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des différents cultivateurs sont mélangés intimément, puis ils sont disposés en pains globuleux que l’on enferme dans des enveloppes faites avec des pétales de pavot unies entre eux par de l’opium de qualité inférieure ou au moyen du liquide appelé paséwa. Ces boules ont un diamètre d’environ 45 centimètres, elles pèsent 1750 gr. et contiennent douze ou treize cents grammes d’opium pur. Elles sont exposées dans des magasins bien aérés, de façon que l’enveloppe se sèche rapidement, puis on les porte au soleil où elles achèventleur dessiccation; lorsqu'elles se distendent sous l'influence des rayons solaires, on les ouvre pour laisser sortir les gaz, on les refait ensuite. En octobre,on les met au nombre de quarante dans des caisses en bois de manguier.
L'opium est vendu à Calcutta par lots de 5 caisses, au plus fort enchérisseur, l'acheteur a le droit immédiatement après l'achat d’un de ces lots, d’en retenir autant qu’il veut au même prix.
L’opium de l’Inde est beauconp moins riche en morphine que l’opium de l'Asie Mineure; il renferme toujours une proportion plus considérable de narcotine que celui-ci, par rapport à la morphine; cette quantité est constante en toute saison, mais elle varie beaucoup avec les différents échantillons. On ne trouve dans la plupart d’entre eux que 2 à 5 pour cent de morphine; mais il n’est pas rare d’en trouver qui en contiennent moins, | pour cent par exemple; des échantillons peu nombreux fournissent jusqu’à 9 et 10 pour cent. La quantité de narcotine varie de 0,5 à 4 pour cent, mais elle peut atteindre facilement 6 et 7 pour cent, et il arrive très souvent qu'elle est supérieure du double à celle de la morphine. L'analyse de plusieurs échantillons d’opium achetés par la régie, en 1882, a donné une moyenne de 2,6 de morphine et 5,5 de narcotine; la
mr boule qui contenait le moins de morphine en avait 1,4 pour cent, celle qui en contenait le plus, 5,5.
Le docteur O’Shaughnessy’s, inspecteur du gouvernement anglais, dit qu’il a trouvé dans l’opium provenant de Behar, une quantité de morphine s’élevant de 1,75 à 5,5 pour cent, et une quantité de narcotine de 0,7 à 5,5 pour cent. Dans l’opium d’Hazarebo, il a trouvé 4,5 de morphine, et 4 pour cent de narcotine; un spécimen du jardin de Patna n’a pas fourni moins de 10 pour cent de morphine, et de 6 pour cent de narcotine. Ce dernier échantillon provenait de pavots qui avaient reçu des soins spéciaux, et qui n'avaient été arrosés que trois fois ; il était exclusivement réservé à l’usage médical.
Opium en Chine. — Les principales provinces de la Chine où l’on cultive le pavot sont celles de Szechuan, de Kweichow, du Yunnan, de Shensiet de Chantung. Cette culture se fait en hiver dans les champs où l’on a récolté des céréales, les Chinois s’y adonnent d'autant plus volontiers, qu’elle rapporte le double d’une récolte de blé, et qu’elle peut ainsi satisfaire leurs intérêts et leur passion. La culture du pavot n’est livrée à aucune restriction, et l’on voit des champs immenses couverts au printemps de fleurs blanches, rouges et pourpres; la récolte se fait de la même façon qu’au Bengale, mais la dessiccation se fait au soleil. L’opium n’entre dans certaines villes qu'après avoir payé des droits énormes, aussi la plus grande partie n’y pénètre que par contrebande et après de nombreuses sophistications. L’opium de Chine a passé longtemps pour inférieur à celui des Indes, et en vérité pendant les premières années, il laissait beaucoup à désirer, mais sa culture à été sans cesse en s’améliorant, et dans ces derniers temps, divers auteurs anglais avouaient que l’opium pur égalait presque celui de Patna et de Béna-
"5 rès, et était supérieur aux meilleures sortes de Malva. Les meilleures qualités sont celles de Shensi et de Yunnan. Tout nous porte à croire que le pavot croîtrait admirablement bien au Tonkin, et nous espérons que le gouvernement n’hésitera pas à encourager cette culture dans un pays qui doit devenir une de nos plus belles colonies.
M. Sheppard à trouvé dans de l’opium de Széchuan 2,2 pour cent de morphine, de Kweichow 2,5, du Yunnan 4,1, de Kansu 5,1. Le docteur Eatwel à retiré d’un opium du Széchuan 2,7 de morphine, d’un opium de Kweichow 4,9. Le docteur Samieson à décrit un échantillon qni était extérieurement d’une coloration bien noirâtre, il était glutineux, sec et cassant dans ses parties extérieures, il perdit par la dessiccation 18 pour cent d’eau, et fournit par l’incinération 7,5 pour cent de cendres; il contenait 5,9 de morphine et 7,5 de narcotine.
PRÉPARATION DU CHANDOO
Avant d’être livré au consommateur, l’opium subit une préparation compliquée, il est transformé en un extrait appelé chandoo par les Chinois. A Saïgon, cette préparation se fait dans un vaste bâtiment appelé bouillerie d’opium, c’est une vaste pièce parfaitement aérée, d’une hauteur de 8 à 10 mètres, dans laquelle sont disposées 2 séries de fourneaux en terre réfractaire; le travail est fait par des chinois dirigés par l’un d’eux, et surveillés par des Européens qui veillent à ce qu'une partie de la substance ne soit pas dérobée.
Les boules sont divisées en deux parties égales, l’opium brut est débarrassé le plus exactement possible de l’enveloppe de pétales qui l'entoure, il est humecté avec une petite quantité d’eau,et laissé en cet état pendant une quinzaine d'heures; il est alors divisé dans des bassines en laiton, peu profondes et de 60 centim. environ de diamètre ; on met dans chacune d’elles environ 5 kilogs d’opium et 5 litres d’eau. Elles sont placées alors sur les fourneaux, chauffées à feu nu, et on fait bouillir en agitant constamment avec de larges spatules, jusqu’à ce que l’on ait une pâte homogène de la consistance d’un extrait mou ; on cesse alors l'agitation et on continue à chauffer jusqu’à dessiccation à peu près complète. Le terme Ide cette première partie de l’opération n’est donné que par l’expérience! il faut, en effet, que l’opium ne soit pas brûlé, et qu'après refroidissement il adhère parfaitement au fond de la bassine. Celle-ci est alors retournée de façon à ce que la chaleur agisse directement sur l’opium,