‹ De l'Oedème Aigu Primitif du LarynxChapitre 5 sur 28 · SERIES · texte numérisé non relu

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Nous pensons que l’æœdème glottique déterminé par l'iodure de potassium ne constitue pas un œdème primitif ; il estsecondaire et provoqué par l'ingestion du médicament. D'autre part l'ædème angioneurotique semble bien exister, quoique extrêmement rare, mais nous croyons que sous ce nom on a rangé des œdèmes autrefois dits à frigore, et qui sont plutôt de nature infectieuse. Il n'est pas discutrble toutefois qu'il y ait un œdème aigu du larynx, névropathique, angioneurotique, résultant d'une réaction nerveuse, d une poussée vaso-dilatatrice etindépendant de tout phénomène infectieux. Ces cas curieux, signalés par Strubing, sont à rapprocher des œdèmes aigus suffocantsde la luette observés par M. Ballet. C'est surtout chez certains indivilus névropathes que ces poussées ædémateuses peuvent se produire, soit sous l’influence d’un refroidissement, soit même sans cause directement appréciable.

Nous réservons donc la dénomination d'æœdèmes aigus primitifs du larynx : 1° à ces œdèmes angioneurotiques dont nous venons de parler, 2° aux œdèemes infectieux. C'est de ces derniers surtout qu'il sera question au cours de ce travail.

Ceux-ci peuvent se diviser en deux catégories distinctes,suivant qu'on y observe ou non de la suppuration : a) l’œdème avec suppuration qui correspond aux cas décrits sous les noms de laryngite phlegmoneuse, abcès retro-laryngés, abcès de larynx ; b) l'œ-

dème séreux répond à ce qu'on a décrit sous le nom d’érysipèle primitif du larynx (Massei), d'œdème aigu infectieux bénin (Garel). Ces deux formes différent d'une manière considérable au point de vue du pronostie, la mort étant la règle quand il y a suppuration, la guérison, au contraire, étant fréquente dans la forme séreuse.

Etiologie. — Pathogénie

On connaït encore très-peu, aujourd'hui, les causes occasionnelles des œdèmes primitifs du larynx.

Tout d’abord, en ce qui a trait aux œdèmes angioneurotiques, on ne peut incriminer ni processus inflammatoire, ni obstacle à la circulation dans les veines laryngiennes, ni introduction d'éléments infectieux, Ces œdèmes doivent-ils leur origine exclusivement à une névrose des nerfs vaso-moteurs des vaisseaux laryngiens? Quelle est leur nature et sous l'influence de quelles causes se produisent-ils ? Le problème n'a pas été résolu, et ‘les explications physiologiques et pathologiques n’en sont pas données. S'agit-il d’une paralysie des vaso-constricteurs ou d’une excitation des vaso-dilatateurs? Peut-être serait-ce cette dernière qui produit de l’hypérémie d’abord, des transsudations séreuses ensuite.

Pour ce qui est des œdèmes infectieux, bénins ou graves, On 4 fait intervenir diverses causes, banales pour la plupart.

Beaucoup d’auteurs invoquent l'influence du froid. Tous les traités citent le cas remarquable rapporté par Trousseau. Il se trouvait à l'hôpital Necker,

Ps A0

quand on vint le prévenir qu’on apportait à cet élablissement un individu qui se mourait dans d’épouvantables accès de suffocation. C'était un homme de 35 ans, très vigoureux, qu'on avait ramassé sur le boulevard des Invalides. Sa respiration, extrêmement gènée, faisait entendre dans les mouvements d'inspiration ‘un sifflement laryngé, l'expiration était moins difficile. Le doigt porté profondément dans la gorge permit de constaler une tuméfaciion notable de l'éplyglotte et des replis aryténo-épiglottiques. Le inalade, après de copieuses libations, avait passé la nuit, qui était très froide, en plein air; le matin il s'était réveillé avec un vioient mal de gorge, et en une heure où deux il en élait arrivé à cet état Dans de nombreuses observations on retrouve ce facteur étiologique. Nous pensons qu’on peut faire quelques objections à cette donnée : dans bien des cas-l’examen laryngoscopsique n'a pas été fait; le malade a été trachéotomisé, il a guéri ou il a succombé, et

dans ce dernier cas la relation anatomo-patholo-

gique manque parfois; on n’a pas toujours songé à faire l'examen des urines; de plus, dans quelques observations il y avait une amygdalite ou une pharyngile, et alors l'œdème laryngé était secondaire. Il arrive cependant qu'on se soit mis à l'abri de ces sources d'erreurs, et on arrive,en dernier terme d'analyse, à ne trouver que le froid seul comme cause provocaltrice de l’œdème aigu primitif. Mais

nous savons que celle notion à frigore ne cadre plus guère avec la rigueur de l'esprit scientifique actuel. Ce qu'on peut admettre cependant, c’est que le froid (ou telle autre cause banale), réduisant le pouvoir de résistance de la muqueuse laryngée, rend possible en ce milieu la culture de l’un des nombreux microbes pathogènes, streptocoques, staphylocoques, pueumocoques, hôtes habituels des cavités buccales et nasales. *

On sait quelle est la fréquence des petites lésions catarrhales chroniques de larrière-gorge; elles constituent un terrain favorable au développement d'une inflammation suraigüe, Que la muqueuse laryngée offre une légère érosion, une petite ulcération d'un follicule clos, voilà immédiatement une porte d'entrée pour les nombreux microbes que l'homme sain cultive dans ses voies aériennes supé-

rieures.

On a signalé comme autre cause occasionnelle le traumatisme {injection d’une substance caustique ou d’un liquide bouillant, corps étrangers du larynx), une fatigue considérable de l'organe vocal, résultat de l'action de la parole et du chant.

Il semble bien démontré actuellement que ces accidents laryngés relèvent d'une infection microbienne, et l'hypothèse de cette origine infectieuse admise par quelques auteurs a été vérifiée par les recherches cliniques et bactériologiques de Garel (de Lyon), de Masssei (de Naples), de Barjon, etc.

C'est surtout le streptocoque et le pneumocoque qui ont été l’objet de recherches bactériologiques. Israël et Frankel ont trouvé le streptocoque,mais dans des cas qui différent un peu cliniquement. Massei, dans les œdèmes qu’il décrit sous le nom d’érysipèle primitif du larynx, pense que le principal rôle appartient à ce microbe, mais ses recherches expérimentales sontinsuffisantes. Tassano a confirmé par l'étude bactériologique, l'existence de l'érysipèle primitif du larynx. Il cite deux observations dans lesquelles il fit l'autopsie et trouva dans le larynx en grande quantité

le streptocoque décrit par Fehleisen comme le microbe propre de l’érysipèle.

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