INTRODUCTION
Depuis quelques années, il existe une tendance caractéristique à la pénétration réciproque de la médecine générale et des spécialités. Cette entente scientifique entre le médecin général et le spécialiste existait depuis longtemps déjà, mais n'était pas admise par tous. L'oculiste, par exemple, avait beau chercher à intéresser le médecin non spécialisé, à certaines questions d'ophtalmologie générale, à se renseigner auprès de ui sur certaines affections oculaires causées par une manifestation morbide générale, il n’était pas toujours regardé avec bienveillance, on ne tenait pas compte de ses renseignements, on considérait ses questions comme oiseuses et d’un intérêt secondaire.
Cependant, de bonne heure, la neurologie a, plus que toutes les autres branches de la médecine, entretenu des rapports étroits avec l’ophtalmologie ; c'était là une absolue nécessité, puisque la rétine n'est, en réalité, qu'un centre nerveux avancé, relié au cerveau par une commissure, le nerf optique. Dans les affections des nerfs sensitifs et moteurs de l'œil, aussi bien que dans celles du nerf sensoriel, le symptôme périphérique (diplopie, paralysie motrice, hémianopsie) précède souvent la recherche de la localisation cérébrale ; l’ophtalmologiste guide le diagnostic du neurologue. Mais, en revanche, on ne peut étudier à fond une hémianopsie, sans rechercher les lésions siégeant au niveau des bandelettes optiques ou du pôle occipital; le neurologue guide, à son tour, l’oculiste. Cette collabo-
ration presque permanente a permis, à certains auteurs,