INTRODUCTION
Au mois de décembre 1806, dans le service de clinique de M. le professeur Cerné, il nous fut donné d'observer un cas d’occlusion aiguë de duodénum. Cette observation suivie d’autopsie fut caractérisée par des phénomènes tout particuliers qui nous parurent se rattacher d’une façon plus spéciale au duodénum qu'à toute autre partie de l'intestin.
Notre attention une fois attirée de ce côté, il nous a semblé intéressant de faire quelques recherches bibliographiques et expérimentales sur ce sujet; et, malgré le peu de faits que nous ayons pu rassembler, nous avons entrepris de différencier des autres formes d’occlusion intestinale, l’occlusion aiguë du duodénum, qui ne semble pas avoir été l’objet d’une description particulière.
On décrit d’une façon générale deux formes symptomatiques . de l’occlusion intestinale : l’une aiguë, l’autre chronique.
La forme chronique de l’occlusion du duodénum
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a déjà été décrite et nous en avons trouvé plusieurs cas dans la thèse de Bron (compression du duodénum Paris, 1893). Mais nous ne voyons pas l'utilité de. décrire à part cette affection dont la nature et. Re \ ‘symptômes sont identiques aux autres formes d’ obs- à
truction chronique de l'intestin. RER
ÉTIOLOGIE
Si nous passons en revue les différentes causes de l’occlusion chronique; nous voyons qu’elles peuvent aussi bien s'appliquer au duodénum qu’à l’iléon ou au rectum. Il n’en est pas de même pour les causes de l’occlusion aiguë, qui sont suivant leur nature : plus particulières à certaines régions de l'intestin.
Ainsi, parmi les causes extérieures à l’intestin, les tumeurs de voisinage peuvent à la longue le comprimer. Cette compression, qu’elle s'exerce sur le duodénum ou sur l’iléon, donnera lieu à des accidents chroniques. Le duodénum par son immobilité pourra être comprimé par une tumeur relativement petite, tandis que l’iléon ne le pourra être que par une tumeur plus volumineuse. Cette compression sera particulièrement favorisée, si elle s'exerce sur le duodénum, par la fixité remarquable de cet organe ; mais il sera peut-être bien difficile de la distinguer quant aux symptômes avec une occlusion siégeant un peu plus loin sur le jéjunum.
Ces tumeurs donnent d'habitude des symptômes chroniques d’occlusion intestinale ; mais cette forme peut subitement se changer et se terminer en une
forme aiguë, qu'il s'agisse du duodénum ou d'une DRE autre partie de l'intestin grêle. Nous ne désirons ici parler que de l’occlusion aiguë du duodénum, pure par son origine et-par ses symptômes, et nous laissons de côté cette forme qui n’est un mode de terminaison de l’occlusion chronique.
Les compressions larges causent l’occlusion
. . : . ; . . 1% chronique, les compressions étroites l’occlusion aiguë. 10 Parmi ces dernières, se trouvent : les brides périto-
néales, les diverticules, les anneaux accidentels, les ù hernies internes. La fixité du duodénum semble le 9 ; protéger contre cette cause d’occlusion. Cette fixité, ES. qui le rend plus accessible aux tumeurs même petites L en l’empêchant de se dérober, est donc dans ce cas-là ;
un moyen de protection. ‘1
En effet, c’est l’intestin grêle qui le plus ordinairement est étranglé par une bride ou une adhérence péritonéales ; les anses flottantes viennent se loger dans un orifice (fossettes rétro - duodénales, diaphragmatiques, etc). Ces franges épiploïques, le diverticule de Meckel, l’appendice sont capables de former des nœuds solides autour de l'intestin grêle, mais le duodénum accolé à la paroi abdominale postérieure est à l’abri de semblables accidents. On trouve cependant dans la thèse de Bron une observation de compression du duodénum par adhérences péritonéales, mais il s'agissait dans ce cas de «blocs tuberculeux * agglomérés » parsemés dans la cavité péritonéale. 4
Ces compressions étroites donnent lieu à des accidents d’occlusion aiguë de l'intestin, nous venons de voir qu’elles ne sauraient atteindre le duodénum et par conséquent elles n’entrent pas dans notre sujet.
Les obturations d’origine variable sont constituées par les corps étrangers à l’économie et introduits dans le tube digestif par l’une ou l’autre de ses extrémités ; d’autres ont leur point de départ dans l’économie elle-même.
Les corps étrangers venus de l’estomac $e trouveront arrêtés au pylore, s'ils sont un peu volumineux; et s'ils arrivent à franchir le pylore, ils ne séjourneront pas dans le duodénum.
Les calculs biliaires sont plutôt en rapport avec le côlon qu'avec l'intestin grêle et perforeront plutôt cette partie du gros intestin que le duodénum. Quant aux calculs qui parviendraient à évoluer à travers le canal cholédoque jusque dans l’ampoule de Vater et dans le duodénum, il est rare qu’ils s'arrêtent là et ils passeraient dans le jéjunum et liléon.
Nous ne ferons que signaler les polypes de l’intestin. Ils déterminent l’obstruction soit par leur volume, soit par l’invagination qu'ils provoquent.
Quant aux tumeurs développées dans les parois mêmes du duodénum, venues par propagation soit de l’estomac, soit plutôt du pancréas ou d’un organe voisin, elles peuvent donner lieu à un moment donné