CHAPITRE I ÉTIOLOGIE
Si nous analysons, au point de vue de l'étiologie, les obser- vations de Cas d’occlusion membraneuse de la trachée, nous voyons que, en ce qui concerne l’âge, sauf l'observation de Rosemberg, dans laquelle le sujet n'avait que 42 ans, les malades avaient : 40 ans dans le cas du docteur Molonié, 28 ans. et40 ans dans ceux de Masséi, 31 ans dans celui de Gleistmann, 84 ans dans celui de Frank Donolson. Les malades sont done compris entre les âges extrêmes de 28 et 40 ans. Dans les cas observés par M. Castex, il s’agit de deux jeunes femmes.
Nous pouvons en conclure que ho membraneuse de la trachée est une affection de l’âge moyen de la vie. Une remarque à faire cependant : © est qu'aucune observation ayant eu lieu chez des enfants nouveau-nés n'a encore été signalée, et, si ce n’est l'observation de Rosemberg, dans laquelle il fait remonter le début de l’occlusion à la naissance, il semble que cette production membraneuse soit toujours ‘acquise el que l'occlusion congénitale soit tout à fait excep-
| tionnelle. On peut dire toutefois qu'elle n’est pas d’une non-
existence absolue à la naissance, car si son existence n est pas
1324 prouvée au début de la vie, son impossibilité non plus n’est pas
démontrée ét peut-être que, dans certains cas, elle a pu, ainsi
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que nous l'avons déjà dit, entrainer la mort en passant inaperçue.
Si, maintenant, nous considérons l'influence que peut avoir le sexe sur le développement de l’ocelusion membraneuse, nous constatons fout de suite, par le simple examen des observations, qu'il y à quatre hommes et six femmes ayant été trouvés porteurs de la lésion ; nous pouvons donc dire que l’un et l’autre sexe, payant un tribut presque égal à l'affection, le sexe n’agit nullement dans sa production.
Les antécédents des malades pourront-ils nous fournir quelques indications précises et faire découvrir les causes de cette affection ? |
Nous trouvons chez le malade de M. le docteur Molinié une enfance chétive, une fièvre typhoïde à 16 ans et des douleurs de gorge à 18 ans, une constitution un peu délicate, et c'est tout jusqu’à l’âge de 38 ans, époque à laquelle il présente quelques troubles dyspnéiques.
Dans la première observation de Masséi (n° Il), nous voyons que la malade à eu, dans sa première année de mariage, à 17 ans, une grossesse qui s’est terminée à quatre mois par avortement ; qu’elle a eu, l’année suivante, une nouvelle grossesse arrivée à terme ; que, dans ses dix ans de mariage, elle a eu neuf grossesses, dont trois se sont terminées par fausses couches ; que, de plus, elle acéuse une éruption cutanée apparue plusieurs années auparavant et dont il ne reste aucune trace. Elle n'a pas eu de maux de gorge: pas de chute de cheveux ni de douleurs dans les membres ; toutefois, les ganglions cervicaux latéraux sont un peu engorgés.
Tout cela peut faire fortement soupçonner une syphilis.
Dans la deuxième observation de Masséi (Observation HD), nous ne trouvons chez la malade qu'un violent mal de gorge quatorze ans avant qu'elle se présente pour faire soigner son occlusion membraneuse, et, pendant tout le laps de temps sépa-
“rant D époque de son mal de gorge du moment où elle vient faire soigner $on occlusion, une dyspnée légère.
Dans son autre observation, Masséi nous signale une affeclion fébrile de nalure inconnue, mais qui parait avoir précédé de peu de temps la formation de la membrane constituant l'oc- clusion, puisque, à la suite de l'affection fébrile, une gêne | respiratoire marquée et progressive se fit sentir. Gleistmann nous fait connaitre qu'on avait constaté chez sa
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malade, un an avant qu'elle vint se faire soigner pour son occlusion, des signes non douteux de syphilis. | Dans son observation, Rosemberg, nous l’avons-déjà dit, . considère le diaphragme double dont était porteur son jeune malade comme ayant une origine congénitale.
Quant à l'observation de Frank Donalson, la formation des bandes ventriculaires membraneuses existantes était, dit-il}, consécutive à une inflammation diphtérique. À Des deux cas de M. Castex, l'un s’est produit chez une convalescente d’un érysipèle de la face, l'autre chez une tuberculeuse en état de grossesse.
Nous avons done, dans les neuf observations où il ait été possible de trouver des renseignements sur les antécédents des malades, un cas de syphilis certaine, un cas de syphilis probable; mais les sept autres cas ne présentent pas, dans les maladies, dans les affections antécédentes ou encore dans les prédispositions personnelles des malades, de lien pouvant faire rattacher la production de l’ocelusion membraneuse de la tra- chée à une cause déterminée et commune.
Remarquons que la syphilis n’a pas un rôle bien marqué dans la production de l’occlusion membraneuse, contrairement à ce qu’on pourrait être tenté de penser de prime abord. Nous verrons, en étudiant la pathogénie de l'affection, ce qui nous porte, en outre de la nan-observation de la maladie spécifique dans les cas précédents, à rejeter la prépondérance
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de la syphilis dans la production de l’occlusion membraneuse.
En ce qui concerne les professions des malades et le milieu dans lequel ils vivaient, nous n'avons de renseignements précis que dans l'observation n° 1. Le malade du docteur Molinié était instituteur et passait une partie de ses journées dans une école. Il vivait, pendant ces heures, au milieu de nombreux enfants et dans une atmosphère relativement confinée, etil était obligé de parler beaucoup.
Nous n’attacherons pas , toutefois, une importance bien grande à l’usage peut-être exagéré de la parole dans la production de l’occlusion membraneuse ; beaucoup d'avocats et d'hommes politiques devraient en être atteints, si l'abus de la parole était une cause de la production de l'affection.