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De l'or dans le traitement des scrofules

L’Académie nous a chargés, M. Duméril et moi , de lexamen d’un mémoire qui lui a été présenté par M. le docteur A. Legrand , ayant pour titre : De l'Or, dans le traitement des Scrofules .

Le titre et l’objet de ce travail rappellent ceux d’un premier ouvrage plus étendu , qui a déjà été accueilli favorablement par l’Académie, et dans lequel M. Legrand a déjà préconisé For et plusieurs de ses

préparations , comme agents thérapeutiques. Dans ce premier travail, ii s’agissait de ce qu’on peut appeler la Méthode aurifère , dans le traitement des maladies syphilitiques* . Zélé partisan et continuateur des vues de M. Chrestien, de Montpellier, M. Legrand y a rassemblé par centaines des faits qui, s’ils ne démontrent pas la spécificité absolue et l’efficacité constante des préparations d’or contre les divers symptômes de la maladie vénérienne , tendent au moins à établir que, dans beaucoup de cas, la méthode aurifère peut être substituée avec avantage aux autres méthodes de traitement antisyphilitique. M. Legrand n’a pas fait des efforts iuutiles; ses vœux ont été exaucés jusqu’à un certain point; les préventions grandes qu’on avait conçues contre cette méthode ont fait place à une plus juste appréciation cle ses effets , et les préparations dor, si elles n’ont pas fait oublier les préparations mercurielles, ont au moins pris rang, dans l’opinion des praticiens, parmi les neutralisants du vice vénérien.

Ce que M. Legrand avait fait pour les maladies syphilitiques, il l’entreprend pour les maladies scrofuleuses. A bien prendre, ce sont deux parties, seulement distinctes, d’une même tâche qu’il s’est imposée, et qu’il poursuit avec un zèle et une ardeur qui sont dignes d’éloges. Le mémoire dont nous rendons compte n’est lui-même encore qu’une première partie de ses recherches sur les effets théra-

* Un volume in-8”, chez J.-B. Baillière, libraire.

peutiqties de lor dans les scrofules. Touts les faits qu’il renferme, et ce sont les faits qui abondent dans ce travail, plus encore que les considérations générales et les vues théoriques, ont rapport aux scrofu* les des parties molles. On sait que la peau, le tissu cellulaire, certaines parties du système muqueux, et plus encore les ganglions lymphatiques, soit extérieurs, soit intérieurs, sont, en faisant abstraction du système osseux et de ses annexes, les tissus organiques généraux sur lesquels le vice scrofuleux exerce plus particulièrement sa fâcheuse influence; on îe voit, c’est le système lymphatique , au moins dans l’une de ses deux grandes divisions , plus d’autres systèmes d’organes, dans chacun desquels les vaisseaux absorbants ou lymphatiques abondent comme éléments de structure, en meme temps qu’ils y remplissent des fonctions importantes. Si cela ne justifie pas pleinement, cela rend du moins plausible et soutenable jusqu a un certain point l’hypothèse assez généralement répandue, que les scrofules sont une maladie spécialedu système lymphatique, soit qu elles

dérivent d’une altération de la lymphe, soit qu’elles aient pour cause immédiate un état d’atonie, de débilité, de langueur, de relâchement, ou d’affaiblissement vital de ce système organique lui-mème. M. Legrand se propose de présenter plus tard à l’Académie le résultat de son expérience et de ses observations sur le même traitement par les préparations d’or, appliqué aux altérations des os d’origine scrofuleuse.

En attendant queM. Legrand ait achevé son œuvre, et rempli cette dernière partie de la nouvelle tâche qu’il s’est imposée , on peut toujours examiner la première, comme si elle formait un travail complet. Elle en forme un réellement, en ce sens, que celles des affections scrofuleuses auxquelles elle se rapporte, forment, entre toutes les affections de ce genre, une catégorie assez distincte; en ce sens encore, que les résultats auxquels M. Legrand est parvenu, que les succès qu’il a obtenus dans le traitement de ces affections scrofuleuses bornées aux parties molles, sont toujours chose acquise pour la science, quand meme on ne voudrait en rien préjuger de favorable pour le traitement des affections scrofuleuses des os par les memes moyens, c’est-àdire par les préparations d’or.

Rien n’est plus naturel que la pensée qui a présidé aux nouvelles recherches de M. Legrand, et nous concevons très bien comment, après avoir reconnu et constaté, par des faits multipliés, la puissance des agents thérapeutiques dont il s’agit, contre les maux d’origine vénérienne , ce praticien a du songer à l’emploi des mêmes moyens dans le traitement de la maladie scrofuleuse ; maladie dont les symptômes, comme ceux de la maladie vénérienne devenue constitutionnelle, sont d’ailleurs quelquefois si persistants, si rebelles, si opiniâtres. Vraiment, il existe entre les affections syphilitiques et les affections scrofuleuses plus d’analogie qu’il ne le paraît au premier abord. Sans doute elles diffèrent sous le

rapport de l’origine : les premières, c’est-à-dire les maladies vénériennes, peuvent êîre seulement ou accidentelles et nées d’une contagion, ou héréditaires et transmises par la conception : l’affection scrofuleuse est bien héréditaire aussi dans un assez grand nombre de cas; mais il ne paraît pas qu’elle puisse jamais être produite par contagion. Au lieu de cela, elle est souvent innée et simplement innée ; car beaucoup de sujets en apportent le germe en naissant , sans qu’il soit vrai et qu’on puisse dire qu’il leur a été transmis par les parents; et c’est chose trop commune de voir des familles nombreuses dans lesquelles un ou plusieurs enfants sont atteints de scrofules congéniales, les autres ayant en partage, comme leurs parents , une constitution saine et vigoureuse. Elle peut être endémique, c’est-à-dire, très commune dans certains pays, dans certains lieux, et développée là sous l’influence de l’air, des eaux et du sol, influence à laquelle s’adjoint nécessairement le concours de l’hérédité. Elle peut être accidentelle ou acquise, non pas, comme la maladie vénérienne, par l’intervention et sous l’influence d’un principe contagieux, mais par le seul fait do circonstances hygiéniques désavantageuses. Qu’on suppose un enfant né de parents sains , lui-mëme bien fort, bien portant, avec touts les éléments de vie, toutes les apparences d’une bonne constitution, chez lequel tout semble faire présager un heureux développement; qu’au lieu d’être environné de touts les soins dont notre enfance a tant besoin, il re-

eoive d'abord le lait d’une femme ou vieille ou mai

portante, que plus tard il soit nourri d’aliments grossiers et mal préparés, qu'il soit mal vêtu et tenu dans la malpropreté, qu’il soit continuellement soumis sans précautions à toutes les intempéries de l’atmosphère, et qu’il ait pour demeure habituelle des lieux bas, froids et humides : il peut devenir, très probablement même il deviendra scrofuleux. Ainsi le deviennent tant déniants appartenant aux basses classes de la société, alors même que leur constitution n’était pas primitivement contaminée , mais soumis qu’ils ont été à toutes les causes les plus propres à faire naître un état de débilité et d’atonie dans tout l’organisme. Il faut aussi noter, comme trait distinctif entre l’affection scrofuleuse et l’aftection vénérienne, que la première est toujours de prime abord générale ou constitutionnelle, tandis que (n’était le cas de transmission héréditaire, n’étaient encore quelques circonstances bien rares , où la syphilis s’annonce par des phénomènes qui dénotent une viciation générale de l’économie) elle ne devient constutitioimelle qu’après l’apparition de premiers symptômes, effets eux-mêmes d’une contagion immédiate ; elle n’est générale ou consécutive qu’après avoir été primitive et locale. Ajoutons que, dans sa cause, dans ce qui la constitue essentiellement, la syphilis a quelque chose de plus spécifique que l’affection scrofuleuse.

Mais comme la syphiiisdevenue constitutionnelle, es scrofules constituent une maladie essentiellement

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chronique : dans l’affection scrofuleuse , comme dans la syphilis constitutionnelle, et indépendamment de ce qui fait le caractère propre de chacune d’elles, le vice général de l’écononpie est marqué par l’atonie, par un certain degré d’imbécillité physique des organes. Meme affinité de la syphilis et des scrofules pourcertains organes, certains tissus, certaines parties où l’on voit se développer particulièrement les diverses lésions par lesquelles se traduit et s’exprime le vice générai de l’organisation. Il y a d’ailleurs, sinon identité parfaite, entière et complète similitude, du moins analogie des plus grandes entre leurs symptômes respectifs; et bien qu’en général ces symptômes aient pour chacune des deux affections une physionomie qui en décèle l’origine et le caractère, il est certain aussi que, dans beaucoup de cas, ils empruntent la manière d’être des uns des autres, à tel point, qu’avec le plus grand talent d’observation, il peut arriver qu’on prenne une syphilis ancienne et constitutionnelle pour une affection scrofuleuse, et réciproquement une affection de cette dernière sorte pour une maladie vénérienne. Toutes ces circonstances ont servi de base à l’opinion, assez étrange d’ailleurs, professée par quelques médecins, que les scrofules ont pour origine première , pour souche la syphilis ; qu’elles ne sont que cette dernière métamorphosée. Sans consacrer cette hypothèse, on peut admettre qu’il existe certains rapports entre ces deux cachexies, et qu’elles peuvent comporter l’application des memes méthodes de traitement. Et en

effet, l’expérience de chaque jour démontre qu elles sont attaquables, et attaquables avec succès, par les memes moyens thérapeutiques.

Comme touts les autres métaux, I'or a été mis dès long-temps à contribution par la médecine : dès long-temps, il a été compté au nombre des plus puissants modificateurs de l’économie animale; et depuis les Arabes, qui en ont les premiers introduit et recommandé l’usage intérieur, il n’a pas cessé detre considéré comme un des excitants les plus énergiques. Mais il s’en faut qu’il n’y ait qu’une seule et meme manière de voir sur les bons effets qu’on peut retirer d’un médicament aussi actif, sur les circonstances dans lesquelles il convient le mieux de l’employer. En ce qui concerne d’autres métaux et leurs diverses préparations, la science a fait plus de progrès ; du moins s’accorde-t-on plus généralement sur leur mode d’action, et sur le degré de confiance qu’il faut leur accorder. Cela est vrai particulièrement des préparations de fer, de bismuth, d’ARGENT, de znsc , u’arsenic, de mercure, etc. D’où vient que l’opinion est encore flottante et incertaine relativement à l’utilité des préparations d’ or, et que tandis qu’on ne conteste pas leur puissante énergie, leur action stimulante à un haut degré, il y ait encore tant d’esprits prévenus contre leur usage, et qui doutent qu’on puisse en obtenir des effets thérapeutiques à peu près constants et suffisamment calculables? C’est probablement que les expérimentateurs se soûl trop promptement découragés; c’est qu’ils n’ont

pas mis dans leurs essais toute la suite, toute la persévérance nécessaire pour arriver à des résultats qui ne laissent plus le moindre prétexte au doute et àl’incertitude. Peut-être aussi que pour ce qui concerne en particulier les affections scrofuleuses , la vogue extrême dont jouissent depuis quinze ou vingt ans Fiode et ses préparations , dont ne s’accommodent cependant pas, il faut le dire, toutes les constitutions, a détourné des recherches dont la Méthode aurifère aurait pu être l’objet. Toujours est-il que, soit pour contester, soit, au contraire, pour soutenir l’efficacité des préparations ^/’or dans le traitement de certaines affections chroniques, particulièrement dans celui des affections scrofuleuses, on aurait peine à rassembler jusqu’à présent des faits imposants par leur nombre et par leur caractère.

Il existait donc dans la science à cet égard une véritable lacune. M. Legrand s’est efforcé de la remplir, et vos commissaires ne sauraient trop louer les soins qu’il a pris pour réunir en un seul faisceau des observations qui perdaient de leur valeur parce qu’elles étaient trop éparses, trop disséminées, et plus encore le zèle avec lequel il a soumis lui-même un assez grand nombre de sujets atteints de scrofules, au seul traitement par les préparations d’or. Une chose remarquable, et qui semble imprimer à beaucoup de faits consignés dans le travail dont nous rendons compte, un caractère particulier, et surtout les rendre plus décisifs , plus concluants, c’est que, parmi les individus sur lesquels M . Legrand a expér

rimenté, il s'en est trouvé qui, pendant toute la durée du traitement auquel ils étaient soumis, sont restés au milieu des circonstances hygiéniques les plus désavantageuses à cause de leur état habituel d’indigence ; et néanmoins la marche, les progrès de l’affection scrofuleuse dont ils étaient atteints ont été enrayés ; des accidents graves se sont dissipés sous l’empire et par le seul usage des préparations d’or, puisqu’on ne pouvait faire concourir au traitement ni le bon air, ni la bonne nourriture, ni les soins de propreté, aucune enfin des conditions hygiéniques dans lesquelles il est si avantageux de pouvoir placer les sujets atteints de scrofules. De tels faits sont concluants au dernier point, et démontrent au-delà de toute espèce de doute le parti avantageux qu’on peut tirer du traitement par la méthode aurifère dans la maladie scrofuleuse.

Comme pour la maladie vénérienne, I’or peut être administré contre les scrofules de différentes manières et à différents états. En frictions faites à l’extérieur, et comme moyen d’agir plus ou moins directement sur des parties qui sont le siège d’engorgements chroniques , et de travailler à la résolution de ces engorgements dont les ganglions du système lymphatique sont le siège le plus ordinaire, ou biçn encore pour le pansement des ulcères scrofuleux, c’est I’or pur qui convient le mieux. Il doit être mis préalablement à l’état de poudre impalpable : un corps gras, comme l’axonge, sert d’exci-

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pient; on l’y incorpore dans la proportion de î/6oc environ ou de quatre à cinq grains par demi-once. Toutefois cet or divisé , soit par des moyens mécaniques , soit par des procédés chimiques, n’est pas dénué d’action comme modificateur général de l’économie. On peut donc aussi l’administrer comme ses oxides, comme les sels dont il forme la base, pour agir à l’intérieur, soit en pilules ou en pastilles, soit au moyen de frictions faites sur la langue. Seulement, c’est chose démontrée par les recherches de M. Legrand, et par les observations d’autres praticiens, que I’or pur , bien qu’infiniment divisé , n’a point alors une puissance médicamenteuse égale à celle des oxides ou des sels : l’action en est beaucoup plus douce. On peut faire la même observation à l’égard de touls les métaux dont l’usage est consacré en thérapeutique. Au-dessus de For divisé , sous le rapport de la puissance d’action, il faut placer Y oxide c/’or parla potasse , puis X oxide dé or par V étain , autrement appelé s tannated' or, puis enfin le perchlorure (fouet de soude, plus généralement désigné sous le nom âemuriate d’ouet de soude. Ces dernières préparations sont incontestablement les plus actives, etellesle sont à tel point, qu’on ne peut et qu’on ne doit les administrer qu’a la dose d’un quinzième, d’un douzième ou d’un dixième de grain. A dose plus forte, elles produiraient une perturbation dans l’économie. Toutefois cette perturbation ne serait point comparable à celles que peuvent produire, et ne produisent que trop souvent, d’autres oxides ou sels métalliques.

tels que ceux cI’antimoine, cI’arseiyic, de mercure. Ceux-ci sont essentiellement âcres et corrosifs : appliqués sur un organe, ou portés à l’intérieur dans un trop grand état de concentration, ils déterminent une irritation des plusviolentes, bientôt suivie, dans certains cas, d’une véritable désorganisation : ce sont de violents poisons; et parmi ces corps, il en est qui semblent avoir pour certains organes une funeste affinité; telles sont, par exemple, les préparations arsenicales , dont l’introduction dans l’économie par quelque voie que ce soit, et alors cependant qu’elles n’ont point été ingérées, est constamment suivie du plus grand désordre dans les fonctions de l'estomac et des intestins, avec altération de la structure de ces organes. Les préparations aurifères possèdent seulement au plus haut degré la propriété excitante, et les phénomènes graves qui pourraient résulterde leur usage trop peu calculé et trop peu mesuré, ont seulement le caractère d’une stimulation générale portée à l’excès. De là vient qu’administrées avec mesure, avec circonspection, elles ne sont jamais nuisibles, alors même qu’elles ne produisent pas les bons effets thérapeutiques sur lesquels on croyait pouvoir compter : de là vient qu’un des premiers effets de leur introduction dans l’économie, effet presque constant, c’est une activité plus grande des fonctions du système digestif : de là vient encore qu’on peut impunément en continuer l’usage bien plus long- temps que cela ne pourrait être pour les préparations de mercure, d’ARSENic. N’était qu’elles

doivent être administrées dans des proportions infiniment moindres, elles rentreraient sous se rapport dans la catégorie des préparations ferrugineuses .

Nous ne croyons pas devoir entrer dans de plus grands développements sur letravailque M. Legrand a présenté à l’Académie, moins encore voudrions-nous analyser les faits qui y sont consignés. Ces faits, en nombre considérable, sont fort analogues entre eux : ils ne diffèrent guère que sous le rapport du degré auquel était parvenue la maladie scrofuleuse, et des formes, nécessairement un peu variées, sous lesquelles elle se présentait chez les sujets qui ont été soumis à l’épreuve du traitement par la méthode aurifère. Nous ne pouvons que chercher à en saisir le principal caractère et les conséquences générales. Or, touts ces faits, qui pour la plupart sont particuliers , sont propres à M. Legrand ( quelques uns ayant été communiqués par d’autres praticiens); touts ces faits, disons-nous, sont empreints d’un caractère d’exactitude et de vérité, et nous hésitons d’autant moins à les adopter, que nous avons vu plusieurs malades traités par les préparations d’or en voie de guérison , ou tout-à-fait délivrés de l’affection scrofuleuse dont ils avaient été atteints; quelques uns portaient les traces ou les stigmates , si souvent inévitables, toujours indélébiles, et en quelque sorte caractéristiques, de leur affection passée*

Vos commissaires comprennent parfaitement les vœux de M. Legrand ; ils y applaudissent, et en forment avec ce médecin, ami des progrès de l’art, pour

que les résultats qu’il a obtenus ne soient pas perdus devue,et pour qu’ils soient, au contraire, un encouragement àde nouvelles expérimentations. Ils espèrent que la méthode aurifère, appliquée au traitement des maladies d’origine et de nature scrofuleuse, recevra la sanction du temps et de l’expérience. Toutefois, dut-elle n’être que ce que sont tant d’autres méthodes connues pour le traitement des scrofules, dût-elle être placée seulement sur la même ligne, et ne mériter que le même degré de confiance, il faudrait encore la considérer comme une conquête utile pour la science. En effet, les maladies chroniques, bien plus encore que les maladies aiguës auxquelles l’homme est exposé, se refusent, par leur caractère, à ce qu’un même système de traitement , un même agent thérapeutique soit appliqué à chacune, toujours de la même manière, chez touts les sujets indistinctement , constamment, avec les mêmes avantages. On est heureux de pouvoir choisir , pour chaque cas en particulier, entre diverses méthodes de traitement qui, considérées en ellesmêmes seulement, sembleraient offrir la même puissance, et promettre la même efficacité : et dans ce choix on a égard à l’âge des sujets, à leur constitution naturelle, qu’il ne faut pas confondre avec leur constitution pathologique, aux conditions dans lesquelles ils vivent, et à d’autres circonstances qui, ici comme ailleurs, compliquent les problèmes de la médecine pratique, mais qui n’empêchent pas que, bien que ses calculs reposent sur des données pure -

ment intellectuelles , elle n’ait aussi son degré de certitude et de probabilité.

En définitive, les recherches et les observations de M. A. Legrand sur l’usage des préparations d’or dans le traitement de l’affection scrofuleuse, encore bien qu’elles n’aient trait qu’aux scrofules des parties molles, offrent déjà néanmoins un intérêt réel, en même temps qu’elles tendent à un but évidemment utile. Elles mettent en relief une méthode thérapeutique des scrofules dont les avantages étaient jusqu’alors fort contestés. Elles méritent donc l’approbation de l’Académie, et vos commissaires pensent que M. Legrand doit être invité à poursuivre et à compléter le plus tôt possible la tâche qu’il s’est imposée. Un nouveau travail, qui aurait l’importance et le mérite de celui dont nous venons de rendre compte , lui ferait acquérir des droits à un témoignage encore plus éclatant de la satisfaction de l’Académie.

Signés JDuméril , Roux , rapporteur .

L’Académie adopte ces conclusions.

Certifié conforme :

Le secrétaire perpétuel ,

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