II
i3o DU CHŒUR.
Philidor , qui avait étudié les ouvrages des maîtres italiens, composa des 'hœurs d'une facture régulière , et dont plusieurs , tels que celui d^Eî'nellnde , Jurons sur ces glaives sanglans , sont encore admirés (i).
Le chant peut être coupé par des solos , des duos , exécutés par les coryphées : il n'y a pourtant Jamais de dialogue suivi ; un grand air est quelquefois accompagné par le chœur. Les imitations, les marches figurées, le rhythme inégal, serré ou syllabique , portent Tagitation , la force et la variété dans les chœurs passionnés ; les invocations , les hymnes se distinguent par une mélodie douce , une harmonie pleine , et quelques traits de contrepoint , qui leur donnent le caractère sévère et solennel des chants d'église.
Sans répéter ici ce que nous avons dit au sujet du chant simultané et sur la manière de disposer les voix et les motifs dans un chœur, nous nous bornerons à signaler les plus beaux morceaux que notre répertoire lyrique nous présente dans une sorte de composition qui, bien loin d'être le chef-d'œuvre d'un commençant (2),
fi) On a place ce cliœur rlans l'oratorio de Saiil.
(2) On devrait concevoir (te grandes espérances d'un commençant qui ferait un chœur lel que ceux d'yïrmide , d'O/p/ue, «\'E~ Usa , de la ( realio/i , du liiquieni de Mozart , et mèint tel que < eux des motels de Lalande, dont la l'acture est toujours adutirable, quoique le style en ait vieilli.
DU CHŒUR. i^i
comme Ta dit fort légèrement Rousseau , exi^e , au contraire , la réunion du plus beau génie à la connaissance profonde de l'harmonie.