RENAN TER
male, des replis ary-épiglottiques et des aryténoïdes à pen près normaux. Dans le vestibule laryngien existent quelques mucosités sèches. Les cordes vocales se rapprochent parfaitement dans la phonation; mais dans les mouvements respiratoires, elles s’écartent au maximum, au point d’être en partie cachées sous les bandes ventriculaires. On aperçoit alors, dans leur intervalle, une sorte de diaphragme horizontalement percé, en son centre, d'un orifice circulaire absolument régulier et du : calibre d'une plume d’oie. Sa couleur est blanc grisâtre ; il est recouvert de mucosités sèches, noirâtres, semblables à celles qui ont été observées dans les premières voies nasales et pharyngiennes.
l'ait particulier. — Les cordes vocales dans les deux temps respiratoires, inspiration et expiration, sont absolument immobiles, toujours dilatées au maximum; elles n’ont pas ce balancement automatique dû à la fonction respiratoire. Il semble que Île centre cortical-moteur soit intervenu pour favoriser autant l'expiration que l'inspiration eu maintenant la glotte ouverte au maximum, d’une façon permanente. Cette disposi tion de l’oritice gloltique facilite un examen prolongé : il n’est : toutefois pas possible de voir autre chose que ce qui a été indiqué ; la barrière fibreuse empêche de plonger plus profondément dans l'intérieur de la trachée.
Examen au stylet. — Les porte-ouate ordinaires ne permettent pas d'arriver sur la membrane fibreuse, plane et non en entonnoir, L'examen doit être pratiqué avec an stylet fabriqué exprès et coudé plus profondément que les porte-ouate, Il semble à l'exploration, avec cet instrument, que l'obstacle doive siéger à une distance de trois centimètres au-dessous de la glotte; distance d'ailleurs difficile à apprécier exactement à l'œil, en raison du raccourci des i images laryngoscopiques.
Intervention. — Deux moyens s offraient à l'intervention: {° Ja discision, soit avec le bistouri, soit avec le galvano ; 2° la
dilatation: C'est à ce dernier que le D' Molinié a donné la préférence. Il pouvait employer soit les tubes du D° O'Dwyer, soit les tubes de Schroetter. ï
Première séance.— Elle est faite en présence de M. le doc-
teur Dufour. Tous les instruments nécessaires à la trachéotomie ont été préparés er prévision d’une asphyxie possible. Le premier tube du D'O’Dwyer est essayé. Il ne peut être introduit dans l'ouverture du diaphragme fibreux ; il vient constamment butter dans l'angle formé par la jonetion du bord périphérique de la membrane fibreuse, avec la paroi antérieure de la trachée. 1
Les tubes dilatateurs du larvnx de Schrœætter sont alors employés ; le numéro 4 est introduit et supporté pendant cinq minutes. à ;
Le 15 avril, deuxième séance : la forme des tubes à été modifiée par l'agrandissement de leur courbe, Le calibre supérieur au numéro 4 est introduit ef mis en place, mais, malgré sa présence dans le larynx, la respiration se fait d’une ‘manicre incomplète. C'est alors que le tube étant placé, le malade, assis sur une chaise, le tronc et la tête renversés en arrière, en faisant des efforts, pousse le tube et, après une résistance assez considérable, lui fait franchir un-second rétrécissement, dont l’existence n'était pas soupçonnée. Dès ce moment, la respiration par le tube est large, l'air pénètre librement dans les poumons. Le tube est gardé en place 35 minutes.
Les 19, 20, 22, 95 et 30 avril, séances sans incident.
On passe successivement les numéros 7,8, 9, du tube de Schrætter qui sont assez bien supportés. L'introduction des tubes se fait toujours en deux temps ; le docteur Molinié intro duit le tube dans le larynx, fait franchir le premier obstacle, puis, après un temps d'arrêt, c'est le malade lui-même qui,
ne
en‘tâtonnant et en poussant le tube, fait franchir le deuxième
obstacle qui doit siéger au niveau du quatrième anneau de la. trachée. |
L'amélioration est très considérable, les troubles respiratoires disparaissent, l’état général s'améliore.
Il doit être signalé après chaque séance une aggravation des symplômes pendant le jour suivant, aggravation due à une obstruction de l’ouverture de la membrane fibreuse par un exsudat où par un peu de réaction inflammatoire, peut être aussi à la morüficalion de quelque lambeau du diaphragme fibreux venant se placer au-devant de son orifice. En effet, en passant la sonde dilatatrice à la séance suivante, on retire, adhérant au tube, une substance semi-gélalineuse filanté qui paraît formée d’exsudats plastiques ou de tissus mortifiés. Cette substance amène après son extraction un soulagement considérable.
On arrive à passer le tube numéro 9 de Schrætter, qui correspond à à centunètres de circonférence. La dilatation a été brusque ‘et a même amené un peu de réaction inflammatoire pendant quelques jours consécutifs.
Le 13 juillet, dernière séance.
Le maïade est revu le 22 septembre, il est resté sans traitement après la chute des phénomènes inflammatoires, il s’est. produit une amélioration notable. Le malade à pu jouir d’une facon complète de ses vacances et assure avoirrespiré comme cela ne lui était plus arrivé depuis 15 ans.
L'examen laryngoscopique montre une fente glottique normale, et un orifice trachéal volumineux, il reste seulement un repli semi-cireulaire adhérent à la portion antérieure. Il est’ impossible d’apercevoir le rétrécissement inférieur.
Depuis, le malade se présente tous les trois mois au docteur Molinié ; sa guérison se maintient, il ne cesse de se féliciter du résultat obtenu qui surpasse son attente, Dernièrement il à fait l'ascension de la colline de N.-D. de la Garde, sans
éprouvér la moindre gène, sans s'arrêter et en marchant plus vite que tous les autres frères. - ;
[l continue à passer de loin en loin le tube numéro T7 de Schrœtter qui passe sans effort ; il n'y a pas de récidive, à l'heure actuelle. Deux ans après l'intervention, les nouvelles
du cher Frère sont excellentes ; il n’y a pas eu de récidive.