MONSIEUR LE PROFESSEUR POTAIN À
Médecin de la Charité
Membre de l’Académie de médecine et de l’Académie des Sciences
Officier de la Légion d'honneur
La vieille conception de l’œdème de la glotte, tel que le déerivaiènt les anciens auteurs, a élé complètement modifiée par les travaux récents. La dénomination moderne d'æœdème du larynx indique que le processus morbide ne se limite pas aux seules cordes vocales. On sait de plus que la lésion est le plus souvent secondaire à une altération antérieure de l'organe vocal : tuberculose, syphilis, tumeur, ete. Dans ce travail nous n’aurons en vue que la forme idiopathique de l’œdème aigu du laryux.
L’æœdème du larynx existe en tant qu'affection aiguë et primitive ; 1l y a à cet égard des faits bien établis et desobservations très nettes. Cette laryngite ædémateuse est très rarement primitive, selon Krishaber et Peter, Morell-Mackensie, Semon, Solis-Cohen,etc. Certains auteurs en ont même formellement nié l’existence. D’autres, au contraire, la croient fréquente, et, chose curieuse, ces observations se rapportent à une période où la laryngoscopie n’existait pas ; dans certains cas même lPautopsie n'a pas été
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faite(casde VanSvieten,de Cruveilhier, etc.)En somme ces ædèmesaigus primitifs sont rares. Sestier, le premier, en a donné une bonne description clinique : Goix, en 1882, et Charazac, en 1885, en ont réuni quelques observations typiques. Les faits rapportés récemment offrentsurtout de l'intérêt, en ce qu'ils visent àélucider la question sidiscutéede la pathogénie. Rappelons les cas publiés par Garel {de Lyon), par Masséi (de Naples) qui fait intervenir l’érysipèle dans l’étiologie de certains œdèmes par Moure, Barjon; les recherches bactériologiques de Sokolowski, Josserand, Dorange, Barjon.
Les divergences des auteurs apparaissent quand il s’agit d'interpréter ce que l’on entend par œdème aigu primitif.
Les uns comprennent sous cette dénomination l'infiltration séreuse des tissus du larynx: ils se refusent absolument à ranger dans cette catégorie l'œdème purulent, l’abcès laryngé à proprement parler qu'ils considèrent comme un ph'ezmon diffus ou circonscrit (Avellis) (1).
D'autres auteurs admetient comme œdèmes aigus primitifs : 1° L’œdème aigu infectieux septique, malin, et l'æœ ‘ème aigu non infectieux, bénin ; 2 des œdèmes toxiques provoqués par l'absorption de certains médicaments, et, en particulier, de l'ivdure ce potassium ; 3° des œJlèmes névropathiques.
1) Avellis. — Wiener med. Wochenschrift,n° 16, 48, 1892,