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DES AIRS DE DANSE

La musique des ballets étoît jadis restreinte aux cadres uniformes des chaconnes, des passe-pied, des sarabandes, des gigues, des menuets, des gavottes. La danse s'est affrancbie depuis longtemps des entraves que le mauvais goût et la nécessité de reproduire sans cesse les mêmes figures, et de faire exécuter les mêmes pas à des danseurs sans expérience, lui avaient imposées. Cet art a fait d'immenses progrès , depuis lafin du siècle dernier, et quoique sa révolution ait été plus tardive que celle de la musique , les Gardel, les Milon, les Vestris, les Paul Font portée à un point qui semble ne pouvoir être outre-passé. Les solos, les pas de deux, de trois, les chœurs sont d'une perfection rare et d'un effet aussi merveilleux que ravissant. Une danse gracieuse et légère , pleine de noblesse et d'audace et d'une piquante variété, ne pouvoit point s'asservir à certaines mesures, à certains airs adoptés par nos anciens chorégraphes. Gel art a pris son essor, s'est lié plus étroitement avec la musique; et laissant au génie du compositeur touie sa liberté, il n'a pas craint de suivre sa compagne dans les routes les plus difficile»? et dans

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•ses plus grands écarts. Depuis la symphonie jusqu'au conceiLo, depuis le finale jusqu'au vaudeville, toute musique vocale ou instrumentale peut s'unir à la danse.

Les airs de ballet n'étant plus calqués sur un modèle donné, le musicien, avant de meitre ia main à l'œuvre , consulte le chorégraphe qui lui lail part de son dessein et lui demande un pas guerrier, un andanté gracieux , un allégro brillant pour telle ou telle situation , un trois-temps fortement rhythmé, un adagio, une marche pompeuse, un finale rapide , etc., etc..

Comme le drame lyrique est presque toujours suivi d'un ballet d'action, on place peu de danses dans un opéra. Elles se rencontrent ordinairement à la fin du premier acte. Mais ces brillants finales de danses, ces chaconnes jadis si vantées ne sont plus en usage. On aime mieux les réserver pour un spectacle entièrement consacré à cet art.

Nous possédons un nombre infini de beaux airs de danse , et je crois que sur ce point nous avons conservé notre prééminence sur les autres nations. Il seroit impossible de les désigner ici ; nous nous bornerons à citer les pas des Scythes à' Iphigènie en Taurîde de Gluck et celui des Africains de Sèniiramis^ comme des modèles dans le style énergique : ils rappellent la pyrrhîque des

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anciens et valent certainement beaucoup mieux; la gavotte {{''Orphée^ la chaconne, le menuet, la gavotte ^ Arntide , se font remarquer par une grâce charmante, une délicieuse suavité.

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