partie inférieure et sensuelle, comme 1 1 chair qui convoite contre
l'esprit, comme l'homme animal qui n'entend pas le- voies d«^
Dieu, efqui les combat. Comme dans l'homme particulier, la force
épurée par ce combat de faiblesse ; ainsi, dans cet homme
universel, qui est l'Eglise, Is partie spirituelle est épurée par
l'exercice que lui donnent les réprouvés. I Eglise souffre dans les
rouvés une Incroyable violence, plus grande que les douleurs
de l'enfantement; parce que, les sentant dans l'unité de son corps,
lurmente pour les attirer •■ l'unité de son esprit ; et nulle
cution ne lui est plus dure que leur résistance opiniâtre.
» Elle gémit donc sans i esse dans les justes, qui sont la partie
~ie, pour les pécheurs, cpn sont la partie terrestre et animale;
i convers i ura est le fruit de i e gémissement Inté-
rieur et perpétuel. Dieu ne se laisse fléchir que par le gémissement de cette colombe ; je veux dire que par les prières, mêlées de soupirs, que fait l'Eglise, dans les justes pour les pécheurs ; mais Dieu exauce l'Eglise, parce qu'il écoute en elle la voix de son Fils. Tout ce qui se fait par l'Eglise, c'est Jésus-Christ qui le fait; tout ce que fait Jésus-Christ dans les fidèles, il le fait par sa sainte Eglise. Amen à Dieu, cela est vrai. Vous avez eu quelque vue de cette vérité; elle est sainte et apostolique.
» L'Eglise soupire dans ces mêmes justes pour toutes les âmes souffrantes, ou plutôt elle soupire dans toutes les âmes souffrantes et exercées, pour toutes les âmes souffrantes et exercées ; leurs souffrances, leur accablement porte grâce, soutien et consolation les unes pour les autres.
» Jésus-Christ est en son Eglise, faisant tout par son Eglise ; l'Eglise est en Jésus-Christ, faisant tout avec Jésus-Christ. Cela est vrai, et très vrai ; celui qui l'a vu en a rendu témoignage ; gloire au témoin fidèle, qui est Jésus-Christ, Fils du Père.
» Telle est donc la composition de l'Eglise, mélangée de forts et d'infirmes, de bons et de méchants, de pécheurs hypocrites et de pécheurs scandaleux ; l'unité de l'Eglise enferme tout et profite de tout. Les fidèles voient dans les uns tout ce qu'il faut imiter, et dans tous les autres ce qu'il faut surpasser avec courage, reprendre avec vigueur, supporter avec patience, aider avec charité, écouter avec condescendance, regarder avec tremblement. Et ceux qui demeurent, et ceux qui tombent, servent également à l'Eglise ; ses fidèles voyant dans ceux-ci l'exemple de leur lâcheté, et en voyant dans les autres la conviction, tout les étonne, tout les édifie, tout les confond, tout les encourage ; autant les coups de grâce que les coups de rigueur et de justice. Adoration à Dieu sur ses voies impénétrables. Tout concourt au salut de ceux qui aiment, et même les froideurs, et même les défauts, et même les lâchetés de l'amour. Qui le peut entendre, l'entende ; qui a des oreilles pour ouïr, qu'il écoute ; Dieu les ouvre à qui il lui plaît ; mais il lui faut être fidèle ; malheur à qui ne l'est pas !
» Cette Eglise, ainsi composée dans un si horrible mélange, se démêle néanmoins peu à peu, et se défait de la paille. Le jour lui est marqué où il ne lui restera plus que son bon grain ; toute la paille sera mise au feu. Une partie de cette séparation se fait visiblement dans le siècle par les schismes et les hérésies ; l'autre se fait dans le cœur, et se confirme au jour de la mort, chacun allant en son lieu. La grande, universelle et publique séparation se fera, ii la fin des siècles, par la sentence du Juge. Toute l'Eglise sou-
41s ILLA1RES.
pire après cette séparation, «ni il ne restera plus à Jésus-Christ que des membres vivants : !<■< autres ètanl retranchés par or trrribl( ■•. que Moire-Seigneur J< Bus-Christ, pour consommer
toutes choses aussi bien <|n*il les ;i commencées i>:n- <mi Eglise, prononcera en elle, et avec elle el par elle : les apôtres tenant leui séance ^«'i' tous les élus de IH< u, el condamnant au feu éternel tous les anges rebelles, et tous ceuï qui auront pris leur parti et imité leur orgueil. Alors l'Eglise ira au lieu de son règne, n'ayant plus avec elle que ses membres spirituels, démêlés et séj pour jamais de tout ce qu'il y a d'impur; cité vraiment sainte, vraiment triomphante, royaume de Jésus- Chrisl el régnante) lésus-Christ.
» En attendant ce jour, elle gémit ici bas comme une exilée; se, dit le saint Psalmlste, Bur les fleuves de Babylone, elle pleure el gémil en se Bouvenanl de Sioo : assise sur les fleu stable parmi les changements : non emportée par les fleuves, mais soupirani sur l< urs bords : voyanl que toul s'écoule, et Boupirant après Sion ou l utes choses Boni permanentes; pleurant d< trouver au milieu de ce qui se passe el qui n'est pas, p;ir le souvenir qu'elle a au cœur de ce qui Bubsiste et qui est; tels sont les gémissements de cette exilée.
» Elle chante cependant pour Be consoler, «m elle citante le même cantique que la céleste Jérusalem : Mleiuin, louan| Dieu; amen, ainsi soit-il : cela est écrit dans l'Apocalypse. Louange ;i Dieu pour sa grande gloire : ainsi soii-il dans la créatore par une complaisance immuable n la volonté <lo Dieu : le cantique de l'Eglise. Cette partie d'elle-même, qui est déjà vivante avec Dieu, le chante dans la plénitude; el l'autre fidèle écho le répète dans l impatience et dans l'avidité «l'un saint désir.
. mi htm pour l'Eglise, louange ;i Dieu pour l'i plis* : lou ■I Dieu quand il frappe, louange ;'■ Dieu quand il donne: .t> ainsi soit-il par l'Eglise qui dit sans cesse, ma Sœur, et vous I»
MVei : il » b SU f'i'l '"
» L'Eglise est persécutée, louange s Dieu, :iin>i soit-il; l'Eglise le calme, louange a Dieu, ainsi soit-il. Disons-le pour t « > t ■ i le corps «le- ri [lise : disons le pour toutes les âmes qui souffrent "u de pareils exercices ou de pareilles vicissitudes. ■ L'Eglise est persécutée ; elle est fortifiée au dedans parles : on lui donne au dehors ; l'I -i dans !»• calme, i
poor • ire i lereée de la main de Dieu d'une manière plus Intime.
» l Eglise est comme Inondée par le déluge « l « ■ — mauva mo u isc semble quelquefois être donnée en proie ■ Per-
reur, qui menace de la couvrir toute ; cependant, sa sainteté demeure entière, sa foi éclate toujours avec tant de force, que même ses ennemis sentent bien, par une céleste vigueur, qu'ils ne peuvent point l'abattre ; mais, par là, elle-même sent bien qu'il n'y a que Dieu qui la soutienne.
» Alléluia pour l'Eglise ; amen à Dieu pour l'Eglise, et le même pour toutes les âmes que Dieu fait participer à cette conduite. Jésus-Christ est fort et fidèle, et, jusqu'aux portes de l'enfer, il faut espérer en lui, et que tout notre cœur, toutes nos entrailles, toute la moelle de nos os crient après lui : Venez, Seigneur Jésus, venez.
» Je crie et je crierais sans fin ; mais il faut conclure : • Que tes tabernacles sont beaux, ô Jacob! Que tes tentes sont admirables, ô Israël! que mon âme meure de la mort des justes! » C'est l'Eglise qui est sous ses tentes, toujours en guerre, toujours en marche, toujours prèle à demeurer ou à partir, suivant l'ordre de la milice spirituelle, au premier clin d'oeil de son chef.
» Vous me demandez ce que c'est que l'Eglise ? L'Eglise, c'est Jésus-Christ répandu et communiqué, c'est Jésus-Christ tout entier, c'est Jésus-Christ homme parfait, Jésus-Christ dans sa plénitude.
» Comment l'Eglise est-elle son corps et en même temps son épouse ? Il faut adorer l'économie sacrée avec laquelle le Saint- Esprit nous montre l'unité simple de la vérité, par la diversité des expressions et des figures.
» C'est l'ordre de la créature de ne pouvoir représenter que par la pluralité ramassée l'unité immense d'où elle est sortie ; ainsi, " dans les ressemblances sacrées que le Saint-Esprit nous donne, il faut remarquer en chacune le trait particulier qu'elle porte, pour contempler, dans le tout réuni, le visage entier de la vérité révélée ; après, il faut passer toutes les figures. pour connaître qu'il y a, dans la vérité, quelque chose de plus intime, que les figures, ni unies ni séparées, ne nous montrent pas ; et c'est là qu'il se faut perdre dans la profondeur du secret de Dieu, où l'on ne voit plus rien, si ce n'est qu'on ne voit pas les choses comme elles sont. Telle est notre connaissance, tandis que nous sommes conduits par la foi. Entendez, par cette règle générale, les vérités particulières que nous méditons devant Dieu. Seigneur, donneznous rentrée, puisque vous nous avez mis la clef à la main.
» L'Eglise est l'épouse, l'Eglise est le corps ; tout cela dit quelque chose de particulier, et néanmoins ne dit au fond que la même chose. C'est l'unité de l'Eglise avec Jésus-Christ, proposée
par une manière ei dans des mes différentes. La porte s'ouvre, entrons el voyons, et adorons avec toi, et publions avec joie la sainte vériié de Dieu.
» L'homme se choisit >'>n épouse, mail il est formé avec ses membres; Jésus, homme particulier, s choisi l'Eglise ; Jésus-Christ, homme parfait, i été formé et achève «i«- se former ions les jours en l'Eglise ei avec I Eglise. L'Eglise, comme épouse, est à Je-u^- Chrisi par son chois ; l'Eglise comme corps, esl ■> J< sus-Cbrisl par mu' opération irés-intime «lu Saint-Esprit de Dieu, Le mystère de l'élection, par rengagement des promesses, parail dans le nom d'épouse ; ei le mystère de l'unité, consommé par l'infusion de i Esprit, -f voit dans le nom de corps. Le nom de corps nous fait voir combien l'Eglise esl s Jésus-Christ ; le titre d'épouse nous fan voir qu'elle lui a été étrangère, el que c'est \oloniaircment qu'il la recherchée. Ainsi, le nom d'épouse nous fait voir unité par amour et par volonté, el If nom de corps non- porte a entendre unité comme naturelle ; de sorte que, dans l'unité du corps, il par.m quelque chose de plus intimi . et, dans l'unité il épouse, quelque chose de plus sensible et de plus tendre. Au fond, ce n'est que la même chose ; Jésus-Christ a aimé L'Eglise, et il l'a son épouse. Jésus-Christ s accompli ><m mariage avec l'Eglise, il l'a faite -mi corps. Voilà la vérité : Deux âan§ une chair, i os et chair d>- ma chair: c'est ce qui a été dit d'Adam <i d'Eve, dit l'Apôtre, mi grand sacrement en Jé$uê-Ckrût
ci en ro* / flise. Unsi, l'unité de corps est If donner sceau qui confirme If litre d'épouse. Louange < l'on pour l'enchaînement es vérités toujours adorables !
» Il était de h sagesse d< Dieu que l'Eglise parut tantôt nomma distingué* de Jésus-Christ, lui rendant Bes devoirs el ses homma-
lantôt comme n'étant qu'une avt i Jésus-Christ, vivant di espi ii el de sa gi àce.
» Le nom d'épouse distingue pour réunir : lf nom de corps unit sans confondre, et découvre, au contraire, la diversité des i - ; unité dans la pluralité, image de la rrinilé, c'est l'Eglise. • Outre cela, je vois, dans if nom d'épouse, la marque de la di-
• <\r 1 1 glise. I I glise, c me corps, < -i subordonnée i -on
chef; i Eglise, comme épouse, participe ■> - 1 majesté, i n rce son ondité. Unsi, !<• litre d'épouse était néoaapour faire regarder l'Eglise comme la compagne fidèle de i hrist, la difpensalrii e de - 1 1, la dii ectriee oV
famille, i • toujours féconde et la nourrice toujours charitable
de lous »es en h
» Mais, comment est-elle mère des fidèles, si elle n'est que l'union de tous les fidèles? Nous l'avons déjà dit : tout se fait par l'Eglise ; c'est-à-dire tout se fait par l'unité. L'Eglise, dans son unité et par son esprit d'unité catholique universelle, est' la mère de tous les particuliers qui composent le corps de l'Eglise ; elle les engendre à Jésus-Christ, non en la façon des autres mères, en les produisant de ses entrailles, mais en les tirant de dehors pour les recevoir dans ses entrailles, en se les incorporant à elle-même, et en elle au Saint-Esprit qui l'anime, et par le Saint-Esprit au Fils qui nous l'a donné par son souffle, et par le Fils au Père qui l'a envoyé, afin que notre société soit en Dieu et avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, qui vit et règne aux siècles des siècles, en unité parfaite et indivisible, amen. De là vous pouvez entendre comment les évêques et comment le Pape sont les époux féconds de l'Eglise, chacun selon sa mesure.
» L'Eglise, ainsi que nous avons dit, est féconde par son unité. Le mystère de l'unité de l'Eglise est dans les évéques, comme chefs du peuple fidèle, et, par conséquent, l'ordre épiscopal enferme en soi, avec plénitude, l'esprit de fécondité de l'Eglise. L'épiscopat est un, comme toute l'Eglise est une; les évêques n'ont ensemble qu'un même troupeau, dont chacun conduit une partie inséparable du tout; de sorte qu'en vérité ils sont un tout, et Dieu ne les a partagés que pour la facilité de l'application. Mais, pour consommer ce tout en unité, il a donné un pasteur qui est pour le tout, c'est-à-dire l'apôtre saint Pierre, et en lui tous ses successeurs.
» Ainsi, Notre-Seigneur Jésus-Christ, voulant former le mystère de l'unité, choisit les apôtres parmi tout le nombre des disciples ; et, voulant consommer le mystère de l'unité, il a choisi l'apôtre saint Pierre pour le préposer seul, non-seulement à tout le troupeau, mais encore à tous les pasteurs, afin que l'Eglise, qui est une dans son état invisible avec son chef invisible, fût une dans l'ordre visible de sa dispensation et de sa conduite, avec son chef visible qui est saint Pierre, et celui qui, dans la suite des temps, doit remplir sa place. Ainsi, le mystère de l'unité universelle de l'Eglise est dans l'Eglise romaine et dans le siégé de saint Pierre; et, comme il faut juger de la fécondité par l'unité, il se voit avec prérogative d'honneur et de charité le saint Pontife et le Père commun de tous les enfants de l'Eglise. C'est donc pour consommer le mystère de cette unité que saint Pierre a fondé, par son rang et par sa prédication, l'Eglise romaine, comme toute l'anti-
quitc l'a reconnu. Il établit, premièrement, l'Eglise de Jérusalem pou r les Juifs, ;i qui !«• royaume de Dieu d< vaii être premièrement
.mu pour bonorer la foi de leurs pères, auxquels Dieu avait
f.ut h v promesses; le même saint Pierre, l'ayant établie, quitte
Jérusali m pour aller à Rome, afin d'honorer la prédestination de
i, qui préférait les Gentils aux Juifs dans la grâce de son Evaor
pi h- •. et il établit Rome, qui était chef de la genlililé, le chef de
ise chrétienne, qui détail être principalement ramassée de la lilité dispersée, afin que cette même ville, sous l'empin laquelle étaient réunis tant de peuples el tant de monarchies différenies, nu le Biége il»1 l'empire spirituel qui devait unir tous Les peuples, depuis le levant jusqu'au couchant, sous l'obéiss in< e da Jésua-t hrist, dont, ;'i celte ville maîtresse du monde, a été poi par saint Pierre, la vérité évangélique, afin qu'elle fût Bervante de Jésus-Christ, et mère de loua Bes enfants par >a fidèle servitude.
avec la vérité de l'Evangile, saint Pierre a porté à celte 1i.i prérogative de son apostolat, lire la proclamation 4e la
foi el l'autorité de la discipline.
» Pierre, confessant hautement la foi* entend de Jésus-Christ cet oracle : lu es Pierre, el sur cette pierre je bâtirai uf>n l ' giise. Saint Pierre, déclarant son amour à son Maître, reçoit de lui ce commandement : Poti mes brebis, paie mes agneau*; pais les mères, pais les petits; pais les forts, pais les infirmes, pais toul le troupeau. Pais, c'est a-dire conduis, roi doue qui es Pierre, publie la toi el pose le fondement; toi qui m'aimes, pais le troupeau ci gouverne la discipline.
» \in-i. éternellement, tant que l'Eglise sera Eglise, vivra dans le 3i( -• de saint Pierre, la pureté dé la f<>i el l'ordre de la d pline; avec celte différence que la toj ne recevra Jamais aucune tache, et que la discipline -ira souvent chancelante ; ayant plu à Jésus-I hrist, qui a établi -on Eglise comme un édifice sai ré, qu'il \ eût toujours quelque réfection a faire dans le corps du bâtiment,
que le fondement fûl >i ferme, que jamais il ne pm être ébranlé, pane que les hommes, par -a grâce, peuvent bien contri* huer a l'entretenir, mais m> ne pourraient jamais l<" rétablir de non \ian ; d faudrait que Jésus-i ihrisl vint encore au monde. I i par ij P o ait 1 effronterie de nos derniers hérétiques, qui n'ont pas 1 1
de dire, dan- leur COnfeSSion de loi. «pie Pieu a\ail eil\o\e l.ulIliT iKin polir dre^cr ,|,- uoii\eau l'Egli l'affaire de Jesiis
Christ ; il n'appartenait qu'à lui seul d'érig* r cet édifice, et il fallait pour cela qu'il vint au monde. Hais, comme d avait résolu de p,*j
venir qu'une fois, il y a établi son temple si solidement, qu'il n'aura jamais besoin qu'on le rétablisse, et il suffira seulement qu'on l'entretienne (1). »
Voilà donc l'Eglise, une, sainte, catholique et apostolique : une, parce que son chef est un et qu'elle lui est unie, comme les membres du corps, vivant de la même vie ; sainte, parce que, par la grâce que le Saint-Esprit lui communique, elle devient participante de la nature divine, elle est sainte de la sainteté de Dieu qui lui est communiquée ; catholique, parce que son auteur, Dieu, est le Dieu de tous les hommes ; apostolique, étant fondée sur la doctrine et l'autorité des apôtres. Elle est vraiment une société divine, étant entrée, par grâce, dans la société de Dieu même.
C'EST SURTOUT L'ÉTUDE APPROFONDIE DE LA GRACE, QUI PEUT DONNER LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.
Messieurs,
Le dogme de la grâce, bien compris, peut seul nous donner l'intelligence de la dignité du chrétien, de la sublimité du catholicisme, de la nature de l'Eglise. Mais l'histoire, dans son ensemble, est le récit raisonné des faits et gestes de la société catholique, et, dans ses détails, celui des actions particulières des chrétiens. Quiconque ignore ce que c'est que. le chrétien, le catholicisme, l'Eglise, ne peut donc rien comprendre dans l'histoire, et n'atteindra jamais ce qu'on appelle communément la philosophie de l'histoire. Un coup d'œil rapide, jeté sur les opinions diverses des rationalistes, touchant l'histoire, va nous en convaincre.
La philosophie incrédule du dernier siècle, armée d'une fausse science, n'a cessé, sous prétexte de vouloir éclairer les esprits, de saper les fondements de la religion et les bases de toute
(1) Bossuct, Leltret de piété.
I I Mf.l S.
société. Ce qu'elle vantail comme le seul flambeau destin illuminer le monde, n'était entré ses mains qu'une torche incendiaire qui allumait le feu partout, et qui n'a I lissé d'autres li de son i ne des monceaux de cendres La plupart d<
adeptes n'en faisaient pas mystère : il< marchaient léte levée, et allaient droit à leur but. Leurs « l i - <*î | > l c*-; . aujourd'hui plu- nombreux ' i plus puissants qu'on ne B'imagine, ont répudié l'allure trop rranche et un peu sauvage de leur» devanciers, leur lan. trop naïf ci leur ton d'arrogance. A les croire, ils -ont plus eatlioliques que le Pape. Quand nos évéques déclarent qu'ils ni retrouvent pas même le signe 'lu chrétien imprimé autrefois sur leur iront, il- se fâchent, ils s'irritent, ils témoignent du respect lo plus profond pour le christianisme : nouveaux Judas, ils trahie" sent leur maitre par un baiser.
Voici, autant qu'il nous a été donné de saisir leurs penat aussi inintelligibles «pic bizarres, à quoi peut se réduire leur doctrine Dieus'est révélé primitivement à l'homme, ci ;i renouvelé, à diverses époques, la manifestation de lui-même an g< nre humain, ou plutôt il se révèle incessamment les hommes el le- pis la terre ci le- eieux, tout public sa gloire ci -a puissance : voilà la révélation. Chaque peuple, chaque siècle, chaque génération, chaque individu, tous, enfin, font leur lèche a cette grande œuvre, quoique diversement; tous apportent leur pierre a cet édifice commun. Mais celle des un-. Bituée dans les fondements ou l'intérieur de- murs, restera éternellement ignorée, tandis que celle de- autres, pincée en saillie, plu- polie ou mieux taillée, rappellera constamment le souvenir de la main qui l'a travaillée. parmi ce- dernier-, on peu! compter Moïse, David, Salomon, Confucius / tri istre, l \< urgue, Solon, Platon, Socrale, etc., etc. rrands génies ont rie comme les précurseurs d'un génie plus puissant encore, le Christ, qui a résumé toutes les traditions des peuples. Sa parole, ci oie. simple, concise, a donne pin- d'éclat à -a pensi e ci le mouvement rapide qu'il a communiqué au développement de i.i doctrine universelle, a marqué à son effigie la révolution totale qui eut lien de -mi temps. Ce précieux trésor, fruit du labeur de- siècles précédents, a été confié a la bch pour le faire valoir ; champ fende, devenu l'héritage de 1.1 philosophie, chargée de le cultiver, '\.\-jr en âge, jusqu'à la fin des siècles. ' ii icun de ses disciples j u.\<c -mi sillon, rertullien, saint
-un. -uni Jérôme, Mahomet, I uther, Calvin, Bossuet, I i Ion, Voltaire, Rousseau, de Maistrc, etc., etc. roua n "in jeté quelques semences utile-, (pu germent el produisent dam leur
temps des fruits divers ; et cette infinie variété de productions fait l'harmonie et la beauté du monde.
Cependant , chacun reste libre d'expliquer comme bon lui semble les faits généraux dont se compose l'histoire du genre humain, car toutes les opinions sont vraies ; ce sont autant de faces diverses de la vérité infinie ; l'erreur n'est qu'une vérité incomplète.
L'un ne voit, dans tout ce que l'histoire raconte des faits passés, que figures, que symboles, que mythes. La création, la chute de l'homme, le déluge, l'histoire d'Abraham et des autres patriarches, et même celle du Sauveur, sont de magnifiques allégories pleines d'enseignement, de raison et de philosophie. Vous ne le croyez peut- être pas, vous autres catholiques ? C'est que vous n'avez pas lu saint Paul, Origène, saint Jérôme et tous les Docteurs du moyen-àge.
Au contraire, tout est matériel pour l'autre. De la nécessité et de l'immutabilité des lois dans l'ordre physique, il conclut le même mode d'existence dans les êtres intelligents ; tout arrive, parce que c'est nécessaire ; la nécessité justifie tout, légitime tout, est la dernière raison de toutes choses. Pourquoi ces persécutions violentes dans les premiers temps du christianisme ? Pourquoi cette proscription, cette boucherie d'hommes probes et vertueux, il y a un demi-siècle ? C'était nécessaire ; ainsi le voulait l'ordre. Julien l'Apostat n'était pas moins nécessaire au monde ni moins utile que Charlemagne. La fatalité, telle est la cause de tous les événements.
Celui-ci n'a pas assez de voix pour relever la puissance et la dignité de l'homme. Roi de la nature, il naît libre et indépendant; nul n'a le droit de poser des limites à son pouvoir, d'empêcher l'exercice de sa souveraineté. Il est seul maître de ses pensées, de ses désirs et de ses actions,- il n'en doit compte à personne. Ce qu'il croit est toujours vrai, ce qu'il fait est toujours bien ; ce qu'on appelle erreur est une demi-vérité, et ce qu'on nomme vice, une demi-vérin.
Celui-là soutient que l'intelligence et la volonté de l'homme sont les seuls principes de la vérité et de la justice, parce qu'il est luimême une émanation divine. En effet, la cause première de toutes choses ne peut être conçue que comme agissant toujours. La création est donc nécessaire ; c'est l'absolu se révélant à luimême, l'unité se modifiant sans cesse et de mille manières différentes. Tous les êtres ne sont que des parties du grand Tout. De toute éternité, ce grand Tout est comme le chêne dans le gland,
ei l'univers ivec tous ses mondes est encore le gland, mais développé, avec le ironc de l'arbre, les racines et ses branchi
ne pouvons, comme on le pense bien, qu'indiquer, en
mi, le- idées fondamental* - des principaux systèmi - de m historiens modernes : Byst< mes < troits, exclusifs, qui n'envia igent jamais les faits que sous suie de leurs faces ; systèmes faux, im-
. absurdes, que nos rationalistes nous donnent gravement pour Jn philosophie de l'histoire.
pendant, il en est encore un sutre qui semble se rapprocher peut-être plus de la vérité, ci qui n'en est que plus dangereux.
i la cour de Louis XIV, on conçoit dans quel esprit il conçu et développé. Il ;i plus d'un lien d'affinité avec les prt dents : il parât I même descendre en ligne directe du dualisme persan, ou, si tous ne le voulez pas -i vieux, du manichéis Mais, semblable à certains forçats libérés, il a changé «le nom pour éviter le déshonneur <•! l'infamie qui l'auraient poursuivi partout, il B'esl appelé gallicanisme. Il admet deux principes
listants, tout-à-fait indépendants l'un de l'autre, la matiéi l'esprit, le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. Cependant, eomme ils ne sauraient bc passer l'un de l'autre, on a établi entre eux des rapports de bienveillance et d'amitié ; mais, dans cette
ce 'lr concordat, on conçoit, d'après les idées qui prédominent depuis deux -irries. auquel des deui ou ;i minenee : e'est l'âme qui doit obéir au corps, l'esprit à la matière.
l'évéque au magistrat, eomme, en littérature, la p< osée doit -ui\re la forme.
- quelques réflexions suffisent pour montrer ce qu'on doit er de nos plus célèbres historiographes. Le rationaliste Gui- /ut, le fataliste rhiers, le vollairien Niiéry, le romancier '
illican Fleury, -oui Jugés depuis longtemps. Ce n'est pas assurément que nous r< fusions toute espèce de mérite a ces écrivains us plu- d'un rapport ; il- oui écrit parfois 'le- i que nous avons lues avec admiration ; mai-, • le quelques Bperçus ingénieux, de réflexions sensées, «le descrip-
charmantes, que de Jugements faux, que de faits trou.; que d'opinions hasardées, que d'erreurs renouvelées, que d< -. que de puérilités I II- écrivent l'histoire d'aj mes pn conçus, des opinions forint m on*
u ni tout oc qui favorise leur secte ou leur parti; ils
inspuenl tout ce qui leur est conti i nous arrêterons pas à réfuter chacun de ces systèmes ulier ; il- le sonl par i exposition que non- avons faite de
la doctrine caiholique. Il suffit de rappeler qu'il y a dans l'homme trois vies : la vie des sens, la vie de l'àme raisonnable et la vie divine. L'homme est donc soumis aux lois des corps, des esprits intelligents et libres, et des lois positives que Dieu a établies dans l'ordre surnaturel. Tous les faits, tous les événements doivent donc se rapporter à trois causes principales, aux lois immuables et comme nécessaires de la nature, à la liberté de l'homme, à la conduite de la Providence ou à l'intervention divine dans toutes les affaires de ce monde ; causes qui se modifient sans cesse et se combinent de mille manières sans se détruire. Elles semblent quelquefois exercer une même action et concourir également à un fait ou à un événement, mais plus souvent l'une parait l'emporter sur les autres ; et c'est là ce qui trompe ceux qui ont la vue courte, qui n'étudient pas l'homme dans tous ses rapports avec Dieu et les créatures. Ils ressemblent à un mathématicien, qui de trois données en néglige une ou deux dans son calcul ; le produit est nécessairement faux. L'on remarque chez tous un esprit individuel, exclusif, qui, pareil au prisme, décompose les rayons divers de la lumière qui jaillit des faits passés, et ne reflète que celui qui est du goût de l'écrivain. C'est ce qui nous fait comprendre pourquoi il y a, chez les rationalistes, trois principales écoles historiques, savoir : l'école fataliste, l'école progressiste ou humanitaire, et l'école panthéiste ; et parmi les chrétiens, l'école gallicane et l'école vraiment catholique.
Il est donc certain que si l'on veut saisir l'histoire dans son ensemble, il faut remonter plus haut que l'homme ; il faut considérer la main toute-puissante du Très-Haut, qui prépare et dirige tous les événements vers le but qu'il s'est proposé ; il faut connaître le plan providentiel de Dieu sur le genre humain. Or, nous avons vu que, par une bonté ineffable, il a destiné tous les hommes à le voir tel qu'il est en lui-même, à faire, partie de la société divine. Mais cette fin excède toute proportion de la nature créée et possible ; la révélation est donc hypothétiquement nécessaire. Mais les dons de Dieu sont sans repentir : la malice des hommes ne devra donc pas l'emporter sur la miséricorde divine.
C'est pourquoi Dieu constitue le père du genre humain dans l'ordre surnaturel, pose son œil sur son cœur pour l'inonder des flots de sa lumière, lui découvre une partie des splendeurs de sa gloire, et s'entretient avec lui comme un ami avec son ami. Loin de l'abandonner après sa chute, il luiaccorde un généreux pardon et lui réitère ses promesses. Le genre humain est encore enfant, et Dieu lui-même se charge de faire son éducation ; sans cesse il lui
01 i URSS.
ri'iu rnements, et quand il se montre indocile à ses
patern< Is ements, il lui inflige des châtiments corporels pour
le faire rentrer plus toi dans le devoir.
.r. tous ces Boins, In plupart <lc> hommes méconnaisse nt les bontés <le leur Créateur, et prosiitueni leur amour à de viles créatures. Alors Pieu se choisit un peuple dans la personne d \brabam, le fait croître el multiplier dans la lerre d'Egypte, d'où il le conduit plu> lard dans la terre de promission. Il parle, el toute la nature [remit : les fleuves remontent vers leur source, les monta§n< lient, des sources d'eaux \i\cs jaillissent des rochers,
tout' écrient : C'est vous seul, Seigneur, qui nous
ave/
Dieu confie à ce même peuple ses oracles et les destinées du monde. Il l'établit son prédicateur, son prophète, son hérault pour annoncer ses volontés .i toute la terre. Pour le châtier de prévarications, les plus grands monarques sont entre les mains de Dieu des verges sanglantes dont il se sert dans son courroux : il renvoie courber la tète sous le joug de la servitude parmi le< grandes nations qui l'environnent : il le disperse de t. par-
tout où régnent l'idolâtrie, l'ignorance et la corruption des mœurs. Et, tandis que des prophètes envoyés de Dieu le rappellent de i garements, lui-même publie, au milieu des Gentils, la justice, la bonté, la sagesse de Jéhovah, et l'avènement du Christ rédempteur.
Les temps sont accomplis : tous les peuples ont les tournés vers l'orient, d'un ils attendent leur libérateur, le di (l< - nations. Les livres prophétiques, traduits en grec depuis trois
- »nl répandus dan- toute la genlilité el ont fait revivn antiques traditions. Le peuple-roi, semblable au lion, a broyé les
nation- ., igles de 1er, et les aigles romaines se promènent
d'un lu. m du monde a l'autre. Une vaste unité matérielle sV^t formée entre les peuples, et de grandi s routes relient à la capitale les pn>\ inces les plus élo
l e Christ parait, prêche la doctrine de Celui <pii l'a em fonde son l - ise ou plutôt lui donne si dernière forme ou constitution, et en remontant au ciel, il dit aux apôtres qu'il s chois \ou i la vertu de l'Esprit-Sainl qui surviendra eni
et nous me serez témoins a Jérusalem, dans toute la Jnd<
isqu'aux extrémités du monde, i i ces ipotn tu- de ii force d'en haut, partent, avec la rapidité des anges, pour annon. 1 1 ., mut l'univen la bonne nouvelle du salut.
al Pierre, leur chef, consolide l'Eglise oaissante de Jêru
lem, établit son disciple Marc à Alexandrie, gouverne Antioche quelques années, se rend à Rome et en fait la capitale et la reine du inonde chrétien. Bientôt saint Paul nous dit que la foi des Romains est connue dans le monde entier.
Les successeurs des apôtres marchent sur leurs traces et font retentir la parole de Dieu dans les cités et les hameaux, dans les royaumes et les provinces, sur le continent et dans les iles. Pendant trois siècles, Rome païenne tient la hache levée, envoie au ciel douze millions de martyrs, rend plus féconde lEpouse du Christ en l'arrosant du sang de ses propres enfants, et disperse au loin les prédicateurs de l'Evangile. Pour la punir de son impie cruauté, Dieu appelle des forêts du Nord des hordes de sauvages qui fondent sur elle comme des lions sur leur proie. Mais, ô merveilleuse vertu de la croix ! ces lions terribles sont tout à coup changés en agneaux, entrent dans le bercail du souverain pasteur, et se rangent sous la houlette du pontife romain. Bientôt la Grande- Bretagne, obéissant à la voix du moine Augustin, devient l'île des saints, et les sauvages habitants de la Germanie, déposant leur férocité à la prédication de saint Boniface, forment un peuple de chrétiens fermes et courageux.
Cependant l'esprit de chicane, de sophisme, de dispute, agite tout l'orient; les hérésies s'élèvent nombreuses au sein de la Grèce. La voix de Pierre, qui vit dans ses successeurs, a beau les foudroyer ; sans cesse anathémalisées, elles ne sont pas éteintes ; elles finissent par se résumer dans une grande et effroyable impiété, appelée le mahométisme ; doctrine satanique, qui se prêche à la pointe du cimeterre et menace d'envahir le monde entier ; horrible géant, qui brise tout, détruit tout, porte partout le carnage et la dévastation. Il traverse, en bondissant, les provinces d'Afrique, se jette sur l'Espagne, franchit les Pyrénées et ravage le midi de la France. Charles-Martel court à sa rencontre, et de son bras puissant il broie cette multitude de Barbares, comme le forgeron réduit en poudre le fer le plus dur sous les coups de son pesant marteau.
Quelques siècles plus fard, à la parole brûlante de Pierre l'Ermite et de saint Bernard, tout l'occident se lève comme un seul homme, pour porter secours aux chrétiens de l'orient et attaquer l'islamisme jusque dans ses propres foyers. Dieu veut montrer à la Grèce corrompue et à la Turquie barbare, ce que sont ses fidèles serviteurs, quelle est leur piété, leur bravoure, leur grandeur d'âme ; c'est une main sccourable qu'il tend ù la première, pour la rattacher au centre de l'unité catholique, et un flambeau qu'il
iso < oaou \
hit briller aux yen de Il Moond< pour lui faire reconnaître 11 vérité.
Hais la charité s'est refroidie, le cœur s'est énervé, la chair a prévalu contre l'esprit. Uon apparaissent Luther el Calvin, apôtres «le la bonne obère et de la volupté. Prou gés par «le- printns foi, secondés par des moinei impatients du j'>n.Lr <pi<' lait sur eux i'aostère discipline «lu cloître, mais qu'ils ont lil>renaenl accepté, il- entraînent une multitude innombrable dans lotir révolte saet il<
Qqi i [U( - amea fortes et généreuses résistent a l'appât du pil et des plaisirs : elles demeurent inébranlables dans la ï"i de l< pieux ancétri
ipendani l'Eglise, déchirée par Bes propres enfants, dilate son rieur, étend ses bras, envoie ses missionnaires dans le nouveau ponde, au Japon, eu Chine et dans les Inde-. Des infidèles et «les UàoJôtn s viennent en foule la reconnaître pour leur mère, la consoler luftranoes et adoucir ses douleurs. Ainsi, les pi i grandi événements dont parle l'histoire, Ici rres et les persécutions, sont autant de moyens dont Dieu m sert pour la dilatation <le la vraie f>>i et de la connaissance de la vérité, pour punir les peuples ingrats, et ramener à lui les nation!
l'u peuple a-t-il apostasie! Il conserve encore, au milieu de 1 ; » corruption générale, quelques chrétiens fervents pour servir d'exemple à tous les autres ; comme le magistral d'une cité populeuse fait placer des lumières de distance en distance, de peur que le- passants ne Be jettent dam la boue dont les rues Boni converti
niez-vous savoir quelle est la cause de la grandeur ou de la , lence d'un peuple ; Voyez quels sont ses principe- religieux, i. sa charité, son esprit de dévouement .'i la cause de Dieu et ie. I i peuple n'a jamais été grand que lorsqu'il a compris, plus encore par le coeur que par l'esprit, le dogme de la : car <• * si par la grâce seule que la nature corrompue eal su-dessus d'elle même. Considères le moyen- ; il n'a fait de si grandes choses, il n'a < nfanté tanl de prodi-
il n'.i produit tanl «le chef- -d'teu\ re de m ienee et d .ni, que
e qu'il ;» été éminemment un siècle «le f<>i.
île . la vie, la force, la grandeur, la gloire d'une nami toujours en raison directe de son intelligence de la rine catholique, de m pi itique dm venus chrétienni
son attachement au Saint- :
Répétons-le donc : Dieu veut sauver tous les hommes, il donne à tous les grâces nécessaires au salut, il dirige dans ce but tous les événements, il remue le ciel et la terre pour sauver une pauvre servante.
Cependant, cette intervention de Dieu dans les choses humaines ne blesse en rien la liberté des individus. Il a placé devant eux la vie et la mort, c'est à eux de choisir. Ils ne sauraient violer les lois de leur nature, sans qu'il n'en résulte un désordre ; et, si cette violation1 est générale, la société elle-même est ébranlée. Mais cette violation s'est faite librement, elle est imputable, c'est un crime.
Faisons l'application de ces principes à la France moderne.
Avec l'affaiblissement de la foi, les sentiments de bravoure et d'héroïsme se sont éteints au fond des cœurs. La politique des princes et des rois ne repose plus sur la loi chrétienne ; elle est constituée en dehors de toute morale ; et Bossuet nous dit gravement qu'il en doit être ainsi. Pourvu que le gouvernement arrive à sa fin, tous les moyens sont bons, même les moyens honnêtes. Des rois de France, bien différents de Charlemagne et de saint Louis, envoient des secours aux Turcs pour faire la guerre aux chrétiens et au Pape, excitent et soutiennent les protestants d'Allemagne contre les catholiques. Cette même politique ne reconnaît plus d'autre loi que la volonté du monarque. L'Etat, c'est moi, at-il dit. Et tous répètent : L'Etat, c'est le roi ; tout lui est soumis, dogme, morale, culte, discipline, législation. Il convoque des conciles nationaux, et leur fait porter des décrets qui le déclarent irresponsable de tous ses actes. Il lui est permis d'avoir une conscience commejndividu; comme roi, il n'en peut avoir ; l'intérêt est sa seule règle. Les traités et les conventions qu'il fait avec les Etats voisins ou ses propres sujets ne l'obligent qu'autant qu'ils lui sont utiles. S'il croit que le bien public l'exige, il lui est loisible de vendre ou louer les personnes et leurs biens.
Mais si les rois n'ont d'autres devoirs à remplir envers les peuples que de les gouverner selon leur bon plaisir, pourquoi les peuples seraient ils tenus de leur obéir? Des devoirs supposent nécessairement des droits, et réciproquement. Quand les peuples le jugeront à propos, ils pourront donc aussi vendre et louer, et mënie tuer les rois.
Première cause de la Révolution française : la violation des lois fondamentales de toute société, la politique de Machiavel substituée à la politique cbrélienne.
D'un autre côté, l'immoralité, qui commence chez les grands,
end rapidement jusqu'au! dernières classes de la soi il inutile d'entrer dans les détails : tout le monde sait quelles •ii les mœurs <!•' Henri IV. de Louis \iv et de Louis W. Nous ne concevons plus comment un homme pouvait être la propriété d'un autre homm< inmolns i de l'antiquité
* et le trouvaient juste. Nous ne comprenons plus iment un Juge pouvait accepter les biens de l'accusé qu'il avait jugé et condamné, et pourtant, tous Louis XIV, les m tr;\u les plus intègres I»1 comprenaient et le trouvaient naturel. Nous nous demandons comment un prince pouvait avoir une • maîtresse en titre, que venaient iiolâirer l'honneur, le génie et nu : on entrait dans cette idée au dix-septième siècle : B
hargeail de réconcilier Louis XIV et madame de Montesl • grand roi, dans la déraem n orgueil, osa im|
en pensée à la France, comme monarques légitimes ml-;
adultérins légitimt
• Tout <lt'\int individuel -nu- I nui- XIV. Le peuple disparut comme aux temps féodaux : <m eût <lit d'une nouvelle conquête, d'une nouvelle irruption de B I invasion
d'un seul homme... I i le Louis XIV fut le suj i fil-
que «U* nos l ' ir mille flambeaux de la gloire, que
tenait à l'entour un cortège de grands hommes... Ce prince viola les privilèges des provinces et des cités, posa bs volonté pour règle, enriefa i lurtisans de confiscations odieuses. Il ne lui
vint pas même en pensée que la liberté, la propriété, la Nie d'un jets, ne fussent }>.^ à lui.
» Louis XV respira dans son berceau l'air infecté de In i il m> trouva chargé, avec un caractère ind cis <•! la plus il mou' isions, de l'énorme poids de la monarchie ab-
i -pi ii ne lui servit qu'à \ une un n imbeau dans un abime... de la
cour, qui avaient accepté un tabouret chei madame de Pompadour, le la même faveur une «lu I!
lis Xi leur semblait manquer h ce qu'il devait ;i leur n «•n leur faisant l'injure de ne pas choisir dans leui i - bout-
» 1 de ce prince est l'époque la plus déplorable de noire
i oui ii lit dérangé ■ .1 m> les ma n d'une révolution
L'intrigue élevait et renversait les mlnislri
mi -Mm- d'une nui mmis, de laqu
le miutrrssi s. I u> l'un
moment se hâtaient de sucer le sang du misérable, et s'abîmaient bientôt devant une autre génération d'insectes, aussi fugitive et dévorante que la première.
» A voir le monarque endormi dans la volupté, des courtisans corrompus, des ministres méchants ou imbéciles ; des philosophes, les uns sapant la religion, les autres l'Etat ; des nobles, ou ignorants, ou atteints des vices du jour ; des ecclésiastiques, à Paris, la honte de leur ordre, dans les provinces, pleins de préjugés, on eût dit une foule de manœuvres empressés à démolir un grand édifice (1). »
La plupart des évèques n'avaient d'autre vocation que celle d'être les cadets de familles nobles ou princières ; on les jetait dans la cléricature pour conserver aux aines le patrimoine seigneurial dans son intégrité. Que pouvait-on espérer de semblables vocations ? Le moindre défaut de leur conduite était l'oisiveté et la bonne chère. Un grand nombre de prêtres se faisaient gloire de marcher sur leurs traces
Les abbés, dans les monastères, égalaient, surpassaient même quelquefois les évêques par leur luxe et la dépravation de leurs mœurs. La clôture n'était plus observée ; la règle était mise en oubli. Les moines semblaient ne faire les vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, que pour mener une vie plus mondaine et plus voluptueuse.
Seconde cause de la Révolution française : l'immoralité dans toutes les classes de la société ; la vertu et le dévouement n'étaient plus que des exceptions.
Une révolution était inévitable. Quand le sel de la terre est affadi, on le jette sur la voie publique, et on le foule aux pieds. Le moyen le plus efficace, peut-être le seul, de sauver la nation française, était la réforme du clergé et des ordres religieux. Mais qui l'eût osé tenter? Le pouvoir civil? Il était lui-même l'auteur et le complice de leurs dérèglements. Le siège apostolique ? Mais roi, peuple et clergé, eussent crié à l'envahissement de l'ultramontanisme. Un prophète, un Jonas qui aurait fait retentir les places publiques des menaces du Très Haut? Mais sa parole eût été impuissante sur tout un peuple gangrené jusqu'à la moelle des os ; mais ce peuple s'était rendu trop coupable pour échapper à la vengeance de Dieu ; car, ce qui nous étonne encore aujourd'hui, c'est que la France n'ait pas été rayée du nombre des na-
(1) Chateaubriand, Etudes hist07-i'/upn, tora. 3, i la lin.
Il MK1 B.
tion-, ou totalement abandonnée, comme tant de peuples de l'Asie et de P Afrique.
ii donc l'a - itnrée pu s obtenu son pardon devant Dieu ! Quelques pieux Israélites qui n'avaient pas fléchi le genou devant
: quelques Ames généreuses qui, par la pratique des plu- sublime- vertus el l'austérité il»' li ur pénitence, s'immolaient pour le - il h t eommun. La résolution s doue été décrétée, dans in pensée de Dieu, eommeun grand châtiment pour punir des coupables, et ane vole de salut pour réformer toui un peuple.
Mais -i la révolution de 93 était inévitable, nécessaire, eeli ne justifie nullement ses auteurs. Quiconque j eou-
pnble devant Dieu et devant le< hommes. La royauté est coupable de s'être mise à la place de Dieu, et d'avoir encouragé la dépravation des moeurs par mples Le sacerdoce est coupable d'n\oir méconnu -a noble et sublime mission, d'avoir laissé croître
ronces el le- épine- dans la vigne du Seigneur. Le peupfc coupable; ila suivi ses maîtres dansle chemin du vice, naalgré conscience el les exemples de vertus <pii lui étaient donnés, à la cour même, et dans les campagnes, par des hommes de tout rang et de toute condition.
Il faut donc le reconnaître avec l'auteur de la législation primitive : la Révolution française vint au monde en 93, mais il v avait plus d'un siècle qu'elle était conçue : elle existait depuis longtempa dans la croyance, dans la politique, dan- l'esprit, dans les moeurs, dans les sciences, dan- les arts, dans la littérature, partout. Il fallait qu'elle se produisit an dehors, qu'el e se réduisit au acte. La
• était innée: le dénouement fut tragique, sanglant. Ou eût dit le Bas-Empire -»• débattant d ins les convulsions el les horreurs de la mort. Mais, -i d'un eoté, la fureur «le- démagogues fut p ji un degré qui ne sera Jamais dépassé, de l'autre, l'intrépidit foi eouraj i sérénité calme des victimes n'a jamais jeté un
p\\\< \il éclat : H la révolution avait les pied- dan- les enfer-;, elle
lit sa léie jusqu'au eu l. Tous les rangs expient nobleuaunl
leur- faute-, la in\aule. le -iceid'nc, |( peuple. I e sain; de- mar-
rjnrs, rép indu s grands Ilots, crie merci : la justice de Dieu
, . i e est e de la forée appareil ; un soldai
illustre, avec - 1 puissante < p< c, rétablit l'ordre au milieu du eh
lurent, les BUlelS SC relèvent, le elrrire renail.
lu France es) Les philosophes croyaient avoir anéanti le
mie, la religion de Clovis, de Charlemagm «t de saini
i brisant le bras de chair qui semblait la soutenir, en dé«
i lillani le cl les biens, en déversant l'injure et le mépris
sur tous ses membres, "et il reparait plus puissant que jamais. Réduits à la condition des apôtres, les prêtres français savent vivre d'abnégation et de dévouement. Le clergé recrute la plupart de ses membres dans la classe pauvre et indigente ; c'est pourquoi il se montre laborieux, endurci au travail, à la peine, à la fatigue ; il a compris qu'il ne devait plus mettre sa confiance que dans le secours de Dieu, dans sa science et sa vertu. L'épiscopat, uni plus étroitement que jamais au siège apostolique, et le clergé du second ordre respectueux et docile à l'égard de ses chefs, forment une phalange invincible et qui défie tous les ennemis du Christ. Que de bonnes œuvres n'ont-ils pas entreprises, que de grandes choses n'ont-ils pas exécutées, que de victoires n'onl-ils pas remportées depuis un demi-siècle !
Certes, il ne nous appartient pas de donner des leçons à nos frères dans le sacerdoce, nous n'avons reçu aucune mission pour cela. Mais s'ils nous permettent de leur adresser une humble prière, nous leur dirons dans toute la simplicité de notre cœur : Frères bien-aimés, conservons précieusement le bienfait de la pauvreté ; restons pauvres, vivons pauvres, mais actifs et laborieux, mais pleins de zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Contentons-nous de la nourriture et du vêtement, comme nous le recommande l'Apôtre. Gardons-nous, sous quelque prétexte que ce soit, de tendre la main au Pouvoir, afin qu'il y jette quelques pièces d'argent ; pour être d'or, les chaînes de la servitude n'en sont que plus lourdes et plus difficiles à rompre. Si nous avons des misères à soulager, des bonnes œuvres à soutenir, des églises à réédifier, allons hardiment mendier des secours près des dieux de la terre ; c'est une fonction sainte et honorable que saint Paul a remplie avant nous. Les deux ordres religieux qui ont peutêtre rendu les plus éminents services à l'Eglise, sont deux ordres mendiants, les dominicains et les franciscains. Nos prédécesseurs ont eu le malheur d'être 'riches, que sont-ils devenus ? Quels usages ont-ils faits de leurs richesses pendant les deux derniers siècles?
Ce que Platon exigeait, comme le principal, des futurs magistrats ou pasteurs de sa république, c'est qu'ils connussent bien l'Etre éternel, immuable, le bien suprême, Dieu, en un mot, et son céleste gouvernement, pour conformer à ce divin modèle le gouvernement de la terre ; qu'ils s'appliquassent tellement aux choses divines, qu'ils devinssent divins eux-mêmes, autant que cela est possible à l'homme, ce sont ses paroles ; ajoutant qu'il n'y aurait point de salut pour le monde, tant que les philosophes de
nature ne le gouverneraient pas, ou que ceux qui le gouvernail ne fussent pas de cei philosophes. Ces conditions, imaginées ptr Platon pour >a république idéale, doivent être remplies par les pasteurs de l'Eglise, société surnaturelle et iii\ine.
ins-nous donc, avenl tout, d'être des hommes divins ; continuons è bien employer notre temps ; prions, étudions, prêchons, visitons les malades, soûl igeons les malheureux, consolons ceux uni pleurent, fortifions ceux qui chancellent, relevons ceux qui sont loml is avancer les parfaits, kyons confiance dans
notre force ; elle ne vient pasde nous, mais de Dieu, et jamais elle n'a été aussi grande qu'elle est aujourd'hui. Que nom fait, que ne font pas tous les jours nos adversaires contre nous t Injui . calomnies atroces, mépris insultant, ils ne nous
ont rien épargné; dans leurs livres, dans leurs journaux, dam leur- pamphlets, ils traînent mure culte dans la boue, il- nous représentent comme «le- ennemis <le la société, comme des sc< '•■ consommés dans le crime. \ quoi ont abouti i lani-
ques .' H- ne -uni pas encore parvenus a faire tomber un seul cheveu de notre tête. Chaque jour nous gagnons du terrain, nous
m- de nouvelles conquêtes. Des hommes qui ne connaissaient autrefois que le chemin «le- spectacles et des plaisirs, l'ont quitté pour suivre celui qui mène a l'Eglise età la maison du pauvre.
- tcremenls -ont plu- fréquentés, nos églises sont moins \i«ies, nos chaires entourées d'un pin- grand nombre d'auditeurs, nos confessionnaux environnés de plus de pénitents.
■I, i.i France ne périra pas ; elle se n lève de ses ruine-, elle entre dans une nouvelle carrière de grandeur et de gloire.
Clergé, le plus beau, le plu- pu lui peut être du momie entier,
encore à la hauteur <b -.1 divine mission, k l'expérience du . il joint l'intelligence du présent* et se prépare, par une vertu solide «m une Bcience profonde, .1 être maître de l'avenir. Des âme- génén uses, I 1 1 foi robuste, au cœur brûlant de charité, le rident puissamment dans celle œuvre de régénération, par leurs pri< res, par leurs aumônes et par toute- sortes d'oeuvre piété et de mortification. Brillante aurore, qui nous annonce un |our tout resplendissant nv lumière.
Ne non- \ trompons pas, néanmoins ; la lutte n'est pas finie ; elle
ne int commi Ile sera longue, <i tuloureuse, terrible peut-
rant mieux : l'héroïsme, les grandes vertus ne croissent el
développent que sur le champ «le bataille, que dans des
lûTance el la peine ; elles languissent,
«•ib- meurent dans les temps de «aime «m d'indifléreo
Quand Dieu créa le monde, il fil d'abord sortir du néant une masse inerte et stérile. Son Esprit se répandit ensuite sur les eaux pour leur communiquer une chaleur vitale, une vertu féconde. Il parle, et la terre se sépare des eaux, l'astre du jour commence sa course, la lune éclaire les ténèbres de la nuit, les étoiles brillent au firmament, la nature s'anime, la terre se couvre d'arbres et de plantes et se peuple d'animaux. Mais ces immenses préparatifs annonçaient une œuvre plus grande encore et plus digne de Dieu, la création de l'homme. Le palais était bâti, il y introduisit l'hôte, le roi de l'univers.
Avant que le Fils de Dieu ne vint sur la terre, le monde aussi était dans une espèce de chaos. La guerre avait éclaté partout ; les nations s'étaient insurgées contre les nations, et les peuples contre les peuples. Pour rétablir l'ordre, Dieu suscite un peuple conquérant, que les prophètes avaient annoncé sous l'image du fer qui brise tout et détruit tout, le peuple romain. Doué d'une énergie et d'une forcé prodigieuse, il va planter ses étendards dans les contrées les plus lointaines, il subjugue presque tout l'univers connu. Pour s'enrichir et profiter des dépouilles des peuples vaincus, Rome construit de grandes routes qui aboutissent jusqu'aux extrémités de la terre, afin de faciliter les communications et les rapports commerciaux. Cependant, dans le plan de la Providence, ces grands travaux avaient un but bien plus élevé. Jésus-Christ, en retournant vers son Père, avait chargé ses apôtres d'enseigner toutes les nations; il leur fallait donc des chemins sûrs et faciles; mais est-ce que les apôtres ont le temps de faire des routes ? Ne doivent-ils pas prêcher partout, toujours, le jour et la nuit, euntes docete ? Dieu avait donc envoyé les Romains pour préparer les voies aux prédicateurs de son Evangile, et le peuple-roi eut l'insigne honneur d'être le manouvrier de Dieu.
Quelque chose de semblable semble se préparer aujourd'hui. Les ordres religieux se rétablissent, les vocations se multiplient, l'esprit de dévouement et de sacrifice remue le cœur d'une foule de jeunes gens de l'un et de l'autre sexe. Plus distingués encore par les qualités de l'esprit et du cœur, que par leur naissance et le rang qu'ils étaient appelés à occuper dans la société, ils renoncent au monde, à ses richesses, à ses honneurs et à ses plaisirs. C'est que Dieu a des desseins de miséricorde sur les sauvages et sur les nations infidèles ; il veut les appeler à la lumière de son Evangile, à la liberté, à la civilisation, et il se choisit des missionnaires et des apôtres. Riches négociants, fortunés banquiers, peuples de la terre, creusez des canaux, construisez des bateaux à