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à des accidents d’occlusion aiguë du duodénum ; mais ces accidents ne feront que succéder à d’autres beaucoup plus anciens à forme chronique, qui la plupart du temps n'auront pas été méconnus. Cette cause d’occlusion aiguë est donc en dehors de notre sujet.
Nous venons ainsi de passer en revue les causes extérieures et intérieures d’occlusion intestinale en général, et nous avons vu que les causes pouvant amener l’occlusion aiguë, telles que les brides péritonéales, les hernies internes, ou encore les obstacles intérieurs, les corps étrangers d’origine externe ou interne, nous avons démontré que toutes ces causes. d’occlusion aiguë ne pouvaient s'appliquer au duodénum. ci
Il nous reste à voir les causes d’occlusion venant. de l'intestin lui-même: ce sont des causes mécaniques ; la plus importante est l’invagination. Elle consiste, comme on le sait, dans la pénétration d’une portion de l'intestin replié en doigt de gant dans une autre portion voisine située soit au-dessus, soit audessous. L'état anatomique qui en rèsulte a été justement comparé à la hernie ordinaire, le bout invaginant jouant le rôle d’un anneau. De même que dans la hernie, l'invagination revêt une forme aiguë et une forme chronique. La forme aiguë nous occupe seule.
Par la définition même que nous avons donnée de l’invagination, nous voyons qu’on ne saurait la rencontrer dans le duodénum.
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Cette partie de l’intestin, se distingue en effet de l'intestin grêle par sa fixité. Elle est appliquée à la colonne vertébrale par la racine des deux mésos, mesocolon transverse et mésentère qui le croisent et dont les feuillets séreux se réfléchissent en avant du duodénum. Il est fixé par les artères et leurs épaisses gaînes fibro-nerveuses, il est fixé par le muscle de Treitz.
L’invagination, la cause la plus commune de l’occlusion intestinale aiguë se trouve donc éliminée pour des raisons anatomiques de l’occlusion aiguë du duodénum.
Pour les mêmes raisons, nous ne pouvons songer ici aux flexions, aux torsions, aux nœuds de l’intestin, phénomènes qui sont spéciaux à l'intestin grêle et au gros intestin.
Nous avons donc jusqu'ici écarté toutes les causes ordinaires de l’occlusion aIgUË ; nous allons maintenant aborder celles qui seules nous paraissent susceptibles d'amener une occlusion aiguë du duodénum. :
Ces causes, au nombre de deux, nous les retrouvons nettement dans quatre observations, et dans plusieurs expériences sur le cadavre, nous avons démontré leur existence réelle. |
Dans une observation personnelle, nous avons constaté que le duodénum était poussé en avant par
un épanchement sanguin rétro-péritonéal. Les vais-
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seaux mésentériques supérieurs qui passent en avant de la portion horizontale du duodénum se trouvaient tendus par cela même et comprimaient assez fortement l'intestin pour qu’on l'ait trouvéen amont distendu, en aval complètement vide et affaissé.
L’épanchement se formant d’une façon soudaine, il est évident que nous avions là des accidents d’occlusion aiguë, et toute tumeur se formant au même endroit et évoluant d'une façon rapide nous donnera les mêmes phénomènes.
L’'hémorrhagie sous-péritonéale sera donc due le plus souvent àuntraumatisme. Dans notreobservation,
nous relevons dans l’interrogatoire de la malade et de :
son entourage des témoignages plus ou moins douteux de coups reçus sur le ventre. L’hémorrhagie peut aussi être amenée par la rupture du sac anévrysmal d’un vaisseau de cette région.
Le liquide collecté pourrait être du pus, venu d’un mal de Pott ou d’origine infectieuse quelconque.
Mais que le liquide soit sanguin ou purulent, la force qui soulèvera le duodénum en arrière ne sera que la cause indirecte de l’occlusion. La cause directe sera le faisceau formé par les vaisseaux mésentéri-
ques supérieurs, qui empêche le duodénum d'aller.
plus avant et le coude brusquement sur lui-même. Nous retrouvons cette action bien nettement caractérisée dans 3 observations de Kundrat, où nous voyons le mésentère comprimer à lui seul le duodénum. Dans
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ces trois cas, le mésentère était anormalement tendu comme,une corde en avant du duodénum et d’après l’auteur, cette tension exagérée était amenée par le prolapsus de la masse intestinale résultant de l’affaiblissement musculaire de la paroi abdominale antérieure. Dans ces trois cas, nous remarquons des accidents suraigus d’occlusion duodénale.
En résumé, d’après nous, l’agent unique de l’occlusion aiguë du duodénum, c’est la tension anormale et exagérée des vaisseaux mésentériques supérieurs en avant du duodénum, que cette tension soit amenée par un épanchement rétro-péritonéal ou par le prolapsus intestinal.
Avant de décrire nos recherches expérimentales, nous croyons nécessaire de rappeler rapidement l’anatomie de la région qui nous occupe, d’après les descriptions très complètes de M. Poirier.