‹ De L'Occlusion Membraneleuse De La TrachéeChapitre 12 sur 26 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous avons dit au chapitre précédent que Ta symptomatologie de l'occlusion membraneuse n'était pas suffisante pour assurer le diagnostic de cette affection.

Elle permettra néanmoins, étant donné un malade présentant … les phénomènes dont nous avons parlé dans ce chapitre, d’ar-

river, par élimination des affections présentant des phénomènes analogues, à pouvoir localiser Paffection et mettre sur la voie du diagnostic.

C'est ainsi qu'une tumeur de voisinage, apparénte ou cachée, telle que le cancer de l’œsophage, la tuméfaction des ganglions du cou ou du médiastin, un goitre comprimant la trachée, bien qu'ayant la dyspnée comme caractère commun avec l’occlusion membraneuse, se distinguera de la dyspnée produite dans cete dernière affection par ce fait qu'elle ne présentera pas, comme elle, cette particularité de se faire sentir aux deux

temps de la respiration et de supprimer presque la pause res-

piratoire. De plus, dans le goitre et la tuméfaction des ganglions du cou, la possibilité de voir les tumeurs permettra d’exclure l’occlusion membraneuse chez ceux qui seront porteurs de ces tumeurs. fs

Si la trachée est comprimée par un cancer de l'œsophage ou par des ganglions tuméfiés du médiastin, il y aura de la dou-

leur et presque toujours de la dysphagie, phénomènes qui

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font défaut dans l’occlusion membraneuse de la trachée.

Si la dyspnée est produite par un anévrysme de l'aorte, outre la douleur qui en aura souvent précédé la production, d’autres symptômes, tels que la flaccidité d’une corde vocale et, par suite, les altérations de la voie et son bitonisme, permettront souvent de la distinguer de celle produite dans l’occlusion

. membrancuse, surtout si, comme cela se rencontre fréquemment dans l’anévrysme, la dyspnée présente des intermittences.

Le spasme glottique, lui aussi, se caractérise par les intermittences de la dyspnée et se distinguera par ce signe de l’ocelusion membraneuse.

Quant aux symptômes fournis par les corps étrangers de la trachée, ils sont très variables. Ils peuvent être nuls au début etne se manifester qu'à l'occasion d'un mouvement du corps étranger. Le premier et le plus fréquent de ces symptômes est une crise de toux et de douleur subites, avec suffocation et spasmes du larynx.

Ces symptômes sont trop différents de ceux de l’occlusion membraneuse pour pouvoir être confondus. Dans cette dernière, en effet, le phénomène douleur fait toujours défaut et la dyspnée s'établit d’une manière progressive. Si, à ces différences, on ajoute les comm émoratits qui peuvent souvent être connus dans les cas de corps étranger, la distinction entre les deux affecüons sera facile à établir.

Les laryngites inflammatoires, les infiltrations séreuses ou séro-purulentes de la muqueuse laryngée, qui ne sont bien souvent qu'une complication des affections générales, tuberculose, syphilis, outre leur développement rapide, présentent des symptômes douloureux qui ne se trouvent pas dans l’occlusion membraneuse.

Les rétrécissements proprement dits ne sont jamais primiüfs. Ils peuvent venir à la suite de traumatismes, de brûlures,

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de plaies": ils peuvent encore être la conséquence des progrès d’une affection laryngée, tels que les polypes et les tumeurs de toute nature. Ils sont enfin le plus souvent consécutifs à la cicatrisation vicieuse de gommes syphilitiques de la trachée. Ge sont eux, dont la symptomatologie ne différant pas de celle de l’ocelusion membraneuse, qui demandent lexamen objectif pour être distingués de cette dernière affection.

Examen objectif. — L'examen objectif permet seul de faire un diagnostic précis, surtout quand il s'agit de différencier des phénomènes produits par des tumeurs cachées ou par des rétrécissements du tube trachéal.

Aussi nous étendrons-nous quelque peu sur les différentes méthodes mises en pratique pour cetexamen.

IL pourra êlre plus aisé si Pinterrogatoire et les symptômes subjectifs ont mis sur la voie.

. Cet examen n’a été rendu possible et relativement facile que depuis une date assez récente.

Il y avait déjà longtemps que les esprits inventifs cherchaient à plonger leurs regards dans le larynx intact de l’homme vivant (le premier, dit-on, fut Levret en 1743); mais une difficullé anatomique s’y opposait, la voie qui mène de l'ouverture buccale aux cordes vocales étant recourbée en angle. C’est cette brisure inévitable du trajet des rayons visuels qui devait amener, il y a quelque trente ou quarante ans,

Garcia, Turek et Czermak, à la découverte d’un moyen pratique ‘d'examen par l'emploi d'un instrument destiné à dévier la lumière sur le sommet de cet angle.

L'examen du larynx et de la trachée se fait donc au moyen d'un miroir laryngien qui renvoic à l'observateur l’image des parties examinées en même temps qu'il dévie sur ces parties un faisceau de lumière destinée à les éclairer. Ce faisceau peut être emprunté à une source lumineuse quelconque et être reçu

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directement par le miroir laryngien, examen à la lumière directe, ou n'y arriver qu'après avoir déjà été réfléchi sur un autre miroir convenablement disposé, examen à la lumière réfléchie.

Ajoutons que depuis sa création la technique laryngoscopique a été délivrée d’un grand embarras par la cocaïne, sans toutefois avoir eu son principe modifié par elle.

Nous voyons que, dans les cas rapportés par les auteurs, il a toujours été possible, par ce moyen, de formuler une opinion, ce qui semble démontrer que l'examen est, dans la généralité des cas, possible à pratiquer.

Cet examen sera surtout rendu plus commode par cette circonstance que les cordes vocales sont souvent tendues au maximum et que la fente glottique devient une véritable ouver- Lure par où pénètre un faisceau de lumière qui permet d’éclairer le conduit trachéal. |

Pour bien explorer les détails de l’ocelusion membraneuse, on peut complèter l'examen laryngoscopique habituel par celui indiqué par Killian.

La méthode d'exploration donnée par cet auteur consiste à se mettre à genoux devant le malade et à l’examiner pendant qu'il a la Lête baissée et le menton sur la poitrine. On voit : ainsi toute l'étendue de la trachée.

Des tentatives fréquentes doivent être faites, et 1l faut beaucoup de patience et renouveler souvent les essais pour arriver à se faire une opinion certaine.

On pourrait encore s'adresser à la méthode de Kirstein et qui, parait-il, permet sur bien des sujets l’examen direct du larynx et de la trachée sans avoir recours au miroir laryngoscopique. Ù

Kirstein, qui appelle sa méthode «autoscopie des voies aériennes » et que nous dénommérions de préférence « orthoscopie », la définit: « l'examen en ligne droite par l'ouverture

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buccale des parties profondes du pharyox, de l'intérieur du

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