CHAPITRE VIII
Les airs , les duos , ouvrent bien un opéra , (,*t figurent ensuite avec avantage dans les premières scènes de chaque acte. Mais, lorsque les récits de l'exposition ont tout expliqué et que Tintrigue marchant avec rapidité tend à s'embrouiller ; lorsque le nœud de la pièce va se former ou se dénouer , et que tous les ressorts mis en jeu poury parvenir amènent des incidens qui changent les situations, et font refluer vers la fin de l'acte les grands tableaux , les effets produits par l'expression du contentement, de l'ivresse, de la tristesse, de la fureur, du tumulte et du désordre ; lorsque le moindre récit frappe tellement des personnages dont l'agitation est au comble , qu'ils ne puissent l'entendre sans manifester soudain leurs sentimens ; lorsque l'action et les passions occupent tour à tour la scène , et à des intervalles si rapprochés qu'on ne saurait passer subitement du chant au récitatif, ou au dialogue parlé pour revenir ensuite à la mélodie , le compositeur traite toute cette fin d'acte en chant proprement dit , lie les scènes les unes aux autres, et fait une suite non interrompue d'airs, de duos, de trios, de quatuors
de qiiinteUes, de sextuors, de chœurs même, en observant d'écrire en chant vocal tout ce qui exprime les passions , réservant la déclamation mesurée qui s'unit aux traits d'orchestre , et le récitatif pour le dialogue en action , et les récits. Ce morceau de musique, le plus long que la scène lyrique puisse nous offrir, s'appelle finale. C'est Logroscino, compositeur, qui florissait du temps de Pergolèse, qui en est l'inventeur. Paisiello est le premier qui l'ait introduit dans l'Opéra sérieux.
On ne rencontre point de finales dans nos anciens opéras. Ce genre de composition éminemment dramati<jue n'était cependant pas inconnu de nos devanciers, puisque les Italiens et les Allemands leur en fournissaient de trèsbeaux modèles. L'on avait entendu en 1771 celui de la Bonne Fille. Mais finexpérience des acteurs de ce temps empêchait de donner une certaine extension aux morceaux de facture , et nos compositeurs craignaient de s'aventurer dans des eiïets harmoniques que des chanteurs consommés auraient seuls pu rendre.
Philidor, Duni, Monsigny , Grétry terminaient leurs actes par des quatuors , des quintettes , des sextuors. Ces morceaux , composés avec la retenue , j'oserai dire la timidité qui accompagne la naissance d'un art et les promieis pas de
1 artiste, n'ont point la marche progressive, rapide , intriguée, l'éclat, la chaleur, la fougue du finale. Si tous les actes des opéras de Gluck, de Piccini , de Salieri , de Sacchini finissent par des chœurs, des trios, des duos , et même par de simples airs , c'est que les ballets et les divertissemeris suppléaient quelquefois au finale. D'ailleurs on ne peut pas en imaginer de plus beau que le chœur : Poursuivons jusqu au trépas , à.'Arndde^ et celui du second acte à Orphée ^ qui, de la manière dont il est coupé par les soles et par le vif intérêt qu'il inspire , pourrait être considéré comme un véritable finale.
La nouvelle école, suivant les glorieux exemples que lui donnaient les Mozart et les Cimarosa, introduisit le finale sur nos deux théâtres lyriques , et nos compositeurs ont excellé dans ce genre brillant et passionné , qui présente tant de moyens pour produire de grands effets.
Vite , vite , avant qu'il vienne. JPs Don Juan.
Déjà la table est préparée.
Sortez donc , petit malheureux. Des Noces de Figaro.
O rencontre inattendue !
La fierté du comte , ma belle. Du Mariage secret.
Suis-moi, l'instant est favorable.
Lequel de vous prétend me l'enlever ? De la Caverne. ( Lrsueur.)
Venez. — Non, je ne puis. D'Elisa»
O cii>l! di>is-je en croire mes veux ? Des DcUA' Journées.
Allons sau6 tarder davantage.
Fils de Bacchus.
Eh quoi ? je suis Mcdée.
IJélas J qn'allons-nons entreprendre ?
Mes chères sœurs , laissez-moi faire.
Dissipons ce soml>re nuage.
Avancez en silence.
O mon j)ère 1 dans cet instant.
Fuyez devant nous.
Prince , assistez à la fête.
Il ne faut pas que le jour.
Ce sang-froid me désespère.
AIoLseigneur, tout eht prêt.
Est-ce l'instant d'ètie saisie ?
Bon diù , hon diù.
Amis, ne vous effrayez pas.
Les dieux demandent vengeance.
O jour de deuil ! affreux mystère!
Ah ! son aspect me fait horreur.
Quitte pour toujours ces me'chants.
Voilà, seigneur.
On De m'a point trompé.
Don Basile ? ô ciel ! c'est le diable.
Jouissons de ce )our d'allégresse.
Qu'eni,ends-|e? quel audacieux?
O ciel ! quel bruit se fait entendre !
Qui ne soupç'innerait.
Il u'e»t pas temps encoie.
J'ai tout arrangé promptement.
De 3Iédée.
De Lodo'ùka. ( Chérubini.)
D'Euphrosine.
D' Ariodanf.
De Montana et Stéphanie.
Des Bayadères.
De Vallace.
De Jean de Paris.
Du Petit Chaperon Rouge.
De V Auberg,e de Basnères.
D' Une Folie.
De Camille.
De la Vestale.
D'Olimpie.
De Joseph.
De Roméo et Juliette.
Du Barbier de Séuille.
De Montenero.
De Gulistan.
D'Héléna.
De Phrosine et Mélidore.
De l'Intrisue aux Fenêtres.