De l'opéra en France
XjE saccès éclatant que les Noces de Figaro ont obtenu clans toute l'Europe musicale, nous dispense de faire ici l'éloge de cet opéra; son immense réputation parle pour lui. Tout le monde sait par cœur cette musique délicieuse : on l'admire dans les -alons; c'est au théâtre qu'il faut l'entendre pour ne rien perdre de ses charmes. La comédie de Beaumarchais est encore plus connue en France : la seule chose qui puisse inspirer quel<[ue défiance , c'est le travail du traducteur. 11 croit avoir détruit la prévention qui existe contre les traductions d'opéras, par la préface imprimée en tête du poëme des Noces de Figaro qu'il vient de publier; il est d'ailleurs fort aisé de joindre ses couplets aux mélodies de Mozart
Comme cet opéra a moins de personnages que la comédie
de Beaumarchais, toutes les troupes qui jouent Joconde peuvent le monter parfaitement : la distribution de ces deux pièces est à-peu -près la même. Toujours mélodieuse, pleine de franchise et de vérité dramatique, la musique des Noces de Figaro guide le chanteur le moins es.ercé , et ne i résente aucun de ces passages scabreux , de ces marches d'une harmonie serrée, q le l'on rencontre dans les Mystères d'Isis, du même auteur. Nous ne cra gnons pas d'affirmer que le Petit Chaperon Rouge, Une Folie même , sont d'une exécution plus difficile que les Noces de Figaro.
Le texte de Mozart a été reproduit avec la plus grande fidélité.
Pour que cet opéra pût être ex(fcuté parfaitement sur nos théâtres , il était indispensable que le rôle d'Almaviva , écrit pour la basse , fût mis à la portée du ténor. Nos basses tailles ne sont point faites au genre noble. Ce changement n'a pas porté le désordre dans la partition ; tout est demeuré à sa place ; un seul air a été transposé. Dans les morceaux d'ensemble , le traducteur a pu faire un échange de parties entre le Comte et Basile ; et, dans le reste de la musique, le chant n'étant pas dans lestons graves, il u'a eu qu'à substituer la clef de ténor à celle de basse. On sait d'ai leurs que M. Garcia, premier ténoi", a chanté ce rôle avec beaucoup de succès.
La langue italienne est plus favorable au chant que la nôtre, mais il faut convenir que les traits brillans, malins, ou pleins de gaîlé de Beaumarchais, qui viennent révéler tout l'esprit de la musique de Mozart; le jeu des acteurs, rendant la vie à des scènes charmantes, que les Italiens ne sont point eu état de jouer; la marche rapide de la pièce, qui n'est plus eniravée par la psalmodie (hi récitatif, offrent de grandes compensations à des auditeurs français.
r>es raisons, lout-à-fait étrangères au mérite des A'oces de Figaro, ont retarde jusqu'à ce jour leur mise eu scèue au
Théâtre Royal de l'Opéra-Comique (i). Le succès qu'elles ont oblenu sur divers théâtres de province les a fixées au répertoire, dont elles font le plus bel ornement. Le traducteur ne pouvant satisfaire à tou es les demandes qui lui ont été adressées par MM. les directeurs de spectacle, et Toulant d'ailleurs épargner au plus grand nombre d'entre eus. les frais considérables que plusieurs n'ont pas craint de faire poiu* se procurer une copie complète de cet opéra , cette souscription a été ouverte.
Le prix de la partition des IVoces de Figaro, en deux volumes in-fol. , formant un ensemble de 5oo pag. environ,
sera, pour les souscripteurs , de 25 fr.
Parties d'orchestre 25
Ilôles de chant, avec la basse et la partie concertante eu partition, format de guitare 20
70 fr.
Lors de la clôture de la souscription , le prix de ces trois objets réunis sera porté à 220 fr., sauf les remises d'usage,
(1) Pour repondre à l'article du Journal des Spectacles , du 11 avril 1820 , nous donnerons Ix distribution que 1 un a faite de cette pièce, lors de sa réception à Feydeau, en 181 5.
Le Comte. MM. liuel.
Figaro. Martin.
Bartholo. Çkenard.
Basile. Moreau.
Antonio. Juilltt.
La Comtesse. M"^" liegnault-hemonmer.
SusANNE. Boulanger.
Chérubin. Gavauclan.
Marceline. Desbrosses»
Fanchette.
pour faire concorder ce prix avec ceux des ouvrages de même nature qui sont dans le commerce.
Oa peut souscrire séparément pour chacun de ces trois objets. Il n'est pas inutile de faire observer aux amateurs, q'ie les rôles de chant faciliteront beaucoup l'exécution des m Tcea'ix d'ensemble, quaud ou voudra les faire entendre dans les salons.
On souscrit, à Paris, chez JAISET et COTELLE, marchanda de musique, rue Saint-Houoré , n° i25.
On peut souscrire aussi , à la même adres -e et aux mêmes condil.ons, pour !a partition, les parties d'orchestre, et les rôles de Don Juan, de Mozakt, arrangé en opéra comique fraiiçais par M. CASUL-BLAZE.
On est prié d'affranchir les lettres et l'argent, qui peut être versé en souscrivant, ou lors de la remise des exemplaires , selon la volonté des souscripteurs.
A. ÉGllON, IMPRIMEUR
1>E S. A. K. MONSEIGNEUR DUC d'aNGOULïME, rue des Noyers, n» 0"].