‹ De l'opéra en France (volume 2)Chapitre 20 sur 36 · LA GUITARE · texte numérisé non relu

LA GUITARE

La guitare n'est point à dédaigner : une cavatine , un nocturne, une romance, un duettino,

DES INSTRUMENS. SSg

seront accompagnés convenablement par cet instrument : ses sons voilés et d'un diapason grave (i), donnent des masses d'harmonie trèsfavorables à la voix qu'ils soutiennent, sans la «ouvrir. Le rasgado (2) du boléro plaît infiniment. Il faut avoir une grande connaissance des renversemens, pour faire marcher les accords avec une certaine régularité sur la guitare, et éviter les bizarres écarts que l'on rencontre trop souvent dans la musique qui lui est destinée. Cet instrument diffère des autres , en ce qu'il fournit beaucoup de son dans l'acconq^agnemcnt , et qu'il est presque réduit au silence , si on le fait chanter. En voici la raison : sa force consiste dans les vibrations multipliées de plusieurs cordes pincées tour-à-tour ou simultanément ; dès que l'on est obligé de laisser les arpèges pour J'unisson, et de passer des basses assez sonores à l'octave aiguë, qui n'est composée que de tons obtenus sur une corde trop raccourcie et qui ne vibre plus, le chant faible et languissant, privé du secours de l'harmonie , n'est plus qu'un pizzicato maigre, sec et dépourvu de toute espèce de charme. Nous conseillerons aux guitaristes

^i) Ils sonnent l'octave basse des notes qui les représentent.

(2) Prélude qui se.vécutc eu attaquant toutes les cordes de la guitare successivement avec le pouce , en suivant la mesure et le rhytliine du boléro. ( Fig. -ix.)

^o DES TjSSTRIJMEISS.

de consacrer leurs talens à raccompagnemetit » et de réserver, pour l«s exercices de l'étude, de prétendues sonates, dans lesquelles on trouve des chants , des traits, des trilles, des coulés, des gammes, des cadences, des points d'orgue, <{ui n'existent réellement que sur le papier, et que l'on écoute avec les oreilles de la foi, san» acquérir la certitude de les avoir entendus.

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