‹ De l'opéra en France (volume 2)Chapitre 36 sur 36 · Violon · texte numérisé non relu

Violon

Violes.

2^ Dessus.

Con traite.

Ténor.

Sariton.

Basse.

Violoncelles.

Contre-basses.

Celle disposition me paraît la plus favorable pour le maître de musique et Faccompagnaleur. Le quatuor de violons, fondement de Torchestre, embrasse étroitement les parties vocales , et présente au bas de la page ,dans le lieu le plus rapproché de l'œil , les objets du plus grand intérêt Les parties de flûte, dont les notes s'élèvent toujours au-dessus des lignes, ne sauraient être mieux placées qu'en tête de la partition. Les autres instrumens à vent lui succèdent dans l'ordre de leurs diapasons, les timbales et les autres instrumens de percussion qui viennent les réunir aux violons sont précisément ceux dont les parties , peu chargées et souvent vides , laissent un intervalle qui sépare en quelque sorte le groupe des instrumens à cordes de celui des instrumens à vent.

Les éditeurs de musique, voulant mettre tous

les ouvrages de chant à la portée des amateurs

peu exercés , notent sur la clef de sol les parties

de contralte, de lenor, de bariton , et même

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celles de basse. Dans un duo, un trio d'opéra, les noms des interlocuteurs , la nature de leurs discours , indiqueront si telle ou telle partie doit être exécutée par un homme ou par une femme. Ces distinctions ne se rencontrent pas dans la musique sacrée , les nocturnes , les madrigaux , et toutes les pièces dont les paroles ont une pariaite uniformité. On marque bien en tête de chaque m^orceau que la première partie est destinée au dessus , la seconde au contralte , la troisième au ténor, la quatrième au bariton ou à la basse. Mais l'amateur sans expérience ne fait point attention à cela, il voit partout la clef de sol^ il distribue par conséquent le chant à trois , à quatre voix égales. Il fait plus , trompé par la disposition des traits du ténor qui semblent s'élever au-dessus de tout, il n'hésite pas à donner cette partie à une dame , en disant que le graveur est un maladroit d'avoir interverti l'ordre des parties : car il est évident que celle qui tient les hautes régions de la mélodie est la première. Le voilà renversant l'édifice des nocturnes d'Asioli et de Blangini , changeant les tierces en sixtes et les quintes en quartes , sans se douter que ce ténor , dont on a transposé la partie en l'écrivant sur une clef qui n'est pas la sienne , donne l'octave basse des sons représentés par les notes , et que l'harmonie , irrégulière pour

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l'œil, (puisque le second paraît y dominer le premier ) se trouve en son lieu dès qu'une voix d'homme , exécutant les chants du ténor, vient les placer à leur véritable rang et les soumettre à ceux du dessus. Ce qui paraît une sixte à l'aigu n'est réellement qu'une tierce au grave. {Fig. 3o.) Je ne condamne point cette transposition , je désirerais seulement, qu'une fois pour toutes, les amateurs voulussent bien se persuader que la gravité des sons peut seule amener l'ordre et la régularité dans les compositions , à l'exécution desquelles les voix de ténor et de basse doivent concourir. On de^Tait cependant conserver la cleT de fa au bariton et à la basse. Les airs d'Œdipe , d'Atar, de Danaûs , d'Olkar, notés sur la clef de sol^ ont un aspect déplaisant. Si cette transposition favorise le manœuvre, je n'assurerais pas qu'elle n'ait jamais contrarié un excellent lecteur.

On est convenu encore de se servir de la clef de sol pour la guitare et certains traits de violoncelle. Comme pour la voix d'homme l'oreille entend l'octave basse du passage noté.

Grétry propose de réduire à deux les sept clefs de la musique. Le nombre des clefs est égal à celui des notes , qui , par son imparité , fait rencontrer sur la ligne la note qui se trouve entre les lignes à son octave. Par ce moyen, on dit ut

sur toutes les lignes et dans tous les entrelignes; ce qui est indispensable pour la transposition.

Les sept clefs représentent encore avec exactitude les diapasons des sept voix, et donnent la faculté de renfermer dans les lignes les chants qui sont destinés à chacune d'elles ( Fig. 3i. ). Depuis que l'on écrit la partie de bariton sur la clef de basse , presque toutes les notes en sont rejetées au-dessus des lignes ; ce qui augmente le travail du copiste , et fatigue le lecteur.

Les personnes qui se livrent à la culture de la voix ou des instrumens peuvent se borner à la connaissance de deux clefs et même d'une seule: le système proposé par Grétry ne leur serait ainsi d'aucune utilité.

Quant au chef d'orchestre et aux pianistes accompagnateurs, qui doivent posséder également les sept clefs , nous avons déjà démontre que leur réduction ne servirait qu'à leur créer de nouvelles difficultés. D'ailleurs , avant d'être en état de conduire vm orchestre ou de rassembler sous ses doigts les brillantes périodes , les accords harmonieux des Mozart et des Cherubini, on a déjà appris à lire, et la connaissance des clefs s'acquiert insensiblement par la pratique , sans qu'on en fasse l'objet d'une étude particulière.

Les hommes célèbres se plaisent quelquefois

à avancer certaines propositions dont ils sentent toute la vanité, la fausseté même, et qu'ils seraient les premiers à combattre , si tout autre avait osé les mettre en avant. Mais il faut avoir une opinion différente de celle des autres; et Grétry n'est pas le seul qui ait eu la manie des paradoxes.

Je ne devrais point m' arrêter à ceux de J. - J. Rousseau ; il est trop aisé de les réfuter : s'ils n'ont jamais été d'aucun poids pour les gens instruits , ils jouissent cependant d'une certaine considération dans les salons. On rencontre parfois de prétendus savans qui , ne se doutant pas que l'éloquent auteur du Dictionnaire de Musique fut un bien pauvre musicien , débitent avec une. bonhomie risible , une part des erreurs que ce livre renferme. Croira-t-on que le projet concernant de nouveaux signes pour la musique, trouve encore des partisans ?

Sans prendre la peine de combattre un système aussi absurde qu'extravagant , je leur dirai que l'exécution de la musique demande tant de prestesse et de soudaineté , qu'il faut nécessairement parler à l'œil et non à l'esprit, en traçant sur le papier des figures dont l'élévation ou l'abaissement soient en rapport direct et matériel avec la mélodie. S'il fallait, à chaque signe, faire un calcul pour connaître si le chillre 2, qui représente le ré^ est une ronde, une blanche, une noire,

«ne croche , une double croche , une triple croche, etc.; et si ce ré appartient à la seconde ou à la cinquième octave, il n'y a pas de raison pour que le presto le plus rapide ne se changeât en un largo lourd et traînant.

Pour ne pas prolonger d'inutiles raisonnemens, j'invite les prôneurs du système de Rousseau à noter avec ses nouveaux caractères , ses chiffres, ses points, ses barres, non pas une partition, ni une sonate de piano, ce qui serait une vraie table isiaque , mais un air de violon ou de Hûte avec quelques petites variations , et à le faire exécuter ensuite , s'ils trouvent quelqu'un qui puisse le déchiffrer.

FIN Dl TOME PREMIER.

ML

Blaze, François Henri Joseph, called Castil-Blaze De l'opéra en France

Music

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