AVANT-PROPOS
Depuis la seconde édition de ce travail, M. Abel Bergaigne a donné le commencement d'une étude sur la construction grammaticale, considérée dans son développement historique, en sanskrit, en grec , en latin, dans les langues romanes et dans les langues germaniques ( 1 ) . M. Bergaigne essaie, avec autant de science que de sagacité, de déterminer l'usage primitif, en fait de construction grammaticale, des idiomes qui sont l'objet de ses recherches, et, remontant plus haut encore, de retrouver par conjecture l'arrangement des parties constitutives de la proposition dans la langue mère de la famille indo-européenne.
D'un autre côté, M. G. von der Gabelentz a publié quelques articles sur la syntaxe comparée (2). Parmi les faits que ce linguiste a recueillis, je signale comme
(1) Mémoires de la Société de Linguistique de Paris, Tome III, p. 1, sqq., p. 124, sqq., p. 169, sqq.
(2) Ideen zu einer vergleichenden Syntax dans Zeitschrift fur Vœlkerpsychotogie. Tome VI, p. 376, sqq., et Tome VIII, p. 129, sqq., 300 sqq.
particulièrement intéressant ce qui concerne le rôle de la particule fa dans la langue japonaise. •Quant aux vues générales, au principe de Tordre des mots, il ne dit rien que je n'aie exposé vingt-cinq ans avant lui. Ni l'un ni l'autre de ces travaux n'a pu m' engager à modifier le mien. Celui de M. von der Gabelentz n'y ajoute rien d'essentiel ; M. Bergaigne se place dans le sien à un point de vue tout différent.
Sauf quelques légères retouches de style, cette troisième édition reproduit exactement la deuxième (1869), laquelle, à son tour, ne différait de la première (1844) que par un petit nombre de modifications et d'additions. Il m'eût été facile d'allonger ce petit ouvrage ; mais sa concision a peut-être été pour quelque chose dans le bon accueil qu'on lui a fait. Je m'abstiens donc de le charger de plus de matière. Plût à Dieu que, dans l'intérêt de ceux qui lisent, ceux qui écrivent prissent pour devise le vieux dicton : Méya (3iêXiov péya xaxov.
Paris, juin 1879.
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