INTRODUCTION
On s'est proposé de traiter dans cet essai de Tordre suivant lequel peuvent se succéder soit les mots, soit les groupes de mots qui servent à la formation de la phrase. Les mots sont les signes des idées : traiter de Tordre des mots est donc, en quelque sorte, traiter de Tordre des idées : de ce point de vue notre sujet peut prendre quelque importance. Les grammairiens se sont beaucoup occupés des mots considérés isolément ; ils en ont étudié l'enchaînement syntaxique ; mais la plupart n'ont pas donné une grande attention à Tordre dans lequel les mots peuvent se succéder. Pourtant Tétude de cette succession semblerait être une partie assez considérable de la grammaire : car la grammaire a pour objet d'expliquer comment la pensée se traduit par la parole ; la pensée est dans un mouvement perpétuel ; la marche de la parole ne saurait donc être raisonnablement négligée.
Avant d'entrer dans notre sujet, jetons un coup d'œil rapide sur ce qu'en ont dit les anciens et les modernes. Parmi les anciens, Denys d'Halicarnasse a consacré un
weil, Ordre des mots. 1