‹ De l'opéra en France (volume 2)Chapitre 30 sur 36 · LES TIMBALES · texte numérisé non relu

LES TIMBALES

Deux bassins sphériques en cuivre sur lesquels on adapte des peaux fortement tendues, au moyen d'un cercle de fer et de divers écrous, forment l'instrument que nous nommons timbales. En frappant successivement sur l'une et l'autre de ces peaux, avec des baguettes, on obtient deux sons très distincts ; leur différence provient de l'inégalité des bassins. En serrant plus ou moins les écrous du cercle de fer , on parvient à changer le ton des timbales et à les accorder de manière qu'elles portent la tonique et la quarte au-dessous ; quelquefois cependant, on est forcé de prendre la quinte supérieure, ce qui revient au même.

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Les symphonies, les ouvertures, les chœurs, les finales , ne sauraient se passer de timbales. Les compositeurs célèbres en ont toujours placé dans leurs airs nobles, grandioses ou brillans. Faut-il^ sans murmurer ^ des Noces de Figaro, le bel air de ténor de la Création^ en fournissent des exemples, et Ton sait que cet instrument est, pour ainsi dire , obligé dans les polonaises. Les coups de timbales détachés sur le premier ou le second temps de la mesure , l'accompagnement qu'elle fournit à une fanfare , ses roulemens attaqués avec toutes les nuances du crescendo, sont d'un effet magique.

Parmi les instrumens dont le son est appréciable et soumis à l'accord , la timbale est le plus borné. Ce défaut , qui provient de son organisation , la réduit trop souvent au silence. L'orchestre se réunit sur un tutti bruyant , il ne déploie pas d'abord toute sa puissance, mais il arrive peu à peu aux derniers degrés du fortissimo. Eh bien ! la timbale qui s'est fait entendre dans les premières mesures où l'on pouvait se passer d'elle , ne saurait apporter son précieux secours quand il s'agit de frapper les grands coups. On en peut faire la remarque dans toutes les symphonies. Le commencement d'un tutti étant ordinairement disposé pour recevoir la tonique et la dominante, la moindre niodulalion, les repos

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Snr la deuxième ou la septième note du ton , si c'est en majeur ou en mineur, ont vite fait exclure la timbale , qui n'a plus de note à fournir dans l'accord. Cette gradation décroissante est d'autant plus vicieuse , qu'elle contrarie , d'une manière très-apparente , l'effet des autres instrumens qui marchent en sens inverse. J'aimerais beaucoup mieux que le compositeur, prévoyant qu'elle va s'arrêter au bon moment, s'abstînt de la faire parler et la réservât ainsi pour les passages qu'elle peut accompagner d'un bout à l'autre. Quand même il ne dût la produire qu'après les premiers développemens du tutti, un tel renfort, quoique tardif, n'en sera pas moins utile , et donnera cette augmentation de force et d'intérêt qui doit se rencontrer au dénouement d'une composition brillante et régulière.

S'il est démontré que les movens d'exécution de cet instrument sont insufHsans , pourquoi ne chercherait- on pas à les augmenter dans une progression immense , et à établir ses rapports avec toute sorte de modulations, en lui donnant une note de plus? On l'obtiendrait en plaçant un troisième bassin vis-à-vis du timbalier, et un peu en avant, de manière à marquer le sommet d'un triangle , dont les deux autres formeraient la base. Sans changer rien au système d'accord de ceux-ci, je proposerais de déterrainerla liuu-

velle note de la manière suivante , savoir : la deuxième du ton pour le mode majeur, et la septième pour le mode mineur. Par exemple , dans le ton di'ut majeur, je tiens déjà ut et sol ^ je prends encore ré; en ut mineur, j'ajoute le si bémol. Il est inutile de faire le détail des nombreuses combinaisons de cette note avec les deux que l'on possède déjà. On aperçoit, au premier coup d'œil, le champ vaste qu'elle ouvre au compositeur. La timbale , avec cette nouvelle ressource , fait face de tous côtés. Dans les passages sur la dominante, et même dans le relatif, les trois notes peuvent parler tour-à-tour et suivre la marche de la basse. Je ne pense pas que celte innovation si avantageuse apporte la moindre gêne au jeu de l'exécutant , lequel se trouverait placé au centre du triangle.

A Dieu ne plaise que l'on me soupçonne de vouloir engager nos musiciens à multiplier les traits de timbales ! Tout en leur offrant plus de notes à employer, je leur conseille au contraire de ne s'en servir qu'avec une sobriété qui tienne de l'avarice. Prodiguer mal à propos cet instrument, c'est renoncer d'avance aux sensations qu'il peut faire éprouver.

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Les cimbales, les tambours, le triatsgle,

LES clochettes, LE SISTRE, LE BEFFROI.

Les cimbales, les tambours, le triangle, les clochettes , le sistre , produisent un son vaguo qui n'est point sujet aux lois de l'intonation. Ces instrumens sont placés convenablement dans les marches militaires , les airs de danse d'un caractère fier ou sauvage, quelques chœurs, et tout ce qui doit avoir la couleur asiatique. Leurs frappemens rhythmiques , leurs vibrations argentines , marquent les temps forts de la mesure et donnent l'éclat le plus brillant à certaines compositions.

Le beffroi , ou tamtam , est , dans sa forme , une espèce de tambour de basque , tout entier d'un métal composé, qui a une vibration extraordinaire quand on le frappe avec un marteau.

Le beffroi s'emploie avec succès dans les marches lugubres et funèbres , dans les chœurs qui expriment des passions exaspérées , et dont l'effet doit être terrible , tel que celui qui termine le second acte de la T^esiale.

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