‹ De l'or dans le traitement des scrofulesChapitre 5 sur 6 · DE L · texte numérisé non relu

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ment les fonctions digestives , qu'on voit les malades tomber dans un état d’épuisement qui peut devenir mortel, en favorisant îe développement d’autres maladies.

Je ne sais vraiment pas si l’observation suivante peut être considérée comme un cas de scrofules ; c’est l’opinion de son auteur, dont je fais si grand cas que, sans être absolument convaincu , je m’empresse de la faire figurer dans ce Mémoire. Elle aura toujours cet avantage que, si elle 11e prouve pas pour touis les lecteurs la possibilité d une métastase rapide du vice scrofuleux , elle prouvera que , dans le cas de la suppression subite et spontanée d’un exutoire ancien , le muriate d’or peut imprimer à léconomie une impulsion salutaire qui , en déterminant des mouvements critiques , débarrasse les organes sur lesquels s’est tout-à coup portée 1 irritation morbide.

OusefxV. XXXIV , par M. Xiel , déjà cité. Suppression subite et spontanée d’un ulcère scrofuleux. Accidents généraux fort graves. Guérison par un grain et demi de perchlorure d’or et de sodium eu solution dans l'eau.

« Ime dame , à pets près sexagénaire et en proie toute »sa vie à un vice de la lymphe, avait été guérie, il y a en- » viron six ou sept ans , par les préparations d’or, d une tu- »mcur squirrheuse profondément ulcérée au genou. Celte «personne portait aussi h la jambe du coté malade un » ulcère superficiel et peu étendu. Après la guérison mentionnée , je laissai subsister ce dernier, le regardant » comme une espèce d’exutoire susceptible de compenser «l’habitude d’une suppuration depuis assez long-temps «établie. A l’arrivée des froids de décembre 1827, cet «ulcère, de la largeur d’une pièce de vingt sous , sécha et «tarit. Le lendemain de cet incident, se développèrent les «phénomènes suivants : refroidissement du corps entier,

«frissons intérieurs, accablement, ralentissement et irrë- » gularité notables de la circulation , trouble considérable «des facultés intellectuelles , mais surtout oppression ex- » trême ; elle était telle , en certains moments, que toutes » les facultés de la vie en étaient presque anéanties. «

«Appelé sur ces entrefaites , le mal me parut trop » avancé pour pouvoir compter sur l’efficacité des moyens «ordinaires. Je fis appliquer sur l’ulcère desséché un plu « masseau couvert de pommade épispastique , et me rap- » pelant la promptitude avec laquelle le muriate d’or avait « antérieurement agi sur le sujet , je me décidai a lui en » donner un grain et demi dans quelques onces d’eau dis- » tillée , par cuillerées rapprochées. Sous l’emploi immé- « diat de ce secours , le pouls se releva et se régularisa «l’oppression se dissipa, une abondante transpiration se «manifesta, et, en moins de douze heures, toutes les «fonctions furent rétablies dans leur plus parfaite inté- » grité. »

«En notant que la pommade épispastique ne détermine «que fort lentement un mouvement fluxionnairc vers la » partie malade , je me demande si ce moyen, en lui sup- » posant même une aclion plus rapide, aurait pu produire «seul la guérison. Celle-ci suivit graduellement le déve- «loppement de la transpiration , qui finit avec f entier i» rétablissement. »

»L;i dame guérie ne redoute pas d’être connue; elle se » nomme Mourgues , et habite rue Rouvière , n° 5o , à Mar- « seille. »

Les réflexions dont j’ai fait précéder cette dernière observation, peuvent fort bien aussi s’appliquer à la suivante, qui offre aussi le tableau d’une forme fort exlraor binaire de maladie scrofuleuse.

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Observ. XXXV, par le baron Girardot, déjà nommé. Maux de lefe violents avec vertiges, attribués à un vice scrofuleux. Inefficacité de presque toutsles médicaments connus. Guérison par trente-huit grains de perchlorure d’or et de sodium en frictions. Traitement de quatre mois.

«M* 0***, âgé de trente-deux ans, colonel, est né, près » de Smolensk , avec une constitution faible ; dans son bas » âge , il a eu les glandes du cou engorgées et ulcérées , » ce que l’on reconnaît aux cicatrices difformes qu’on voit )>sur cette partie. Successivement attaché aux états-majors »de l’armée, il a beaucoup travaillé de tête, et c’est à ce » travail qu’il attribuait les douleurs de tête qu’il éprouvait » presque toutes les semaines ; douleurs qui s’accompa- » gnaient de vertiges si violents , que souvent il perdait pen- »dant quelques instants l’usage de la vue, tout en conser- » vaut sa connaissance ; une pâleur effrayante et une sueur «froide qui lui montait au visage annonçaient la fin du «paroxysme, auquel succédait toujours un horrible état » de lassitude. Il essaya alors d’entrer dans le service actif, « espérant du soulagement de ce genre de vie différent. Il «n’en fut rien : il lui fallut se remettre entre les mains des « médecins. »

«Exercices violents à pied et à cheval, extrême sobriété » en touts genres, saignées locales , générales , bains , dou- «ches, application sur la tête rasée, de l’emplâtre de «Puissie; en un mot, tonte la cuisine des pharmaciens de » Moscou, Bialystock, Varsovie, administrée parles confrères «jouissant de la plus belle réputation, ne purent apporter «aucun changement à son triste état. Il vint me trouver il «y a cinq mois (i). Après avoir, par complaisance, cou- «sacré près de deux heures à lire un in-folio de recettes,

(G L’observation est rédigée en date de juillet 1824,

«qui me mirent à même de juger que M. 0*** avait épuisé « presque touts les médicaments usités en pareil cas , je l’exa- » minai avec l’attention que réclamait un semblable état. »

«Je reconnus , par toute l’habitude pâle et chétive de «son corps , qu’il était atteint de vice scrofuleux, et que «ce pouvait être là la cause primitive de son état : je lui «proposai l’emploi du muriate d’or. Il me répondit qu’il «venait exprès me trouver pour cela, parce qu’il connais- » sait une demoiselle que j’avais soignée de cette manière » avec un succès complet. »

«De suite je lui prescrivis un cinquième de grain par «jour en friction, une tasse d’infusion de houblon matin «et soir. Au bout d’un mois de ce traitement, il se trouva «si bien qu’il n’éprouva qu’une seule fois un mal de tête, «qui fut même moins violent qu’auparavant , et un vertige » moins cruel et qui ne dura que près d’un quart-d’heure. «Je continuai ainsi trois mois encore, en donnant chaque «jour alternativement un quart, un tiers de muriate triple » d’or en frictions. Ce qui porta la dose pendant quatre «mois à 58 grains, qui ont rendu à M. 0*** une santé «comme il ne l’avait jamais eue. Je ferai observer que «pendant toute la durée du traitement , il n’a eu qu’une «seule attaque, et qu’aujourd’hui il se trouve si bien que » S. M. a daigné lui signer une permission pour aller par- «tager sa joie avec sa famille , qui était encore plus aflcc- «tée que lui de son triste état. »

Ainsi j’ai démontré dans ce premier mémoire , par trente-cinq observations fournies par quinze praticiens , touls habitant divers pays , que Y or est un puissant antiscrofuleux , dans touts les cas oii le principe des scrofules n a porté son action morbide que sur le système glanduleux et sur les parties molles. Mais si graves que puissent être les maladies qui ne présentent à l’observation que ce

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genre de désordre , elles ne sauraient que difficilement se comparer, pour la gravité et la difficulté de la cure, à celles où le système osseux a été attaqué. Eh bien , l’on peut dire que c’est lv le triomphe de l’or ! C’est ce que je prouverai dans mon Second Mémoire , qui sera tout entier consacré à démontrer les immenses avantages qu’on peut retirer de l’application de la méthode aurifère au traitement des maladies des os. Quelques lignes seront aussi consacrées à prouver ses bons effets dans les cas où la syphilis vient compliquer les scrofules; ce qui n’étonnera que les praticiens qui, n’ayant pas lu mon ouvrage, ignorent que j’ai démontré par près de quatre cent cinquante observ citions fournies par quatre-vingts médecins habitant presque touts des contrées diverses , la haute efficacité de For pour guérir les maladies syphilitiques les plus graves et les plus invétérées.

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