HISTORIQUE
La littérature médicale compte de nombreux et remarquables travaux sur la péritonite tuberculeuse ; mais Jusqu à l’heureuse erreur de Spencer Wells cette affection appartient plus au domaine de la médecine qu'à celui de la chirurgie. Dès lors, la maladie entre dans une phase nouvelle et la question de l’intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse devient à l’ordre du jour. Les discussions furent vives entre les partisans de l’abstention et ceux de l'intervention, si l’on en croit les différentes publications françaises et étrangères. Actuellement pourtant la question semble jugée et personne ne songe à contester les bons résultats qu'a obtenus la chirurgie dans cette affection. Spencer Wells, Kœnig, Küïmmell, Maurange, etc., et spécialement à Lyon, Audry, Pic, Poncet, Jaboulay ont largement contribué à lancer la chirurgie dans cette voie heureuse, Mais on a beaucoup discuté les indications de l'intervention. On a réservé certaines formes au traitement médical; certaines complications surtout forcent la main au chirurgien, exigent un traitement rapide. Une de ces
ART Er
complications, des plus graves, et relativement fréquente, est l'occlusion intestinale. Cependant on n’en trouve encore que fort peu de cas dans la science. Lejars, dans une revue générale de la Gazelte des Hôpitaux, en 1891, n’en trouve que cinq cas, dont une observation intéressante de Kümmell en 1888. Avant lui, Ch. Audry, dans un mémoire de 1887, signale l'occlusion intestinale comme une des indications pressantes de la laparotomie dans la péritonite tuberculeuse.
Pic (thèse de Lyon 1891) s'exprime ainsi: « Si la perforation intestinale accompagnée de symptômes aigus est exceptionnelle, l’occlusion intestinale avec son cortège symptomatique habituel n’est pas rare dans la péritonite tuberculeuse. Le cours des matières peut être gèné, c’est la constipation habituelle. Il peut être totalement arrêté, c’est l’occlusion aiguë. Il indique la laparotomie comme seul remède et anus artificiel comme pis aller. »
Aldibert, en 1892, fait de la péritonite tuberculeuse une étude bibliographique très complète et ne trouve que treize cas d’occlusion.
Colle publie en 1896 dans le Bulletin Médical, un cas remarquable de péritonite tuberculeuse où les symptômes d’occlusion avaient éclaté dès le début de la péritonite et étaient dus à un volvulus. La même année il inspire la thèse de Christiaens, premier travail d’ensemble qui ait paru sur la question.
En 1897, dans la Presse Médicale, Lejars étudie les pseudo-occlusions par paralysie.
Audion publie dans la Gazette Hebdomadaire (1898)