‹ De l'opium des fumeursChapitre 4 sur 10 · ORIGINE, CULTURE, CARACTÈRES DES DIVERS OPIUMS · texte numérisé non relu

ORIGINE, CULTURE, CARACTÈRES DES DIVERS OPIUMS

L'opium qui est fumé en Chine est originaire de l'Inde, de la Chine elle-même et de l'Asie Mineure ; celui fumé en Cochinchine vient de l'Inde. L’opium de l'Asie Mineure est trop connu pour que j'en parle longuement, il a d’ailleurs très peu d'importance par rapport aux deux autres, car son importation en Chine n’est arrivée,en 1879, qu’à 600 caisses environ.

Opium de l'Inde.— Dans l'Inde l’opium est cultivé dans deux régions importantes, celle de Malwa et celle du Bengale. La première et représentée par le district de Malwa et les montagnes de Vindhya; la culture du pavot n’est soumise dans cette région à aucune restriction etle paysan peut faire ce qu'il veut de son opium, mais il ne peut l'exporter qu’en payant un droit de 600 roupies par caisse. La région du Bengale comprend les deux agences de Bénarès et de Patna, le cultivateur peut se livrer en toute liberté à la culture du pavot, mais il est obligé de vendre son opium à l’administration à un prix fixé d'avance. Celle-ci d’ailleurs lui vient en aide et lui fait des avances, soit pour les semailles, soit pour la récolte.

La variété cultivée dans l'Inde est le papaver somniferum album, le docteur Royle prétend que la variété noire est cultivée dans l'Himalaya. Comme en Asie-Mineure, cette culture exige un sol fertile et des soins constants; un arrosage fréquent donne de belles plantes, mais l’opium qu’on en extrait est peu riche en morphine. Dans le Bengale, on sème les pavots au commencement de novembre, après la

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MORE saison des pluies et on incise les capsules en février et en mars; pour obtenir l’opium, le cultivateur fait plusieurs incisions transversales sur les capsules dès qu’elles commencent à jaunir; il pratique cette opération au coucher du soleil et vient le lendemain au point du jour recueillir le suc dans des pots en terre; ce suc ne tarde pas à se séparer en une masse humide, granuleuse, d’une couleur rosée, et en un liquide foncé semblable à une infusion de café,appelé pasewa, La partie liquide est décantée, le résidu est ensuite exposé à l’air à l’abri du soleil et retourné à desintervalles de quelques jours, pour lui faire atteindre le degré de sécheresse nécessaire. Cette opération dure trois ou quatre semaines.

A Malwa, la récolte de l’opium se fait un peu plus tard, en mars ou en avril; le collecteur mouille de temps en temps son couteau et ses doigts avec de l’huile de lin pour prévenir l’adhésion du suc glutineux, puis il plonge la substance dans des pots contenant également de l'huile de lin; à la fin de la journée, il suspend la masse dans des sacs en toile, une partie de l’huile s'écoule, tandis que l’autre partie absorbe del’oxygène, devient plus épaisse etreste mélangée à l’opium ; on malaxe ensuite celui-ci pour lui donner une consistance plus homogène.

Lorsque la drogue est suffisamment sèche,elle est portée à l'administration ; un employé chargé de la recevoir indique à première vue à quelle qualité elle appartient; il enfonce dans la masse une sonde et examine sommairement la fluidité, la couleur, l'odeur. D’après certains auteurs, l’analyse serait pourtant plus sérieuse. Pour que l’opium appartienne à la première qualité, il devra avoir une couleur marron, une odeur aromatique, une consistance épaisse; il sera un peu ductile et il se tirera en aiguilles translucides et rouge-rubis ; la quantité d’eau qu'il renfermera ne devra pas être supérieure à 20 pour cent. Dans les magasins, les opiums

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