'intestin fait brusquement irruption au dehers, il renferme plus ou moins de matières. L'œil est presque aussitôt attiré par un ou plusieurs renflements constitués. par la ou les pelotes stercorales. Celles-ci sont coincées dans le coin d'intestin qu'elles occuÿent ; en aval l’intestin est vide et contracté, enclavant les pelotes, ce qui explique la gravité de l'accident. En amont l'intestin est plus ou moins distendu par les ‘gaz. An niveau des pelotes il apparaît rouge, infiltré ou noirâtre. À l'incision onle trouve étroitement appliqué sur les pelotes. Cel-les-ci sont recouvertes d'un enduit muqueux parfois. sanguinolent. La paroi intestinale ischémiée par la compression excentrique qu'exerce sur elle la masse stercorale présente des plaques de mortification plus ou moins étendues confluent parfois en larges îlots de gangrène, au niveau desquelles la muqueuse est blanchâtre ou gris verdâtre, ramollieet friable. On peut même constater la rupture complète des tuniques muqueuse et mus-culaire, et ia chute dela pelote dans la cavité abdominale.
La pelote elle-même est généralement ovoïde, moulée sur l'organe où elle s’est immobilisée, elle est dure, desséchée par suite de la résorption des liquides ; elle est composée de matières mal digérées et feutrées.
Nousavons rencontré plusieurs fois un colon flottant
ayant l'aspect d’un chapelet d'énormes marrons. On peut
enfin observer le -cours de action
Dar ui n de li FA ne
en de voisinage.