‹ De l'Oedème Aigu Primitif du LarynxChapitre 17 sur 28 · HET · texte numérisé non relu

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humides. Du fait de sa profession, il est exposé aux refroidissements. ; .

Ii boit en moyenne 1 litre 1/2 de vin par jour, quelques apéritifs et des petits verres. S D... n'est pas nerveux : il est d’un caractère égal, tranquille, n’a ni stigmates, ni accidents hystériques. On ne trouve pas chez lui de passé laryngé. Dans

l'enfance, il ne fut pas sujet aux laryngites. Il n’a jamais

éprouvé d’enrouement. Il n’est pas fumeur.

Il y a un mois et demi, D... travaillait dans une cave, dont il remonta plusieurs fois en pleine transpiration. Il éprouva une sensation de refroidissement. Le soir, ik se sentit faligué et abattu. [1 se coucha, transpira beaucoup pendant la nuit, eut de la fièvre.

Le lendemain, la fatigue, l'abattement persistaient. En même temps l'appétit avait disparu. Le surlendemain, il se leva, reprit son travail, mais ressentit encore une faiblesse générale pendant une quinzaine de jours. Dans le courant de la journée, pendant toute cette période, il était pris de frissons. Mais bientôt l'appétit reparut, moindre toutefois

qu'auparavant. En outre, il se fatiguait beaucoup plus vite.

Il ne prenait d’ailleurs aucun médicament’

Début. — C'est au milieu de cet état de santé que débat

l’affection actuelle.

Le lundi 7 octobre 1895, le malade ressentit, en se levant, une sensation de piqûre d’aiguille dans la gorge. La

veille, il n'avait fait aucun excès, ne s'était pas refroidi, et

s'était couché en bonne santé. Il travailla comme d’habitude et déménagea une cave.

A la fin de la journée, il éprouva dans l’arrière-gorge

PR Ta

une douleur assez vive, qui l'empêcha de diner. La nuit, la douleur augmenta, devint lancinante. En même temps apparaissait dé la gène pour respirer. L'insomnie fut complète. Mardi malin, le malade ne put se levér. Ayant de la difficulté à avaler sa salive, il crachait abondamment. Il ne prit 5 aucun aliment solide ou liquide. À 4 ou 5 reprises dans la journée, la dyspnée devint plus vive, et s'accompagna de cyanose, de sueurs et de nausées.

Le mardi soir, le malade entre à l'hôpital.

Examen à l'entrée. — Il existe une dyspnée intense avec tirage. =

Le visage est pâle, défait, la voix éteinte.

Le malade se plaint de sa gène pour respirer qui augmente encore lôrs d'accès de suffocation, et demande qu'on le soulage. 2

La température est de 38°4. Les urines ne contiennent pas d’albumine. Il n'existe pas d’adénopathie cervicale.

Pendant qu'on fait les préparatifs d'une trachéotomie qui parait indiquée, on pratique l'examen de l’arrière-gorge et du larynx. ;

Le pharynx, les amygdales palatines et linguale offrent

- . leur aspect normal : ni rougeur ni fausse membrane.

L'épiglotte est ædématiée, considérablement épaissie, d'une couleur rouge vineuse uniforme, au niveau de ses faces et de son bord libre. Elle forme un bourrelet volumineux qui rétrécit l'entrée du vestibule laryngé. Il n'existe pas d'ulcérations, pas de fausses membranes. Les replis aryténo-épiglottiques sont le siège d'une infiltration énorme, de coloration pâle inter-aryténoïdienne.

En présence de ces constatations qui font penser à un

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ædème aigu de la g'otte, on a recours à un traitement médical : application de 6 sangsues sur les parties latérales du larynx, tout en réservant la trachéotomie en cas de nécessi'é Re TRÉTE +

+ Le 9 octobre. L'état du malade s'est amélioré depuis hier soir. Le tirage est moins accentué. 3 er:

Le malade ne peut encore avaler sa salive, et Re abondamment : il a rempli son crachoir d' une expectoration mousseuse et blanchâtre. La voie reste éteinte. Les parties latérales du larynx sont douloureuses à la pression.Il n'existe pas d RE Pas d'albumine dans les urines. Ia tem- re pérature est à 37* =

Un nouvel examen Re R ei donne > résultats Suivants : > CE |

L'épigtotte conserve sa coloration rouge, nr est moins œdématiée. Les replis aryténs-épig rlottiques sont infiltrés et: recouverts d'un léger enduit puitacé. On voit lejeu des cordes vocales inféficures qui s’accomplit normalement. h persiste toujours une tuméfction polypiforme dans l'espace inter-arrténoïdien. ë À | :

Le pharrux nest le siège d'aucune tuméfactin ni rouseur. à ra

On fit une nouvelle application de 6 6 Sangsues en | plus

des précédentes. Des sinapismes sont apposés aux molletss TES

Un haïa de pied sinapisé est donné vers le soir. u Le 10. Ea voix est moins voilée, me forte, un peu rauque. ù La pression au niveau ce Fangle du maxiilaire inférieur si do 2loure 1se de chagne c°té. La déglutition s'accompagne douleur arriculaire. Les crachats sont moins abondants,

de 0e

La température a été de 37°6 hier soir. Elle est normale ce matin.

La dyspnée est moins vive. Tout danger immédiat parait écarté.

Le 11. L'état est meilleur. Le malade à dormi la nuit dernière.

Il n'existe plus de tirage. La voix reste un peu rauque.

L'épiglotte est beaucoup moins rouge, moins infiltréc. Elle n’est le siège d'aucune ulcération. Le sommet des deux cartilages aryténoïdes est rouge. Sur le gauche et sur le repli aryténo-épiglottique du même côté existent en des points localisés un enduit jaunâtre, peu épais. Les cordes vocales inférieures sont de coloration rouge. Elles se rejoignent bien.

Le 14. L'amélioration est allée progressivement.

Le malade a pu avaler hier deux œufs sans éprouver de douleur vive. Cependant les mouvements de déglatition s'accompagnent encore de sensibilité à la région hyoïdienne. La pression provoque un point douloureux au niveau du bord inférieur du cartilage thyroïde. L’expectoration 3 beaucoup diminué. La température est normale.

L'état local s'est modifié notablement. Il existe encore du boursouflement et un certain degré d'œdème du sommet des aryténoïdes. Toute la muqueuse du vestibule est rouge ; les cordes vocales inférieures sont rouges, épaissies, vascularisées. Enduit blanchätre à la face interne du repli aryténoépiglottique gauche. On ne constate plus de saillie de la muqueuse dans l’espace inter-aryténoïdien.

Le 15. La température est normale. Le malade a mang hier du poulet sans difficulté ; cependant la déglutition

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s'accompagne encore d’une sensation un peu pénible. On compte 26respirations à la minute.D... expectore des crachats blanchâtres spumeux. L’auscultation de la poitrine pratiquée avec soin ne révèle rien d’anormal, non plus que la percussion. La voix reste enrouée, rauque. L'urine ne contient pas d’albumine.

: Le 17. Le crachoir du malade est vide ce matin. La déglutition a repris toute sa liberté. La pression de la région cervicale n’est plus douloureuse. La voix reste un peu rauque. La température est normale. Le malade se trouve bien.

Le 18. Il demande à quitter l'hôpital.

Un examen laryngoscopique est de nouveau pratiqué :

On constate encore un œdème assez marqué des sommets des aryténoïdes. L'œdème est pâle, et s'accompagne de boursoufiure et d'infiltration à la partie voisine des replis. Le reste du larynx est rouge. Les cordes vocales ne viennent pas tout à fait au contact. L'épiglotte est normale.

On recommande au malade de ne pas se refroidir, et de revenir en cas d'alerte à l'hôpital.

Il est revu le 27 octobre.

L'enrouement persiste. Très légère infiltration des cartilages arylénoïdes. Replis normaux. Parésié des cordes vocales inférieures et de l’ary-aryténoïdien. La muqueuse laryngée est normale, ainsi que la trachée.

L'état général est bon, l'appétit normal. Le malade a repris ses occupations.

Le 16 novembre. Le malade dit ne plus rien « sentir dans sa gorge », depuis une quinzaine de jours. I n’est plus enroué, la voix est peut-être un peu moins claire qu'avant.

Cependant il n'existe ni toux, ni picotements laryngés. Aucun trouble subjectif. L'examen laryngoscopique montre un larynx absolument normal, sans la moindre tuméfaction. Région inter-ary ténoïdienne libre ; cordes vocales inférieures rosées; leur jeu est régulier et normal. Il persiste cependant une très légère parésie, Rien dans la trachée. Etat général bon, |

OBSERVATION II (Personnelle)

Œdème aigu primitif du larynx.

Le 4‘décembre 1895, X..., ébéniste, ègé de 30 ans, vient à la consultation de FPhôpital Saint-Antoine pour de lenrouement et de la gène de la respiration. Il est adressé dans le service du D° Tapret, où nous avons eu l’occasion de Fexaminer.

Le malade raconte que,la veille au soir, étant bien portant, il a ressenti une cuisson au niveau de la gorge avec œène pour avaler sa salive : il avait la sensation de corps étranger. Ce sentiment pénible a persisté toute la nuit, a augmenté le matin, et c’est dans ces conditions que le malade se présente à l’hôpital. Il présente en effet des signes de dyspnée, mais le facies n’est pas cyanosé, il n’y a pas le moindre tirage; on voit seulement chez lui une gène respiratoire et un manque d'amplitude des mouvements respira-

{toires. E

L'examen de la gorge ne révèle rien de particulier, les amygdales ne sont pas grosses, la paroi pharyngienne n’est

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pas rouge ; le malade se laisse examiner très facilement, il n'a aucun réflexe, Le miroir laryngien montre tbe rougeur et une infiltration considérable de tout le bord libre de Pépiglotte, n'obstruant cependant pas le vestibule laryngé, et permet de voir le jeu des cordes vocales qui est normal. Il n'existe pas d’ulcérations, pas de fausses membranes à la surface de l’épiglotte. Nous remarquons que cet œdème se continue dans les réplis aryténo-épiglottiques qui sont épaissis, gonflés, roses pâles. Il n'existe rien d’'anormal dans le nez. |

Tous les organes paraissent sains.

I n’y à pas d’albumine dans Purine.

Comme trouble fonctionnel, le malade accuse surtout une dysphagie marquée pour la déglutition de Ja salive, des liquides et des aliments; il se plaint de picotements et d’une douleur siégeant au niveau des parties latérales du larynx et de la partie antérieure. En outre, depuis la veille au soir, il est un peu enroué; la voie s’est voilée tout à coup.

En présence de ce début brusque, de cette marche rapide de linfiltration laryngée et de l’absence de tout état pathologique antérieur (le malade n’est ni alcoolique, ni albuminurique ; il n’a jamais eu de maladie infectieuse ; il n'a pris aucun médicament depuis longtemps), nous pensons avoir affaire à une localisation primitive de l’æœdème du larynx : il n'existe rien dans les régions de voisinage, gorge, nez, qui puisse faire supposer une propagation quelconque, il n’a jamais eu de laryngite.

On prescrit au malade, qui ne veut pas rester à l’hôpital, malgré le danger qu'on lui fait prévoir si l’on ne peut

le surveiller : un gargarisme émollient à l’eau de guimauve,

Re l ne MST CPE

= l'application de sinapismes au-devant du cou, et dans l'intervalle, de serviettes chaudes, deux bains de pied sinapisés’ par jour, et des inhalations avec une solution dé résorcine à 1 pour 100; repos au lit.

. Le lendemain, 5 décembre, les signes fonctionnels

53 persistent ; le malade n'a pris que des alinents liquides dont

la déglutition a été plus facile que la veille; l’enrouement

continue ; la douleur est peut-être un peu moins aiguë.

Ps Mais du côté du larynx, on note une amélioration notable : EE la rougeur de l'épiglotte est moindre, l'&dème des replis ‘+ moins accusé, les cordes vocales sont très rouges, la région

inter-aryténoïdienne est intacte.

-.. Continuation du traitement,

| Le 6 décembre. — Etat stationnaire. L/éfai local est 2 identique. L'état gènéral qui n'a jamais été mauvais se - maintient; peu de fièvre. langue épaisse, saburrale, embarras gastrique, constipation, On donne 1n purgatif.

Le 8 décembre, — Très grande amélioration, Le malade souffre beaucoup moins; la déglutilion est possible. Au laryngoscope, on voit que l'œdéme a considérablement diminué, Le malade ne tousse pas. L'auscultation pulmonaire ne révéle rien de particulier.

Nous revoyons le malade le 12 décembre seulement, I peut manger des aliments solides ; tout picotement, tout chatouillement laryogés ont di-y: ru, Il ne persiste aucune sensation pénible. Dans le laryux, l'épiglotte est presque normale, mais un péu rouge. L'œdéme des replis à disparu, Le malade est considéré comme presque guéri,

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