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DE LA MARCHE

I > A marche est iin morceau de musique instrumentale qui s'exécute pendant les cérémonies civiles , reli^'euses , militaires et funèbres que Ton introduit sur le théâtre ; elle règle les pas des acteurs et même quelquefois leur pantomime.

Une marche annonce bien l'arrivée d'une troupe de soldats : son rhythme fier, son brillant éclat contrastent agTéablement avec la musique consacrée à l'expression des sentimens.

La marche prend divers caractères, selon le temps , le lieu , où se passe l'action dramatique ; elle suit même celui des personnages que l'on amène sur le théâtre. On peut en i'aire l'observation dans l'opéra à\Alint% où l'on entend successivement une marche asiatique et une marche dans le style fi-ançais. Celle de Barbe -Bleue est originale et gothique.

Une troupe de soldats n'est pas toujours précédée par de la musique, surtout lorsque leur nombre est peu considérable. Pourquoi ne sauriez-vous nous montrer le plus petit détachement sans lui donner une svniphonie complète î^ Je rc pondrai à cette objection que, dans les productions des arts, il ne faut pas exiger que tout

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soit exactement justifie. Malheur à celui qui sacrifierait des effels se'duisans afin d'obéir fidèlement aux lois de la froide raison ; pour admettre une chose à la scène, il suffît qu'elle soit présumée possible, el les agrémens qu'elle y produit, les avantages qu'on en retire font pardonner aisément ce qu'elle présente d'irrégulier. A-t-on jamais reproché à Grétry et à Méhul d'avoir fait défiler le Guet sur une marche militaire (i)? c'est pourtant une grande invraisemblance, et tout le monde sait maintenant par expérience qu'une patrouille nocturne ne doit point annoncer sa présence même par le bruit le plus léger.

La marche do Lodoïska de M. Kreutzer et le pas redoublé des Deux Journées sont ce que nous avons de mieux dans le style militaire. Les marches religieuses (ïy^keste et de la Flûte enchantée sont d'admirables chefs-d'œuvres; on distingue encore celle de Saûl, dontDussek est l'auteur. La marche se réunit le plus souvent aux chœurs , et beaucoup de chœurs, tels que ceux de la P"estah\ De lauriers couvrons les chemins. Périsse la J^estale impie, sont dessinés en marche.

(i) Voyez les Deux Avares, et les Aveugles de Tolède.

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