PREMIÈRE CATÉGORIE
Le sujet n'y voit jamais que très-confusément de près.
— Presbytie ou presbyopie. — Table empirique, en dioptries , des verres correspondant aux différents âges.
— Les verres convexes appropriés au déficit de l'accommodation peuvent-ils nuire au presbyte ? — Cas dans lesquels le verre convexe peut être trop fort. — Causes du préjugé régnant à l'endroit des lunettes. — Presbytie prématurée. — Paralysie de l'accommodation.
§ 35. Le sujet n'y voit jamais que très-confusément de près. — L'accommodation lui l'ait absolument défaut pour les distances du travail ordinaire : cette force est donc perdue chez lui, soit par le fait des années, soit par le fait de la maladie; dans le premier cas, il y a presbytie simple ou presbytie prématurée ; dans le second cas, on est en présence d'une paralysie plus ou moins complète de l'accommodation.
§ 36. Presbyopie ou presbytie. (Voyez les §§ 28-30.) — Le presbyte se présente généralement sous l'aspect suivant : un homme a constamment joui d'une excellente vue à distance; sous ce rapport, ses facultés n'ont encore que peu souffert. Mais il touche à quarante-cinq ou cinquante ans, et commence à éprouver une certaine difficulté à
lire de petits caractères, à voir les détails d'une gravure, d'une miniature, le soir particulièrement. Ouvrant un livre imprimé un peu lin, un premier mouvement instinctif le porte à le rapprocher de ses yeux ; mais ce mouvement est immédiatement suivi du mouvement contraire ; il rejette la tête en arrière, éloigne le livre, puis le porte avec empressement à la fenêtre ou près de la lampe, cherchant instinctivement une lumière plus vive. On voit parfois le sujet, placer entre son livre et ses yeux, la lampe ou la bougie dont il s'éclaire (Portertield). L'effet demandé est obtenu; la vive lumière a changé l'état des choses ; le sujet recouvre la perception nette qu'il cherchait ; non pas, comme on pourrait le croire, par le fait de l'augmentation d'une lumière insuffisante! non. A. cet âge, l'acuité de la vision n'est pas physiologiquement assez amoindrie pour requérir un tel supplément d'éclairage. Le bénéfice éprouvé est dû à l'action réflexe de la lumière sur l'ouverture pupillaire dont la contraction subite diminue les cercles de diffusion qui accentuaient auparavant l'inexactitude du foyer visuel. On peut s'en assurer aisément en faisant l'épreuve du trou d'épingle, dont le double effet est d'amoindrir à la fois les cercles de diffusion et la lumière elle-même. Bientôt ces caractères, se prononçant davantage, portent le sujet à chercher d'autres secours dans l'em-
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ploi des lunettes : il essaye celles des personnes âgées de son intimité.
L'effet satisfaisant qu'il éprouve du secours de faibles verres convexes le rassure bientôt sur la condition de ses yeux ; et le diagnostic est ainsi le plus souvent porté avec justesse par le malade lui-même ou par le premier opticien venu.
Tout le traitement, dans les cas simples , est contenu dans cette même détermination du verre qui devra suppléera l'absence de l'accommodation nécessaire. Cette détermination sera raisonnée ou empirique, exécutée par le médecin-oculiste ou par l'opticien, au moyen de la table suivante, si le cas est tout à fait régulier.
Voici, d'après Donders, pour un œil par faitement régulier (emmétrope), les numéros en dioptries (système métrique) ou les longueurs focales exprimées en pouces (ancienne numération), des verres qui conviennent en moyenne aux différents âges :
Age. Dioptries Longueurs Distance
métriques. focales en moyenne de la
pouces, vision avec ce verre.
48 ans de 0.50 à 0.75 60 à 48 )
50 — 1 36 ! oK