V. Déporter, Extrême sud de l'Algérie
Commandant Bernard, Deux Missions françaises chez les Touareg, 1896.
F. Foureau, Essai de catalogue des noms arabes et berbères de quelques plantes, arbustes et arbres algériens et sahariens, 1890, etc. (*).
Abiodh (Abiod, B;od. Abiad), fém. Beidha, plur. Biodh (Beiodh). - Blanc.
Aggaïa. — Limoniastrum guion>anum (Plombaginacées).
Agha. — Mot d'origine turque signifiant seigneur, maître; dans la hiérarchie indigène, chef d'un certain nombre de tribus.
Ahmoud. — Montant de tente, l'orme de certains gour.
Aïn, plur. Aioun. — Source, fontaine; puits artésien.
Akhal, fém. Kahela (Kahla), plur. Kohol.— Noir.
Akhdar (Aklidrun. fém. Khadra, — Vert.
Alenda. — Ephcdra alata, [Gnétacées).
(il Pour éviter les répétitions, les définitions cmpiuntées :nix ouvrages du Général Parmentier, de Flatters, >\r Largeau et de
Déporter, sont indiquées dans le vocabulaire par : (P.), (F.), (L ). (D).
Alfa, (Halfa). — Nom commun a diverses graminées : stipa tetiacissima en Algérie ; lygeum sparlum dans lest. - Sparte.
Amara. — Sorte de besace en laine aux couleurs voyantes, ornée de très longues ("ranges, qui se suspend aux pommeaux des selles. Les amaras, destinées aux mehara, retombent le long des flancs de ces animaux, rasant presque le sol ; de couleurs claires : bleue, rose, jaune tendre, soulevées par le vent, miroitant au soleil, elles sont du plus bel effet.
Archan, plur. de Arich. — Voir ce mot.
Areg. plur. de'Arga. — Voir ce mot.
Arga, plur. Areg. — Litt. veine. — Grande colline de sable meuble (dune), présentant toujours des arêtes en long, le plus souvent en forme de tranchant de sabre, c'est-à-dire de sif. (F). Voir les mots : erg, ghourd. zemla, dhmirat, sif, armath, etc.
Arich, plur. Araich ou Archan. — Végétation surmontant une dune assez élevée, qui sert de point de repère dans l'Erg. Quelquefois la dénomination d'arich s'étend à la dune elle-même où pousse celte végétation. Dans l'ouest arich désigne le tarfa [lamarix gallica).
Arigat, diminutif de Arga. — Petite dune.
Armath. — Dune (arga) d'un très faible relief au-dessus du terrain environnant (F.).
Artha. Calligonum comosum, lre forme (Polygonacées;.
Asfar (Asfer), fém. Safra (Sefra). — Jaune icouleur de safran).
Azadj (Azeidj). — Tempête de sable.
Azel — Calligonum comosum, 2e forme i Polygonacées).
Azreg. fém. Zeiga. plur. Zroug.— Pieu.
Azz. — Puissance, prospérité.
216 TERMES ABABES ET BEBBÈRES
Ba. — Forme indéclinable de bon, père; entre dans la composition de certains noms : les Oulad-ba-Hammou.
Bab. — Litt. porte. — Passage entre deux hauteurs (dunes ou montagnes).
Basina. — Assises concentriques, circulaires ou ellipsoïdales, de pierres plus ou moins grosses, disposées en forme de tronc de cône, avec retrait d'une rangée de pierres d'une assise donnée à celle qui lui est immédiatement inférieure, formant ainsi une série de degrés. A côté de ces monuments on trouve souvent des enceintes carrées ou rectangulaires construites avec de grosses pierres et remplies de pierrailles. Les basina sont nombreux dans l'Aurès et le Hodna.
Baten, plur. Bouaten. — Litt. ventre, d'où le sens de large val ée plate indiqué par Beaussier dans son dictionnaire et celui de dépression entre des montagnes donné par le Général Parmentier. Dans la région qui nous occupe, ce mot sert à désigner un flanc de montagne, une colline allongée ou le dernier contrefort d'une montagne(D.),ou la silhouette, le profil à aspect montagneux du versant d'un plateau.
Benoud. plur. de Bend. — Les étendards.
Bir. plur. Biar et Abiar. — Puits, puits profond (P.) ; puits maçonné (F.}.
Bled.— 1° Pays, contrée, région ; 2° ville, localité.
Bordj. — Fort, château, tour, maison fortifiée; en général, toute construction isolée en pierres.
Bou. — Litt. père. — Dans les noms de lieux, signifie, lieu à — , ■producteur de , l'endroit nu. . . . (P.).
Bouib, diminutif de Bab. — Petite porte, petit passage.
Bour. — Réunion de palmiers non cultivés; terrains en friche, jachère; terre qui n'a jamais été cultivée
Chaba (Chabet), plur. Chaab. — Ravin.
Chaf, plur. Chouf. — Eclaireur, vedette ; les indigènes possèdent au plus haut degré l'art de se dissimuler pour observer, pour éclairer la marche. Dans l'Erg, ils se couchent sur le sable, au sommet des dunes, au faîte des siouf; ne laissant passer que le front, ils se rendent invisibles, même à une faible distance.
Chat. — Brebis, individu quelconque de la race ovine.
Chebika (Ghebiketi, diminutif de Chebka. — Voir ce mot.
Chebka, plur. Chebak.— Litt. (ilet. - Ravins enchevêtrés, réseau de petits mamelons disposés comme les mailles d'un filet.
Cheikh, plur. Chioukh. — Litt. vieillard, ancien, vénérable par l'âge. — Chef de famille ou de tribu.
Chems. — Soleil.
Chergui. plur. Cheraga. — Oriental.
Cherif. plur. Cheurfa. — Noble, illustre. Titre attribué à tous les descendants du prophète Mohammed.
Chott. plur. Chetout. — 1° rivage ; 2° grand fleuve ; 3° vaste étang d'eau salé plus ou moins desséché sur les bords et dépourvu de végétation (P.). Les chotts (province d'Oran et sud constantinois), les zahrez (province d'Alger) et les guerahs Iprovince de Constantine) sont de très vastes dépressions à dépôts salins, partiellement à sec le plus généralement ; sur les bords se développe une flore de type maritime (Salsolacées).
Chouoha (Chouchet).— Litt. toupet. — Mamelon, pic couronné de quelques arbres iP.) ; ce mot s'emploie aussi pour désigner des peùtes tours cylindriques régulièrement bâties qui dominent en général les pentes abruptes des ravins.
Daïa. — Bas-fond en cuvette, dépression où l'humidité s'accumule à la suite des pluies et entretient la végétation.
Delàa. — Flanc, croupe de montagne allongée (P.).
Delim. — Autruche mâle.
Delou. — Sorte de seau fait avec une peau de chèvre ou de chamelon soutenue par un cercle de bois.
Demman. — Mouton à poils du Sahara et de l'Afrique centrale.
Dhmirat. — Dune moyenne, oghroud assemblés en petit nombre (F.)
Djali. — Lilt. émigré, expatrié. — Désigne les palmiers abandonnés sans culture.
Djebel — Montagne, chaîne de montagnes.
Djedder (Djeder), plur. Djeddar (Djedar).— Lilt. mur, muraille- Pyramide de pierres dressée généralement sur un lieu élevé, une gara, l'éperon d'une falaise, pour remémorer un fait important ou quelquefois pour signaler une tombe, mais dans la plupart des cas, dans le sud, pour marquer une direction.
Djedid, fém. Djedida (Djedidat). — Nouveau, neuf.
Djemel. — Chameau.
Djenn, plur. Djenoun. — Génie, farfadet, démon.
Djorf (Djerf), plur. Djereifat. — Berge, falaise, escarpement.
Domgha. — Litt. tête. — Grande dune dominant un ensemble.
Dour. — Lilt. tournant. — Changement dans L'orientation d'une falaise, d un plateau : par extension, le plateau lui-môme.
Draà. — Litt. bras. — Crète, mamelon.
Drinn. — Litt. herbe sèche (L.). — Arthrathcrum pungens (Graminées). Cette graminée est incontestablement la plante la plus répandue dans le Sahara, celle qui rend le plus de services aux sahariens par son chaume pour la nourriture des troupeaux, par sa graine (loul) pour l'alimentation de l'homme (Duvcyrier).
Erg. — Région de dunes en général (F.!. Ethel. — Tamarix articulata (Tamariscinées)
Fakir, plur. Fokra. — Pauvre.
Feidh (Faidhl. plur. Fiadh. — Ravin peu encaissé qui se change en cours d'eau au moment des pluies (P.).
Feidj (Feidja, Feidjet), plur. I'ouaïdj.— Col entre les dunes, défilé à sol sableux ou de reg entre deux dunes.
Foggara. plur. Feggaguir.— Succession de puits creusés sur une pente et réunis par une galerie souterraine qui amène les eaux au pied de cette pente.
Foukani, fém. Foukania.— Supérieur.
Foum. — Litt. bouche. — Débouché d'une vallée dans une plaine ; embouchure, confluent.
Gada. — Plateau élevé à bords escarpés, accessible seulement sur certains points.
Gahouen. — Réunion de plusieurs gour au milieu desquels se trouve un bas-fond humide avec végétation.
Gara (Garet), plur. Gour.— Mamelon rocheux ou du moins de terrain ferme, sorte de témoin laissé par les érosions; les gour se montrent souvent en grand nombre fort rapprochées les unes des autres. Elles sont le plus fréquemment en forme de tronc de cône ou de tronc de pyramide, surmontées d'une sorte de chapiteau formé d'un tuf calcaire, en assisses assez épaisses, et dont les bords surplombent quelquefois. Leurs formes sont très variées; leur nom indique surtout la nature ferme du terrain qui les constitue par opposition au sable meuble de la dune.
Gassi. — Litt. dur, durci. — Sol dur, rocailleux et couvert de. fragments de silex de toutes couleurs (Gomm1 Bernard — ouvrage cité — p. 56), sol dur, sans sable ni gravier où le pied du chameau ne marque pas (P.), long couloir de rcg entre deux chaînes de dunes.
Ghar, plur. Ghiran. — Caverne, grotte, souterrain.
Gharbi, plur. Gharaba. — Occidental.
Ghazzia (Razzia). — Incursion, expédition, vol à mains armées, capture de troupeaux.
Gherida (Gheridat), diminutif de Ghourd. — Petite dune.
Ghezzou (Rezzou). — Armée expéditionnaire; bande de pillards.
Ghourd, plur. Oghroud ou Aghrad. — Haute dune, le plus souvent isolée, en forme de mamelon conique sans arêtes en longueur (F.).
Goléa, diminutif de Guelàa (Kalâa). — Ghàtelet, fortin. Les arabes nomment encore la localité du sud algérien ainsi désignée El-Menia, c'est-à-dire l'endroit inexpugnable, la forteresse. Les Touareg L'appellent Taowirt qui signifie petite élévation, colline, gara.
Gour, plur. de Gara. — Voir ce mot.
Gourara ou Guerara, plur. Gueraïr. —Indique une dépression en forme de euvette où l'eau «les pluies se conserve plus ou moins longtemps, ce qui entretient une fraîcheur relative ei permet à la végétation de se développer; guerara est synonyme de daîa, mais c'est une daïa de grande dimen- ■ ii.
Grara (Ghrarai. — Sac en laine employé au chargement des chameaux.
Guebli. fém. Gueblia.— Méridional.
Guelâa (KalaaJ. — Forteresse, château fort.
Guerah (Gueraa, Garaa).— Marais (Tunisie); étang salé ou non (Est-algérien).
Guerara. — Voir Gourara.
Guerba, plur. Guereb. — Outre formée de la dépouille d'une chèvre et goudronnée à l'intérieur.
Guern, plur. Groun. — Corne, pic, nom donné à de nombreuses dunes.
Guetaf. — Atripltx halimus (Salsolacées).
Habilat, diminutif de llabel.— Cordelette, petite corde. Au figuré: chaîne de petites dunes.
Haci, plur. Hacian.— Puits le plus souvent non maçonné et de peu de profondeur (P.). — Trou creusé dans le sable au fond duquel on trouve l'eau. (C\rette, Commerce de l'Algérie, page 124). — Puits non maçonné avec coffrage (F.). Dans la province d'Oran, le nom de haci s'applique à tous les puits, maçonnés ou non et de quelque profondeur qu'ils soient. — On trouve aussi l'orthographe hassi; plur, hassian.
Had. — Cornulaca monocantha (Salsolacées).
Halib. — Lait.
Halma. — Plantago ovata (Plantaginées). Lithospermum callosum (Borraginées).
Hamar lAhmar), fém Hanvra (Ahmra), plur. Homeur. — Rouge.
Hammar (Hamar). — Litt. âne. — Mamelon en dos d'âne.
Hammada. plur. Hanimad.— Immense plateau pierreux sans eau, et où ne croit aucune plante, partie la plus désertique du Sahara.
Hamra. fém. de Hamar. — Voir ce mot.
Haouanet. — Chambres sépulcrales creusées dans le roc et irrégulièremeet disposées.
Haoudh. plur. Houadh. — Litt. bassin ou réservoir d'eau.— Petite dépression entre des dunes.
D'après le commandant Bernard, dans la région au sud d'Ouargla on donne le nom d.' haoudh à des « dépressions « circulaires mesurant deux à trois cents mètres de dia- « mètre, dont le fond, formé de ?iebka, contient souvent « une belle végétation, tandis que la plaine environnante « est d'une nudité absolue. »
Haouita, diminutif de Hait. — Litt. petit enclos. — Station marquée par un arbre, par un enclos de pierres sèches ou un tas de pierres en l'honneur d'un saint personnage. Ce mot s'applique généralement à des stations plus petites que des mekamat. Cf. mekam, mzara.
Haouli — Agneau.
Harka. — Troupe en expédition armée.
Hofaïrt, diminutif d'Hofra. — Voir ce mot.
Hofrallofret). — Trou, fosse, fossé, excavation, bas-fond, dépression dans les grandes dunes (I
Homeur, plur. de Hamar.
Ibel. — Troupeau <!<• chameaux.
Ich berb» « orne, pic. Cf < îuern.
In, fém. Tin. — Technique berbère (tamahak, tamachek) qui entre clans la composition de beaucoup de noms de localités sahariennes. C'est le pronom démonstratif i. fém. li (celui, celle), suivi de Vn du génitif. On trouve encore les formes en. wan, ouan, oucn et au fém. tra, tan. Ex. : Jn-IIammou, celui (l'endroit) de Hammou, Tin-Erkouk. voir ce mot (')■
Kasba. — Citadelle, forteresse, château-fort
Keber (Gueber, Guebar), plur. Kebour (Gucbour;. — Tombeau, sépulture.
Kef, plur. Kifan. — Rocher, pointe de rocher, pic; crête à pic, escarpement (P.).
Kerboub. plur. Kerabcb. — Litt. boule, pilule.— Endroit où l'on trouve des pierres sphériques de toutes dimensions (D.).
Khadem. — Négresse esclave.
Khanfous, collectif de Khanfousa, plur. Khenafes.— Coléoptère scarabée, bousier.
Khanga (Khanguet), — Défilé, passage étrangle, gorge de montagne.
Khebir. — Guide de caravane, on dit aussi menir ou ddil (Daumas).
Kheloua. — Hermitage, lieu de retraite; grotte, caverne, quelquefois gourbi, masure où s'est abrité un saint personnage.
Kheneg. — Défilé, gorge.
Koubba, plur. Kbab. — Litt. coupole. — Chapelle surmontée d'une coupole élevée en l'honneur d'un saint personnage (marabout'. Ces monuments sont appelés improprement en Algérie des marabouts.
(1) Cf.: Hanoteau, grammaire tamachek, 2'- rdition, Alger, 1896, p. 27 ; Duv-eyrier, Touareg du Nord, p. xxxi et p. 471 ; Bissuer,, Touareg de l'Ouest, p. xiv.
22 i TERMES ARABES ET BERBÈRES
Ksar, plur. Ksour.— Village fortifié ou entouré de murs dans les oasis du Sahara (P.).
Ksiba, diminutif de Ksob. — Roseau.
Lefâa (pour El Efâa). — Vipère à cornes (Cérastes œjyptiam). Lefaïa (pour El Efaia). — Endroit où il y a des vipères à cornes
Madher. — Terre meuble d'alluvion au fond d'une vallée, généralement couverte de pâturages (P.).
Makhzen, plur. Makhazen (d'où dérive notre mot magasin) — Litt.
endroit où l'on conserve quelque chose, de khazana, enfermer dans un coffre, une armoire, etc. — En Algérie : cavaliers au service d'une administration; gouvernement. Ce mot est surtout employé au Maroc dans ce dernier sens.
Mechera (Mechraa). — Litt. gué (dans un oued contenant de l'eau): abreuvoir. — S'emploie au Sahara pour désigner une cuvette à fonds d'argile située dans un thalweg et où l'eau séjourne cinq ou six mois à la suite des fortes pluies.
Mechgueg, plur. Mechgaguin. — Sol argileux, desséché <•( fendillé.
Medjebed. — Piste, sentier ou plutôt faisceau de sentiers battus par le passage des caravanes.
Mehareg. — Lieu incendié, au figuré, endroit en partie dénudé.
Dépression -ans issue, entourée de falaises verticales
entaillées dans certaines parties des plateaux de hani-
inadas.
Mekam. plur. Mekamat. — Litt. séjour, station, halte, reposoir. — Espace de quelques mètres carrés, entouré de pierres rangées, en l'honneur d'un saint personnage qui jadis a dressé sa tente et a stationné en cet endroit; on y trouve souvent un bâton planté au milieu (P.). Cf. haouita, mzara.
Melah. — Sel.
Melk. — Propriété.
Menchar. — Litt. scie. — Ciéte dentelée.
Mengoub. — Litt. creusé à pic. — Endroit où passe un cours d'eau souterrain sous une couche de tuf qu'on n'a qu'à percer pour trouver l'eau iP.) — Nom commun à tous les puits percés à pic dans le tuf (général de Wimpffen. lettre au président de la Société de géographie de Paris, du 5 juin 1S70).
Mergueb, plur. Meragueb. — Point culminant; mamelon, vig^.
Metallef — Labyrinthe, passage difficile, inextricable.
Mezoued. — Petit sac formé de la peau d'un chevreau.
Mia. —Cent. — L'oied Nia est l'oued aux cent affluents, aux cent sources.
Mokhazeni, plur. Mokhazenia. — Cavalier du Makhzen, voir ce mot.
Morr. — Amer.
Morfog. — Coude d'une rivière, d'une vallée où se trouve généralement de la végétation.
Moungar (Mongar).— Litt. bec et plus spécialement bec d'oiseau de proie. — Pente à pic à l'extrémité d'une montagne ou d'un plateau, éperon qui en marque brusquement la fin.
Mzara. — Lieu de pèlerinage, tas de pierres formant ex-voto. Ce terme s'emploie surtout dans le Tell constantinois. Cf.
haouita. mekam.
Naam — Autruche en général (nom de l'espèce).
Naama. — Autruc îe femelle.
Nadja. — Brebis.
Naga. — Chamelle.
Namous (collectif). — Les moustiques.
Nebak. plur. de Nebka. — Voir ce mot.
Nebka (Nebket), plur. Nebak. — Colline de sable, petite dune ; espace couvert de petites dunes, sol de sable agglutiné, généralement peu mouvementé |P.) ; terrain de sable meuble ou mi-meuble, praticable malgré quelques vallonnements peu sensibles (F.); terrain sableux, tantôt mamelonné, tantôt ondulé. Dans le premier cas, on voit tous les trois ou quatre mètres un monticule de 0m50 à 0mS0 de hauteur, surmonté d'une touffe de végétation. Dans le second cas, les petits monticules sont remplacés par des rides plus ou moins écartées et des hauteurs très variables. Ainsi, parfois ces rides n'ont que I ou 2 mètres de haut et laissent entre elles des creux d'une largeur h peine supérieure à leur hauteur, parfois aussi elles sont écartées de 100 à ?00 mètres et s'élèvent de 4, 5 ou 10 mètres au dessus du creux. [Beringer, Rapport, in Flatters. 1™ mission, p. 99).
Neza, plur. Nezaouat. — Amas de pierres en forme d'obélisque, marquant L'emplacement ou quelqu'un est mort. Cf. redjem, djedder et aussi baouita.
Ouadrar. — Nom d'une localité du Tin Grkouk, que l'on trouve >re orthographié Oudglia, Oudjjak. Ce nom doil être nue corruption de A dror qui, en tamahak, signifie montagne. D'ailleurs, dan» leurs relations de voyage, Uohlfs, en désignant cette localité, écrit Adrhar etColonieu Adghw
Oudjh. — Litt. visage, face, front. — Au figuré, talus, versant, région lisière de l'Erg.
Ogla 'Oglat'. — Réunion du plusieurs puits (hacij en un même endroit (P.) ; espace où, en quelque point que l'on déblaye le sable, on est assuré de trouver de l'eau (Carette, loc. cit.) ; puits large et peu profond, généralement en terrain sablonneux (D.).
Oghroud, plur. de Ghourd. — Voir ce mot.
Oued, plur. Aoudia et vulgairement Ouidan. — Rivière, cours d'eau ; lit d'un cours d'eau, souvent à sec; thalweg, vallée, ravin d'écoulement d'une pluie d'orage.
Oum, plur. Oummat. — Littéralement mère. — Ce mot entre dans la composition des noms de lieux avec le sens de produisant remp'i de l'endroit au Cf. bou (P.).
Raba. — Forêt, forêt de broussailles, fourré.
Rahil. — Départ d'une tribu prête à lever le camp, exode.
Raknet. — Litt. pilier d'angle.— Pic, éperon.
Raoua. — Litt. désaltéré, humecté (par la pluie). — Terrain qui s'humecte facilement et conserve l'eau.
Ras. plur. Rous. — Litt. tête. — Pic, piton, éperon, cime d'une montagne.
Redir, plur. Redaïr.— Litt. traître. — Flaque d'eau, mare temporaire.
Eedjem. — Borne, tas de pierres formant signal. Cf. djedder, neza et aussi haouita.
Reg — Plaine d'une nudité absolue où le sol est couvert d'une couche de graviers mêlés de sable agglutiné qui forme un terrain excellent pour la marche.
Rekama, plur. Hekaïm. — Daïa à sol crayeux. Dans l'Erg, on rencontre particulièrement de ces sortes de daïas sur toute la longueur de la dépression appelée pour cette raison, Oued-Rekama.
Kernel. — Sable, plaine de sable.
Retem — Rétama rœtam (Légumineuses).
Saban. — Litt. cuvette, coupe très évasée. — Dans les cas où nous l'avons employé, ce mot indique toujours des dépres" sions de l'Erg, plus ou moins vastes, qui se montrent çà et là dans les dunes, souvent au confluent de deux vallées sableuses ifeidj) ; elles sont en forme d'entonnoir, et par conséquent à berges très raides ; leurs bords, parois et fonds sont entièrement sableux. Flatters précise encore davantage le sens de ce terme. Suivant lui, il sert à indiquer une large dépression à fond plat et peu profonde dans n'importe quel terrain, pourvu que la végétation y soit abondante. Par extension dans l'extrême sud, le sahan de très grandes dimensions devient l'oued, et réciproquement, sans que l'on se préoccupe de savoir s'il y a possibilité ou non d'y déterminer une ligne de thalweg. Le plus souvent, le nivellement ne conduirait pas à cette détermination, même dans le cas de rétrécissement accusant une sorte de véritable lit. D'après Largeau, les indigènes du sud appliquent, par analogie, le nom de saltan aux grandes dépressions de forme circulaire, ainsi qu'aux plaines formées de grès désagrégé que l'on rencontre entre les dunes; les petites dépressions s'appellent h toudk. — Voir ce mot.
Sahara. — Litt. vaste espace désert, inculte et inhabité. — Grand désert de l'Afrique du nord.
Sba — Pic.
Sebkha — Lac salin, grand étang salé, saline; bas-fond sul> mergd en hiver H qui, se desséchanl en partie l'été, reste ;i l'étal do lagune saumâtre. En Algérie sibkha est à peu prés synonyme de choit (petit chott] (P). Ce mot dérive de la racine tabakha, être salant, salsugineux.
Seira (CedraV — Zizyphus lotus (Rhamnacéesl.
Sefra. fém. de Asfar. — Voir ce mot.
Seguia.— Canal d'irrigation, aqueduc.
Sekkin, plur. Sekaken. — Arête de dunes, dune en lame de sabre (P).
Selsela (Selselat), plur. Selasel. - Chaîne (de collines, de dunes).
Sif, plur. Siouf. — Dune allongée en arêle tranchante (F.) et généralement peu élevée.
Sigan. plur. de Sag. — Plante saharienne non déterminée
Smala ou mieux Zmala, plur. Zemoul et Mezcmelin. - Litt. campés dans un endroit. — Du temps des Turcs, les Zemoul étaient des indigènes de toutes les tribus qui. pour fuir les exactions de leur caïd ou pour tout autre motif, venaient travailler volontairement pour un cheikh en se plaçant sous sa protection. Par extension, le mot smila est employé pour désigner le campement d'un grand chef indigène, comprenant [ensemble de sa famille et de ses richesses, ou celui d'une troupe organisée comme les colonies militaires agricoles des spahis, appelées smala de spahis.
Sof, plur. Sefouf. — Parti, faction.
Sokh ir. - Cornac, conducteur de bétes de somme.
Souk. — Marché.
Steïhat, diminutif de Stah, terrasse. — Plateau.
Tabelkhoza - Localité du Tin-Erkouk dont le nom vient sans doute de celui de la plante appelée en tamahak tabelkost (tabelkozet), plante qui est connue des arabes sous les dénominations d'aggaïa ou de zeita. C'est le liminiastrum guyonianum (Plombaginacées) des botanistes.
Tndmaït (tamahak). — Hauteur, faite, crête longue et assez large, gara allongée (D.). Ce mot a, clans les régions qui nous occupent, sensiblement le même sens que baten.
Taghtagh (ou mieux Takhtàkh». — Lilt. bégaiement, tout son inarticulé comme le bruissement de la marche clans le sable. — Nom de certains plateaux sableux de l'Erg, région ondulée sans reliefs importants, sans directions dominantes.
Tahantas. — Corruption pour Tantes, qu'il faudrait écrire Ta-n-tès, celle (la localité) de la vache (1) <VD).
Tahtani. fém. Tahtania. — Inférieur.
Tamahak (Tamachek). — Langue des Touareg.
Ténia (Tenicl). - Col. défilé.
Tin — Technique berbère a la forme féminine qui entre clans la composition du nom de beaucoup de localités sahariennes. La forme masculine est in; voir ce mot.
Tin (Tein). - Argile.
Tin-Erkouk, — Nom d'une région du Gourara composé de technique tin unir ce mot) et de erkou qui, en tamahak. signifie croupir, se corrompre en parlant des eaux dormantes: d'oi'i ! in Erkouk voudrait dire, celle (la contrée) des eaux croupissantes. Le Tin-Erkouk est aussi appelé Bled Meharza, c'esl-à-dire pays des Meharza, du nom d'une partie de la population qui l'habite.
Tir. — Oiseau.
Tsmaïd. — Trou peu profond creusé dans une cuvette à fond argileux où la nappe aquifère accumulée temporairement à la suite «1rs pluies es1 dissimulée par une couche fie sable : ce terme s'applique aussi aux excavations mie l'on creuse dans le lit fies oueds. En tamahak, le mot tilemmas a le même sens.
imachek, i^ édition, Alger, !«'.>('.. p, i".
Zaouia. — Litt. angle, coin, retraite. — Monastère; établissement de bienfaisance et d'instruction religieuse, tenu par des marabouts, où Ton donne 1 hospitalité et des secours aux voyageurs musulmans (P.). On peut définir le mot zaouia de la manière suivante : d'une part l'ensemble de tous les marabouts, parents proches ou éloignés, qui habitent avec le chef de famille, de l'autre la maison où celui-ci demeure.
Zaouiet-ed-Debbagh. — La zaouia du tanneur, nom d'une localité du Tin-Erkouk. Sidi-M'hammed, le fondateur de cette zaouia, qui vivait, au commencement du XVIe siècle, avait reçu le surnom de debbag'-, tanneur.
Zebara (Zebaret). — Petite butte sablonneuse.
Zeïta. — L'moniastrun yuyonianum (Plombaginacées).
Zemla, plur. Zemoul. — Dune allongée (P.). D'après Largeau, on nomme zemla, ou dune proprement dite, dans la région qu'il a visitée, une masse de sable de forme ronde comme une montagne ordinaire. On sait d'autre part, qu'une grande partie du grand Erg oriental est connue des indigènes sous le nom de Zemoul- el-Akbar, les grandes dunes.
Zerdeb. — Précipice, gouffre, trou.
Zergoun. — Minium (1).
Zmeïla, diminutif de Zemla. — Petite dune (P.).
(4) Trumelet (Les Français dans le désert) indique aussi le sens de boucle, anneau, qui ne parait pas justifié.
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